Une propriétaire à la rue

Armelle Foka et sa mère devant le campement. Photo : Marie-Hélène Paradis / JDV

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Au Québec depuis 2023, Armelle Foka a réussi à économiser l’argent nécessaire pour acheter une maison pour que ses enfants, sa mère et elle puissent y vivre.

« Ce sont toutes mes économies qui y sont passées. »

Elle acheta la maison en 2025 et envoya l’avis de reprise de logement le 22 décembre 2025 comme prévu par la loi qui demande d’avertir les locataires au minimum six mois avant un déménagement.

Armelle Foka et sa mère devant le campement. Photo : Marie-Hélène Paradis / JDV

Armelle désire reprendre les appartements afin que sa mère soit à ses côtés. C’est sa mère qui s’occupe des enfants pendant qu’elle travaille. Les enfants n’ont pas accès aux garderies, leurs noms sont sur plusieurs listes d’attente. « Il est impératif que ma mère soit tout près pour que je puisse aller gagner ma vie, » affirme Mme Foka.

Les locataires n’ont pas répondu à l’avis de reprise. Armelle se renseigne et découvre que le fait de ne pas répondre est considéré comme un refus. C’est pourquoi elle a entrepris les démarches au Tribunal administratif du logement (TAL) un mois après avoir envoyé l’avis et être restée sans réponse.

Les audiences

Le premier avril 2026 a eu lieu la première audience. Le locataire du rez-de-chaussée s’est présenté devant le TAL avec un document stipulant que son avocat n’était pas disponible. La séance a été reportée.

À la deuxième audience, le locataire a décidé de parler même sans son avocat.

Mme Foka quant à elle, a remis le document de résiliation de son bail, la preuve que sa mère habite bien au Québec et les certificats de naissance de ses enfants dans le but d’établir sa bonne foi d’occuper les deux logements.

S’installer sur le stationnement de la résidence n’est pas pour Armelle un moyen de pression, c’est un moyen de dernier recours. « Je n’avais pas d’endroit où aller, j’ai essayé toutes les références données, pour trouver un logement temporaire, mais aucun résultat. »

L’aide des voisins

« Les voisins pensaient qu’on ne faisait que camper, j’ai alors fait une affiche expliquant mon statut. »

« Les voisins ont compris que nous étions en difficulté, ils sont venus vers nous, et plusieurs nous ont proposé leur aide. Un voisin nous offre ses toilettes, alors qu’avant nous allions à celles dans le parc à côté ou au Maxi ou au McDonald et qu’on donnait le bain aux enfants dans une bassine dans l’entrepôt. »

Les solutions

Armelle souligne le fait que les petits propriétaires sont aux prises avec des délais trop longs. Elle aimerait que la loi pense aux besoins des gens comme elle qui reprennent les logements pour les bonnes raisons. Les reprises de logement ne sont pas toujours faites de mauvaise foi, affirme-t-elle.

Les deux locataires n’ont pas trouvé de logements similaires au prix payé (900 $).

« Les locataires me demandent ce que je ne peux donner, j’ai mis tout mon argent dans cet achat. J’ai offert trois mois de loyer gratuit pour essayer de trouver une solution, mais ils ont trouvé cela insuffisant, » dit Armelle.

Elle est en attente depuis le 25 mai du verdict du TAL. L’attente d’Armelle reflète les longs délais du tribunal causés par le nombre grandissant de demandes.

Les deux locataires ont refusé notre demande d’entrevue.

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