Il y a 60 ans, l’inauguration du métro changeait la vie du quartier et de Montréal. « Je me souviens du tour de métro qu’on a fait avec mon père, le premier jour où il a ouvert ses portes».
Une résidente d’Ahuntsic se souvient encore de cette première découverte « impressionnante », comme elle la décrit : monter dans les wagons, parcourir le trajet de Henri-Bourassa jusqu’à Bonaventure et entendre ce bruit si caractéristique du métro, devenu aujourd’hui familier aux Montréalais.
Dès l’inauguration du métro en 1966, Ahuntsic-Cartierville figurait déjà sur la carte du réseau, avec trois stations de la ligne orange : Crémazie, Sauvé et Henri-Bourassa.

Aperçu historique
Le 13 novembre 1962, Montréal est nommée ville hôte de l’Expo 67, un événement qui accélère le « projet de métro pour Montréal ». Les travaux avaient été lancés en 1962, après sa présentation en 1961 par le maire Jean Drapeau et le président du comité exécutif, Lucien Saulnier.
Jusqu’en 2007, la station Henri-Bourassa était le terminus nord de la ligne orange. Or, cette station n’était pas initialement prévue comme terminus, puisque c’était Crémazie qui devait jouer ce rôle. Avec le début des travaux d’excavation, les ingénieurs constatent que le creusement du roc montréalais coûte moins cher que prévu. Cette découverte, combinée à l’afflux de touristes anticipé pour l’Expo 67, amène la Ville à ajouter officiellement les stations Sauvé et Henri-Bourassa au tracé initial. Des experts français de la Régie autonome des transports parisiens sont appelés à contribuer à l’adaptation du projet aux besoins de la métropole.

Les trois stations portent le nom des rues où elles sont situées, lesquelles rendent hommage à des figures de l’histoire québécoise. Octave Crémazie (1827-1879) est un écrivain et poète québécois. La rue Sauvé rend hommage à un ancien propriétaire terrien du quartier Ahuntsic, tandis que la rue Henri-Bourassa porte le nom de Joseph-Napoléon-Henri Bourassa (1868-1952), homme politique et journaliste né à Montréal.
L’incendie d’Henri Bourassa
Cinq ans après l’inauguration du métro, une tragédie survient. Le 9 décembre 1971, vers 22 h 30, Gérard Maccarone, un conducteur de métro de 40 ans, entre en collision avec une rame stationnée alors qu’il rangeait la sienne pour la nuit. Le choc déclenche un incendie qui ravage le tunnel pendant 19 heures, en raison de la surchauffe du sabot de frein après le choc entre les deux rames.
Sur place, les pompiers tentent de pénétrer dans le tunnel. Deux équipes toutefois font demi-tour, incapables de poursuivre leur chemin à travers l’épaisse fumée. Une troisième équipe réussit à avancer, mais les conditions deviennent de plus en plus difficiles. Sous l’effet de la chaleur, des morceaux de béton se détachent des parois et 248 pneus des wagons éclatent. Faute de source d’eau dans le métro, le chef du Service de sécurité incendie à l’époque, René Plaisance, décide de recourir à une autre solution : inonder le tunnel pour venir à bout des flammes. En quatre heures, 1,2 million de gallons d’eau y sont déversés.
L’accident coûte la vie à Maccarone et fait plusieurs blessés parmi les pompiers et les policiers. Les pertes matérielles s’élevaient à près de 7 millions de dollars, avec notamment la destruction de 36 wagons de métro et d’un garage. À la suite de cet incendie, de nouvelles mesures de sécurité sont mises en place dans le réseau du métro montréalais.


Depuis, le réseau a continué d’évoluer. En 2007, la ligne orange est prolongée jusqu’à la station Montmorency, à Laval, mettant ainsi fin au rôle de terminus nord qu’occupait Henri-Bourassa depuis 1966. En 2017, la gare Sauvé devient également un point d’arrêt pour les trains de VIA Rail en direction de Jonquière et de Senneterre, après l’abandon de l’ancien arrêt d’Ahuntsic.









