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Une nouvelle famille camerounaise dont la mère est enseignante est arrivée à Montréal et s’établit dans Ahuntsic. Les enfants ont déjà commencé l’école. Ce sont de gauche à droite, Laurence Medam, la petite Princesse, Daryl etGarin. (Photo: Christiane Dumont)

Partie du Cameroun le 19 août avec ses trois enfants, l’enseignante Laurence Medam est venue s’établir à Montréal surtout pour que ses enfants y reçoivent une bonne éducation. Ils n’étaient jamais venus dans ce pays, mais des compatriotes les y attendaient, prêts à les aider.

« Depuis que je suis ici, je suis vraiment entourée, mes amis ne me lâchent pas. Je ne me suis jamais sentie seule, perdue, et j’en rends grâce à Dieu », confie la mère de famille. Une amie établie à Terrebonne avait pris soin de déléguer des compatriotes pour l’accueillir à Dorval. Et en ces premières semaines de dépaysement, les uns et les autres lui ont fourni qui des matelas, qui une télé.

Rencontrés chez eux, à Ahuntsic, Laurence, ses deux garçons – Daryl, 14 ans, et Garin, 12 ans – et sa petite dernière, Princesse, 8 ans, s’expriment dans un français limpide qui peut faire penser qu’ils vivent ici depuis toujours. Pas étonnant, puisque même si les Camerounais conversent en plus de 250 langues, le français et l’anglais sont les langues officielles de leur administration publique.

Le projet du père

Mais revenons à l’appartement sommairement meublé de la terrasse Fleury, où les murs dénudés ont vite fait d’évoquer la page blanche –comme dans les cahiers scolaires des trois enfants aux premiers jours de leur apprentissage en sol québécois–, le vide à partir duquel les nouveaux arrivants devront refaire leur vie.

Le Canada, c’était beaucoup le projet du père, qui est décédé alors que les procédures d’immigration étaient entamées. « Et là, je me suis demandé : est-ce que je vais m’en sortir avec trois enfants? Et je me suis dit que c’était mieux pour eux, c’est pour eux que je suis venue », affirme Laurence Medam. Elle est d’avis que ce qui fait la force de notre système d’éducation, « c’est que l’enseignement n’est pas seulement théorique, mais qu’il est aussi plus pratique qu’au Cameroun ».

Inscrit à la 3e secondaire à Sophie-Barat, Daryl a constaté que les classes comptent moins d’élèves que dans son pays d’origine où, parfois, le maître peut enseigner à 90 élèves. Ceux-ci ne sont-ils pas plus dissipés? « Tout dépend des enseignants. Il y en a qui maîtrisent leur classe et dont les élèves restent calmes, et il y en a d’autres qui n’y arrivent pas », répond la maman enseignante, qui, de son côté, cherche à obtenir ses équivalences.

Les premières surprises

« La seule chose qui m’a surpris, c’est quand un matin, après être allé voir le directeur, un élève a expliqué son retard au professeur en disant qu’il était fatigué », enchaîne son fils, étonné par cette désinvolture et par l’accueil conciliant de son enseignant.

« Au Cameroun, c’est plus strict sur le plan de l’éducation, pense sa mère. Je pense que mes enfants vont peut-être changer leur comportement, lance-t-elle, songeuse. Mais avant d’arriver ici, je savais ce qui m’attendait. Des amis qui nous avaient précédés nous ont renseignés. »

Rien ne semble dérouter cette nouvelle arrivante sauf cette anecdote : « Une immigrante m’a raconté qu’elle avait reçu une contravention parce qu’elle avait traversé à pied au feu rouge », dit-elle en souriant. Bienvenue à Montréal!

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