Le libéral André Albert Morin a été réélu le 5 octobre comme député de la circonscription d’Acadie. Il s’est exprimé sur ses nouvelles responsabilités au sein du cabinet fantôme. C’est aussi une occasion de rappeler les dossiers locaux qu’il portera durant ce mandat.
M. Morin conserve ses fonctions en matière de Justice au sein de l’opposition officielle à Québec.
« La justice d’abord. Ce n’est pas une surprise. C’est la raison pour laquelle je suis en politique », dit-il en entrevue avec le Journal des voisins (JDV).
Il prend également en charge l’accès à l’information et hérite des dossiers constitutionnels. Pour lui, c’est une responsabilité stratégique, alors que le gouvernement élu du Parti québécois affiche sans ambiguïté sa posture indépendantiste.
M. Morin avait déjà affronté l’ancien ministre de la Justice sous l’administration de la Coalition avenir Québec, Simon Jolin-Barrette. Celui-ci avait proposé en chambre une constitution du Québec.
Il précise que sa formation politique, le PLQ, n’est pas contre une loi fondamentale du Québec.
« Une constitution, ça appartient d’abord et avant tout au peuple. Et pour que ça fonctionne, il faut consulter le peuple. Et c’est exactement ce que la CAQ n’a pas fait », souligne-t-il.
Dans le quartier
Un des dossiers qui demeurent sur son bureau est celui de la contestation citoyenne du projet de nouvelle prison pour femmes à proximité de l’établissement de détention de Bordeaux.

« Je ne sais pas ce que le gouvernement va faire avec [ce projet] de prison », confie-t-il.
Rappelant que les femmes sont toujours détenues à Laval, il a souligné que les gens vivent déjà des difficultés avec Bordeaux. Les résidents réclament que les autorités règlent les problèmes de sécurité existants, particulièrement la contrebande par drones.
« C’est très inquiétant. Des citoyens sont venus me voir et m’ont dit que parfois le matériel que transporte le drone tombe dans leurs cours », indique-t-il.
Les riverains retrouvent sur leurs propriétés des drogues, des couteaux, du tabac, divers objets et matières parfois dangereuses. Cela comporte des risques, notamment pour les enfants qui pourraient mettre la main sur ces livraisons.
Par ailleurs, le secteur manque de logements abordables et sociaux. Il souhaite une accélération des projets résidentiels destinés aux plus vulnérables. Il plaide pour une réduction de la bureaucratie qui freine les organismes communautaires et les coopératives d’habitation.
Lors de son précédent mandat, il a observé les difficultés des étudiants à se nourrir convenablement. Une situation assez inquiétante dans les cégeps de sa circonscription : Bois-de-Boulogne, Saint-Laurent et Vanier.
« Il y a des étudiants qui, pendant des périodes d’examens, ne mangent pas à leur faim, malheureusement. Et ça a un impact sur les résultats scolaires. »
Il compte utiliser son budget de soutien à l’action bénévole pour aider à réduire l’insécurité alimentaire.
Sinon, la promotion de l’agriculture urbaine et de l’achat local est un thème qui l’intéresse. Il a évoqué les expériences existantes dans la circonscription d’Acadie, notamment les Fermes Lufa, qui cultivent des légumes dans des serres sur les toits, et l’entreprise Opercule, qui élève des poissons dans des bassins.
Précisons que M. Morin est aussi responsable de la région du Bas-Saint-Laurent. C’est certes loin des quartiers d’Ahuntsic, de Bordeaux ou de Saint-Laurent, mais, lors de son mandat précédent, il représentait une région beaucoup plus éloignée encore.
« En fait, je me rapproche, parce que dans la précédente législature, j’avais le Grand Nord du Québec », rappelle-t-il.








