Les élus des trois paliers de gouvernement étaient réunis le 21 juin à la Maison du Meunier, sur l’île de la Visitation. Ils étaient invités à souligner les 300 ans du site des Moulins. C’était aussi l’occasion de faire le point sur sa préservation.
La mairesse d’arrondissement et les députés fédéral et provincial participaient à ces festivités organisées par la Société d’histoire d’Ahuntsic-Cartierville et les Amis du village historique du Sault-au-Récollet, qui culmineront en septembre avec le 275e anniversaire de l’église de la Visitation.
Le site des Moulins, un des plus anciens sites industriels sur l’île de Montréal. Il est encore debout, beaucoup se demandent pour combien de temps encore.
L’automne dernier, une lettre ouverte, à l’initiative de la Société d’histoire d’Ahuntsic-Cartierville et des Amis du village historique du Sault-au-Récollet, tirait la sonnette d’alarme alors que la campagne électorale municipale battait son plein. Tous les candidats locaux s’étaient montrés unanimes pour soutenir toute initiative tendant à protéger ce site. Qu’en est-il aujourd’hui chez les élus ?
Pour Maude Théroux-Séguin, mairesse d’Ahuntsic-Cartierville, la mémoire est un moteur essentiel pour l’avenir. Souvent oubliée, mais cruciale pour propulser tout le monde en avant. Elle a remercié Jacques Lebleu, président de la SHAC, et, à travers lui, tous ceux qui œuvrent pour la préservation du patrimoine, pour son engagement à présenter non seulement les sites physiques, mais aussi la mémoire qu’ils incarnent.
Des élus favorables
« On a un patrimoine à préserver pis on a des endroits qui sont fermés au public parce qu’ils sont trop dangereux. », a-t-elle rappelé dans un discours.
Le site des Moulins est en effet interdit d’accès, et l’on ne peut percevoir l’importance de cette installation industrielle qu’en la longeant depuis sa périphérie.
« Je vais être le porte-voix de ces démarches auprès de mes amis de l’hôtel de ville, auprès de mes amis dans d’autres institutions démocratiques », a promis l’élue.
Favoriser le patrimoine
« Comme Québécois, c’est fondamental, si on ne connaît pas d’où on vient, on ne sera pas capable de prendre les bonnes décisions pour aller où on veut aller. », a indiqué pour sa part André Albert Morin, député provincial de l’Acadie, circonscription voisine.
« Et quand vous avez une nation dont la devise, c’est Je me souviens, on ne peut quand même pas être amnésique », a-t-il souligné.
S’il a reconnu que la question de la préservation du patrimoine est d’abord une question d’argent, fustigeant au passage la gestion du gouvernement sortant de la Coalition Avenir Québec (CAQ).
« Après l’argent, c’est une question de priorité. Nous connaissons l’état des finances publiques. Nous savons comment le gouvernement de la CAQ a géré ça. Ils ont lancé des millions à gauche et à droite. Aujourd’hui, il faut prioriser la santé, l’éducation, les infrastructures. Toutefois, la question patrimoniale doit trouver sa place parmi les priorités. »
Pour un projet concret
Pour Abdelhaq Sari, député fédéral de la circonscription de Bourassa, des programmes fédéraux existent — notamment via le ministère de l’Infrastructure et du Logement — pour les bâtiments patrimoniaux. Il s’est dit prêt à donner un coup de main si un projet concret arrive sur son bureau, tout en rappelant que les questions patrimoniales et culturelles relèvent de la responsabilité provinciale.
Il a proposé de créer une petite table ronde afin d’identifier les programmes fédéraux disponibles et de tenter d’en mobiliser le financement.
« Et je pense que le travail d’un député fédéral ou d’une députée fédérale, c’est surtout d’accompagner dans ce sens-là et de ramener l’information au gestionnaire, à ce groupe-là. Puis la demande est légitime et est très intéressante », a-t-il relevé.











