Quelques-unes des élèves et leurs professeurs. Photo : Marie-Hélène Paradis / JDV

Les femmes immigrantes d’Ahuntsic-Cartierville peuvent, sans frais, suivre des cours de français chez Concertation femme afin que la langue ne soit pas un obstacle à leur intégration.

L’organisme Concertation femme offre beaucoup plus que les cours de francisation. « Je dis toujours que c’est un cours d’intégration en passant par la francisation. La langue, c’est important, on ne peut pas s’intégrer si on ne connaît pas la langue », explique la directrice de l’organisme, Maysoun Faouri.

Les cours se tiennent du lundi au jeudi de 9 h à 13 h 15 au Centre culturel et communautaire de Cartierville. Une halte-garderie est offerte gratuitement pour les enfants des mamans participantes.

Les professeurs

Deux cours de niveaux différents sont offerts aux femmes. Cette année, le cours débutant est prodigué par Ghada Krouchan, une femme d’origine syrienne et pharmacienne dans son pays d’origine. « Quelques-unes de mes élèves sont jeunes avec des enfants en bas âge, mais la plupart ont plus de 50 ans. Après quelques années de résidence à Montréal, elles sentent que c’est très important de parler français pour se débrouiller et ne pas se sentir isolées. Je leur dis toujours que, quand on connaît une langue, on se sent forte et fière. » Madame Krouchan est souvent témoin d’histoires touchantes. « Une jeune femme arrivée de la Syrie depuis environ six mois est fière de me dire qu’elle a pu parler au professeur de son enfant pour la première fois sans intermédiaire. »

Élisabeth Cantin est enseignante depuis deux ans en français langue seconde. « J’ai toujours eu une facilité à apprendre les langues et quand je voyais les professeurs enseigner leur langue maternelle, je me disais que j’aimerais moi aussi faire ça. En plus, il y a un côté social qui me parle beaucoup. Faire quelque chose auquel je crois est important pour moi. »

Les activités

Les activités dans le cadre des cours de français sont importantes pour l’intégration à la vie quotidienne. « Hier, par exemple, on a eu des femmes policières qui sont venues rencontrer les élèves. Les policières connaissent ainsi un peu mieux le milieu, elles apprennent à connaître la population qu’elles vont servir et le rôle de la police est ainsi démystifié pour les femmes immigrantes. On a aussi regardé le documentaire Bagages sur l’immigration à Montréal. On fait des ateliers sur le cancer du sein, on rend donc nos enseignements le plus concrets possible », explique Élisabeth. « Il faut que la grammaire soit associée à la vie quotidienne, comme aller au resto, parler au pharmacien. C’est beaucoup plus que de transmettre nos connaissances de la langue, c’est transmettre notre culture. »

La philosophie de Concertation femme

Maysoun Faouri ajoute que tous les domaines sociaux, tous les problèmes que l’on peut rencontrer dans les premières années de l’immigration sont abordés. Il faut en plus développer le sentiment d’appartenance avec, entre autres, une connaissance des personnages historiques liés au quartier; par exemple, savoir qu’Henri-Bourassa n’est pas seulement une rue, assister à des ateliers d’histoire pour mieux connaître le Québec ou participer à l’élaboration d’un cahier de recettes de ton pays. Ce sont des éléments clés d’une immigration réussie.

« Selon nos moyens, selon les enseignants, selon le niveau de français, on réalise des activités valorisantes avec les femmes. Imagine, tu commences débutante en septembre et au mois de mai tu es capable de parler au professeur de ton enfant. C’est ça, le chemin vers l’intégration. Il faut se fixer un rêve et ne pas se fier à nos enfants pour le réaliser. Tu peux vivre toute ta vie en pleurant le pays que tu as quitté, mais moi, je dis toujours que j’ai brûlé mon bateau de retour », conclut la directrice.

Cet article a été publié dans la version papier du JDV hiver 2025.



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