Caroline Merola, illustratrice de livres pour tout-petits. (Photo: Jacques Van de Voorde)

Quelques traits de crayons suffisent pour que s’animent sous ses doigts des monstres bleus et poilus, des graines magiques de bili-bili, des souris coquines, un dragon cornu ou un prince valeureux. Dès l’âge de trois ans, armée de crayons de couleur, Caroline Merola dessinait et depuis, elle n’a jamais cessé. Journaldesvoisins a rencontré l’illustratrice dans l’intimité de sa demeure du quartier Ahuntsic. Le rendez-vous a été propice au récit de ses souvenirs.

« J’ai toujours su que je voulais faire ce métier, raconte Caroline. Quand j’étais plus jeune, lorsque les dessins des livres ne me plaisaient pas, je m’amusais à les refaire à côté. »

Quelques années plus tard, et un baccalauréat en Beaux-Arts de l’Université Concordia en poche, elle enrichit les livres jeunesse de ses illustrations aux couleurs riches et éclatantes.

Même après avoir écrit et illustré une quarantaine d’ouvrages, dont certains ont été traduits en coréen, en tchèque et en arabe, ses yeux pétillent encore lorsqu’elle parle de son travail.

« Le monde du livre jeunesse offre une multitude de possibilités de création tant graphique que textuelle. Dans la forme, il y a encore bien des choses que l’on n’a pas essayé d’exploiter, et il reste beaucoup à dire!»

L’inspiration au coin de la rue

Caroline consacre une partie de son temps à la tournée des écoles et des bibliothèques du pays. Ses enfants Béatrice et Olivier ont grandi, alors elle saisit l’occasion pour faire le plein d’idées. Elle se nourrit de l’imaginaire
«incroyablement riche et foisonnant» de ces bambins rencontrés au passage.

Résidante d’Ahuntsic depuis l’enfance, le quartier a été tour à tour son terrain de jeu, son nid familial et son lieu de travail. Il s’est imposé de lui-même comme source d’inspiration, à l’insu de l’illustratrice :

« Je n’y avais jamais pensé! Malgré moi, des éléments du décor se retrouvent dans mes livres! Quand je dessine un parc, c’est le parc Nicolas-Viel avec sa clôture style Art déco, quand je dessine des maisons, ce sont aussi celles d’Ahuntsic… », révèle-t-elle tout en fouillant dans sa mémoire pour trouver des traces du quartier dans ses bouquins.

Bien que son œuvre s’inspire de la réalité et du quotidien, ses ouvrages sont peuplés de créatures imaginaires, de personnages fantastiques et de décors magiques aux couleurs flamboyantes.

« Je me dis que tant qu’à avoir la chance de faire des images en couleur, aussi bien me lancer à fond, confie l’artiste. Je veux faire de beaux livres et c’est une responsabilité. J’essaye de rendre les images attrayantes et intrigantes pour donner aux enfants le goût de la lecture. »

Honorée par ses pairs

Les enfants ne sont pas les seuls à s’enthousiasmer devant la beauté et la singularité de ses dessins. En 2011, Caroline s’est vu décerner un prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie littérature jeunesse (illustration) pour
son livre Lili et les poilus. La récompense pancanadienne est une occasion pour que d’autres éditeurs découvrent son travail. Déjà, l’année précédente, illustrer Ti-Boutte, le premier livre pour enfants de Janette Bertrand, lui avait offert une plus grande visibilité.

Malgré le glamour et les honneurs, elle est toujours aussi heureuse de franchir les quelques marches qui séparent sa maison de son atelier.

« Je suis toujours contente de retrouver ma table à dessin. C’est pour moi une grande satisfaction », conclut Caroline en souriant à la simple pensée d’un tête-à-tête avec ses crayons et ses encres de couleur.

(Article publié dans le magazine papier de mars/avril 2013 – avec la collaboration de Christiane Dupont pour les mise à jour en août 2017).

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