Brève – Les besoins spirituels sont des besoins humains – Une approche globale

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Le gouvernement joue un rôle capital et déterminant en ce temps de pandémie : suivre de près les avis scientifiques et sanitaires, être à l’écoute de l’ensemble de la population et des différents groupes et de leurs représentants, évaluer et décider. Le mardi 9 février, le gouvernement a annoncé des mesures concernant la semaine de relâche. Il a ainsi voulu être à l’écoute des familles et de leurs besoins. Un suivi de ces mesures a été annoncé pour le 2 mars.

Les réflexions qui suivent portent sur l’importance de tenir compte des besoins spirituels. Si la santé physique est importante, la santé psychologique et sociale l’est également et nous commençons à réaliser toute l’importance de nous ouvrir à d’autres dimensions.

De fait, nous avons besoin d’une approche globale de la personne qui tienne compte des facettes personnelles et familiales, autant spirituelles que communautaires, sociales et économiques.

Alors que les commerces et les centres d’achats sont ouverts au public dans le respect des mesures appropriées, il n’y a aucune raison pour que les lieux de culte ne puissent pas fonctionner dans ces mêmes conditions.

La pétition « Chrétiens, sauvons Pâques! » qui circule depuis la fin du mois de janvier est un cri du cœur de croyants ressentant profondément une soif de vie spirituelle, qui expriment ce qui habite leur âme. Elle est représentative de la conviction de nombreux croyants, quelle que soit leur religion. En confinement depuis un an, l’ensemble des humains est confronté à une épreuve qui en amène plusieurs à réfléchir sur le sens de leur vie et sur leurs priorités. Cette prise de conscience ramène au premier plan toute l’importance de la dimension spirituelle pour tous, croyants ou non.

La vaste équipe pastorale de l’Archidiocèse de Montréal et des paroisses constate quotidiennement le besoin, pour les croyants et les individus de différents horizons, de bénéficier d’une ouverture au spirituel. Ceux-ci nous font part de leur quête de silence et de recueillement, de leur besoin d’un lieu de culte, qui constitue à la fois une maison de prière et un milieu de soutien, afin de les accompagner dans leur recherche de l’essentiel.

Bien que diverses initiatives soient nées durant le confinement, dont la transmission de messes et la mise en ligne de nombreuses capsules vidéo, ces moyens de communication ne peuvent remplacer l’impact et le besoin de présence physique et personnelle, même limitée.

Cette présence est fondamentale pour notre bien-être global, car prier ensemble, en nourrissant l’âme, a un effet bénéfique réciproque sur l’esprit et le corps et sur le sens social. Cette nourriture spirituelle est absolument nécessaire, d’autant plus pendant cette pandémie.

Nous partageons tous le souci de protéger la santé du public et des personnes fréquentant un lieu de culte ou s’y arrêtant au passage. La mise en place d’équipes d’accueil et de nombreuses mesures préventives dont la distanciation de deux mètres, la désinfection des lieux et des mains, la ventilation et le port du masque, ont fait leur preuve pour prévenir la contagion.

Dans ces circonstances, nous sommes convaincus qu’autoriser la fréquentation des églises tout en respectant les mesures sanitaires est possible et souhaitable. Tant que les mesures préventives seront requises, les églises et les lieux de culte les respecteront.

Avec des équipes d’accueil bien préparées, les plafonds élevés, les nombreuses portes qui facilitent l’aération, la durée de fréquentation généralement moins d’une heure et l’interdiction du chant de l’assemblée, entre autres, nous sommes en mesure d’assurer la sécurité des personnes dans nos églises tout en prenant soin de leur santé spirituelle.

Si, par exemple, les autorités autorisent une fréquentation de 30 % de la capacité de nos églises et lieux de culte, ce qui permettrait de respecter le 2 mètres de distanciation, les protocoles sanitaires détaillés et rigoureux, qui ont été communiqués par la « table interreligieuse de concertation du Québec » aux autorités de la santé publique, permettront de nourrir la santé spirituelle tout en protégeant la santé physique.

L’enjeu de la santé demeure primordial, mais n’oublions jamais que les besoins spirituels sont des besoins essentiels. En ce sens, tout ajustement adapté aux dimensions des églises gagne à être assuré, tant pour le bien des individus que pour le bien commun.

 

+Christian Lépine

Archevêque de Montréal

 

Montréal, 23 février 2021

(Source: Archidiocèse catholique romain de Montréal)

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Le présent avis est publié le 12 06 2026, par Me Chantal Houde, juge administratif

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