Les Actualités de la semaine

Abonnez-vous gratuitement ici pour recevoir un courriel de rappel chaque semaine!

ADM planche sur une nouvelle aérogare, toujours à Montréal

Publié le 04/05/2018
par Christiane Dupont

Aéroports de Montréal (ADM) a annoncé lundi 30 avril la construction d’une nouvelle aérogare, entre deux pistes, sur le terrain de l’aéroport Dorval-Trudeau.  C’est le président d’ADM Philippe Rainville qui en a fait l’annonce lors d’un discours devant les membres de la Chambre de Commerce de Montréal Métropolitain. Il s’agit d’un investissement majeur de l’ordre de 2,5 milliards de dollars sur cinq ans.

Les prochaines années seront donc marquées par d’importants travaux de construction sur le terrain de l’aéroport Dorval-Trudeau. Des travaux de construction d’une nouvelle aérogare, d’une gare du REM sur place, du recouvrement du quai de débarquement avec un toit en verre, et des stationnements étagés.

Comme ADM est un OBNL, la seule façon de financer ces travaux c’était de charger des frais aéroportuaires plus importants aux usagers et de faire des emprunts. Mais le pdg Rainville demande à ce qu’Ottawa permette aux gestionnaires d’ADM d’examiner des modes de financement alternatifs. La privatisation des aéroports avait été examinée par le ministre fédéral des Transports Marc Garneau, mais avait été écartée pour l’instant.

La circulation aérienne va en augmentant et l’achalandage des passagers à l’aérogare nécessite, selon ADM, que soient agrandies les installations sur lesquelles la circulation des vols internationaux a été rapatriée en 1997, à la suite de la fermeture de l’aéroport de Mirabel.

Réactions des Pollués

Le groupe citoyens Les Pollués de Montréal-Trudeau qui a déposé un recours collectif contre ADM, NAV Canada et le ministère fédéral des Transports n’a pas tardé à réagir. Dans un communiqué de presse qu’il a fait parvenir aux médias, les Pollués déclarent:

«Aéroports de Montréal (ADM) a annoncé hier la construction au coût de 2,5 G $ d’une nouvelle aérogare pour doubler les capacités de l’Aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, ce qui signifie concrètement : – la création d’un troisième aéroport pour les passagers sur le site de Montréal-Trudeau, au centre de la ville de Montréal, après la fusion du trafic des aéroports de Dorval et de Mirabel effectuée de 1996 à 2004; – le doublement du passage d’avions au-dessus de la tête des Montréalais, à basse altitude; – encore plus de bruit, de pollution et de risque pour les riverains.»

Pour le groupe-citoyens, il n’est pas normal que les Montréalais n’aient pas été consultés. Il s’agirait, pour l’organisme, d’un bris de démocratie. C’est ce qu’a déclaré le président du groupe-citoyens, Pierre E. Lachapelle.

Noël 2018 sur Fleury Ouest

Publicité

«Nous contestons vivement l’esprit et la forme du projet annoncé hier par Aéroports de Montréal (ADM), à l’occasion d’une conférence publique. Pourquoi la population de Montréal ne serait-elle pas consultée ? ADM est une corporation opaque, qui gère le territoire comme s’il s’agissait d’un désert inhabité et elle devrait être soumis à l’examen public, entre autres lorsqu’elle s’engage dans des projets majeurs. Comme dans tous les pays démocratiques. Le Canada devrait être un État de droit. Est-ce toujours le cas ?»

Annonce précipitée?

Les Pollués s’interrogent à savoir s’il ne s’agit pas d’une annonce précipitée après le jugement de la Cour supérieure qui a autorisé récemment le recours collectif des Pollués de Montréal-Trudeau.

«Les autorités aéroportuaires sont poursuivies actuellement à l’initiative de l’association Les Pollués de Montréal-Trudeau, à cause de l’intensité du bruit aéronautique ressenti dans plusieurs quartiers densément peuplés de Montréal. Cette pollution est l’objet d’études scientifiques et de rapports du monde de la santé publique, qui sonnent l’alarme sur l’impact sur la santé des populations envahies par la pollution sonore des avions. Bien au courant de ces informations, ADM annonce sans complexe un projet qui à l’évidence va augmenter la pollution sonore.»

Bref, le groupe-citoyens, de toutes évidences, fourbit ses armes et peaufine ses arguments pour l’audience sur le fond.

Rappelons que les défendeurs, ADM, NAV-Canada et le ministère fédéral des Transport, qui disposaient d’un délai de 30 jours depuis le jugement autorisant le recours collectif ont jusqu’au 4 mai pour faire appel.

Pour consulter la vidéo mise en ligne par ADM, cliquez ici.