Malgré des sommes records pour le transport collectif inscrites dans le deuxième budget du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ), des groupes d’intérêt retiennent leur souffle dans l’attente de déblocage de projets majeurs, notamment pour le prolongement de la ligne orange au-delà de Côte-Vertu jusqu’à la gare de chemin de fer Bois-Franc, à l’ouest de Cartierville (entre le boulevard Henri-Bourassa et le centre YMCA sur le boulevard Laurentien ou route 117).

Le Plan québécois d’infrastructure (PQI) 2020-2030 prévoit l’injection de 3,3 milliards de dollars supplémentaires pour le développement du transport collectif. On porte ainsi les investissements dans ce créneau à près de 16 milliards de dollars.

Cette somme sera consacrée notamment à trois projets de transport collectif électrique, à l’étude ou en planification, et à  trois nouveaux projets mis à l’étude dans le présent PQI, nécessitant toutefois une aide financière d’Ottawa.

Concrètement, dans ce nouveau PQI, dans la grande région de  Montréal, pas de surprise, des sommes sont prévues notamment pour le prolongement de la ligne bleue dans l’est et des études pour renforcer les liens en transport public avec le centre-ville. Mais l’annonce «tant attendue» du prolongement de la ligne de métro orange de Côte-Vertu vers le nord n’a pas eu lieu, alors que des politiciens de Montréal y croyaient, dont la mairesse Valérie Plante.

François Pepin qui dirige le groupe Trajectoire, voué à la défense du transport en commun, avait de bons mots pour les annonces du budget caquiste, mais il n’a pas caché une certaine déception au sujet de la ligne orange, interrogé à ce sujet par journaldes voisins.com (jdv).

« On est déçu de ce côté (pas d’argent frais dédié à la construction), a mentionné M. Pepin, alors qu’il y avait de bonnes nouvelles, comme voir se concrétiser pas moins de six projets majeurs de transport collectif dans plusieurs régions du Québec. Mais au sujet du prolongement de la ligne orange, il y a pourtant déjà des études faites et on avait déjà créé un bureau de projet dans le passé. La connexion est absolument nécessaire au nord avec l’ouverture du Réseau express Montréal (REM) en 2023. Cela est nécessaire, par exemple, pour ceux qui vont aux cégeps dans St-Laurent ou à l’Université de Montréal. Et s’il y avait une panne du REM, dans le tunnel du métro Mont-Royal, on pourrait utiliser le métro comme alternative », a-t-il déclaré à jdv.

Plusieurs ont été surpris de constater l’ajout de l’hypothèse d’un projet de transport collectif à Laval qui rejoindrait la ligne orange (REM ou métro).

On a retenu les suggestions pour du transport collectif (est-ouest et nord-sud à Laval) qui découlaient du sommet organisé par les maires de la banlieue nord il y a deux ans, notamment le maire de Laval Marc Demers.

Les villes avaient plaidé pour la création d’un deuxième lien de transport collectif « lourd » entre Laval et Montréal, soit via le prolongement de la ligne orange à partir de Côte-Vertu ou l’implantation d’une nouvelle antenne au futur REM.

Pour la suite des choses, il faudra attendre les résultats des études avant de voir ce qui sera retenu (REM ou métro), mais il faudra s’armer de patience.

Rien n’est toutefois exclu, dit-on à Québec, dont le prolongement de la ligne orange.

« Le choix, opine le président de Trajectoire, dépendra du nombre de personnes qui utiliseraient le service et des temps de déplacement. Avec ces données, on peut choisir le mode de transport », a-t-il précisé.

Le groupe de pression (autrefois Transport 2000) s’est par ailleurs dit déçu de ne retrouver dans le budget aucune solution à court terme pour réduire la pression sur les réseaux de transport collectif et la congestion routière.

 

Projet en attente?

Récemment, Chantal Rouleau, la ministre déléguée aux Transports, avait déclaré que le prolongement de la ligne orange est un projet qui peut être «intéressant», ajoutant que le gouvernement ne prend pas de décision pour le moment, et qu’il fallait pousser un peu plus les analyses.

Selon Radio-Canada, la construction en cours du garage Côte-Vertu (440 millions de dollars), au bout de la ligne orange pour garer davantage de rames de métro et augmenter la fréquence des passages, vise justement à accueillir un éventuel prolongement.

Mais il y a un prix de consolation pour la métropole québécoise. Il est inscrit clairement dans le budget qu’il y a des projets pour relier l’est, le nord-est et le sud-ouest de Montréal au centre-ville. De quoi réjouir la mairesse de Montréal.

Pour sa part, l’Union des municipalités du Québec (UMQ) a dit voir d’un bon œil les investissements alloués au transport collectif et à la mobilité.

L’UMQ note positivement des mesures additionnelles de 850 millions $ pour le financement du développement de l’offre du transport collectif.

Déception: environnement

En matière environnementale, où les demandes sont pressantes pour en faire davantage à l’heure des changements climatiques, les réactions ont été pour le moins mitigées.

Dans Ahuntsic-Cartierville, la députée de Maurice-Richard, Marie Montpetit, qui est aussi la porte-parole du Parti libéral du Québec (PLQ) en environnement, a estimé que le gouvernement Legault ne répond pas aux préoccupations d’aujourd’hui.

« Avec le budget présenté, a soutenu la porte-parole de l’Opposition officielle, la CAQ a démontré qu’elle refuse de s’engager pour répondre à la crise climatique. Ce qui a été annoncé comme le budget de l’environnement est un nouveau rendez-vous manqué. En environnement et lutte aux changements climatiques, 70% des dépenses additionnelles sont prévues après 2022. Le gouvernement caquiste pellette encore en avant, alors que l’urgence climatique demande des actions immédiates », a-t-elle soutenu dans un courriel expédié à jdv.

Le gouvernement Legault a annoncé qu’il ajoutera une somme de 6,7 milliards de dollars sur cinq ans pour poursuivre la lutte aux changements climatiques, en misant beaucoup sur l’électrification des transports.

En plus, on apprend que le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, dirigé par l’ex-péquiste Benoit Charrette, va bénéficier du taux de croissance des dépenses le plus élevée parmi les ministères cette année, soit près de 33%.

Québec dit qu’il se donne des moyens financiers pour atteindre la cible de réduction des gaz à effet de serre de 37,5% d’ici 2030. Mais cette affirmation laisse perplexe les divers groupes environnementaux qui n’ont guère été impressionnés par le contenu du budget.

Quoi qu’il en soit, il faudra attendre le dévoilement du Plan pour une économie verte, ce printemps, pour en apprendre davantage.

Et le coronavirus?

Enfin, la crise mondiale du coronavirus (COVID-19) risque fort bien de nous faire oublier ce budget qui est déjà jugé « périmé » par divers analystes.

Plusieurs s’attendent au dépôt éventuel d’un mini-budget ou d’une mise à jour économique compte tenu de l’impact «énorme» (sur le plan financier) qu’aura cette crise.

[Mise à jour: 2020-03-17] Effectivement, Québec a annoncé une mise à jour économique au cours des prochains jours.

 

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