Photo: Jules Couturier, jdv

Plusieurs élèves du Collège Bois-de-Boulogne ont assisté, le mercredi 25 septembre dernier, à leur premier débat électoral, organisé par le département d’économie et d’administration, en collaboration avec les étudiants du Club de débats. Le comité organisateur avait convié les candidats des six principaux partis politiques fédéraux de la circonscription d’Ahuntsic-Cartierville à venir faire leur premier débat de la campagne devant les étudiants du cégep qui, pour plusieurs, fraîchement âgés de 18 ans, voteront pour la première fois le 21 octobre prochain.

Le débat a débuté par un discours de Guy Dumais, directeur général du Collège Bois-de-Boulogne. Il a rappelé aux étudiants l’importance des élus et de la démocratie en les encourageant fortement à aller voter le jour des élections.

« Il s’agit d’un geste responsable d’une grande portée sociale », a-t-il dit.

Le directeur a terminé son discours en disant souhaiter que l’intérêt des élèves envers la campagne se poursuive jusqu’au 21 octobre.

Présentation des candidats

C’est le Club de débats du cégep qui animait le débat. Raymond Ayas du Parti populaire du Canada, Zahia El-Masri du Nouveau parti démocratique du Canada, Mélanie Joly du Parti libéral du Canada, Jean-Michel Lavarenne du Parti vert du Canada, ainsi qu’André Parizeau du Bloc québécois ont abordé les thèmes de l’environnement et de l’économie après avoir exposé leur plateforme électorale. Seule Kathy Laframboise du Parti conservateur du Canada n’était pas présente.

L’environnement et l’avenir de la planète étaient au cœur des discours de présentation de Mélanie Joly, Zahia El-Masri et Jean-Michel Lavarenne. André Parizeau a utilisé son premier temps de micro pour se présenter personnellement alors que Raymond Ayas a surtout parlé d’économie et de liberté en disant vouloir que le gouvernement sorte de nos vies le plus possible.

Photo : Louis-Étienne Doré, photographe (Courtoisie Collège Bois-de-Boulogne)

Premier thème : l’environnement

À la suite des discours de présentations personnelles, le Club de débats a annoncé le premier thème : l’environnement.

Pour ce qui est de l’environnement, Raymond Ayas du Parti populaire a accusé les autres partis de vouloir « taxer nos vies ». Il leur a aussi reproché de parler d’un projet de très longue haleine, alors que lui, en se basant sur la liberté de marché, veut « privilégier les solutions concrètes et immédiates en s’éloignant de solutions théoriques et lointaines ».

André Parizeau du Bloc Québécois a fait part de la nécessité de se débarrasser de notre dépendance aux hydrocarbures. Pour ce faire, il veut réduire l’exportation de pétrole en provenance des sables bitumineux de l’ouest du pays.

Jean-Michel Lavarenne du Parti vert a fait savoir que le Parti vert a un plan concret pour réduire les émissions de gaz à effets de serre (GES) « immédiatement ». Ce plan suivrait les recommandations du GIEC pour une réduction de 60% des GES pour 2030 et une carbo-neutralité pour 2050.

Zahia El-Masri du Nouveau parti démocratique propose une économie verte qui permet une « croissance économique qui soutient la planète ». C’est pour elle une approche globale et en profondeur

« On ne veut pas juste un plan économique et écologique. On veut une transformation de la société tout entière et un plan qui s’attaque à l’inégalité sociale », a-t-elle dit.

Mélanie Joly du Parti libéral a mentionné vouloir imposer un prix sur la pollution, financer la transition énergétique, éliminer les centrales de charbon, mettre en place un incitatif de véhicule électrique et bannir l’utilisation de plastique à usage unique.

Le débat qui s’est ensuivi autour du sujet de l’environnement a été enflammé.

Tous les candidats se parlaient les uns par-dessus les autres, se coupaient la parole, levaient le ton, ne se laissaient pas finir de parler. Le tout a beaucoup fait rire les étudiants.

Photo : Louis-Étienne Doré, photographe

Deuxième thème : l’économie

Le deuxième thème du débat était l’économie.

Raymond Ayas a dit vouloir un petit gouvernement qui taxe le moins possible afin de donner plus de pouvoirs aux provinces qui, elles, taxeront selon leurs besoins et leur vision.

André Parizeau a déploré le fait que « l’économie a beaucoup changé mais les politiques fiscales, notamment au niveau du fédéral, elles, n’ont pas changé ».

« On aurait dû intervenir dans les domaines de Netflix et du commerce en ligne », a-t-il déclaré.

Il a mis en cause Mme Joly personnellement en dénonçant le fait que des grandes compagnies ne payent pas de TPS, ce qui équivaut en un revenu de moins pour le fédéral.

« C’est inacceptable qu’Ottawa ne bouge pas dans ce dossier », s’est-il exclamé.

Jean-Michel Lavarenne estime que « c’est la doctrine économique actuelle qui nous a mené à la crise environnementale à laquelle nous faisons face ». Cette doctrine « de croissance éternelle » ne fait pas de sens selon lui étant donné que les ressources de la Terre ne sont pas infinies. Il propose de changer le système économique au complet en s’orientant vers la décroissance et en « revoyant complètement le modèle qui nous a mené à la crise ».

Zahia El-Masri a rappelé aux étudiants du Cégep que ce devait être « l’économie qui travaille pour nous et non pas l’inverse ».

« On ne peut pas parler d’économie sans parler d’équité sociale », a-t-elle lancé.

Mélanie Joly a vanté les accomplissements du Parti libéral lors de son dernier mandat. Elle a entre autres mentionné la création de 1,1 million de nouveaux emplois au Canada dont 1000 à Ahuntsic-Cartierville. Pour ses objectifs, elle a mentionné vouloir continuer a baisser les impôts et le prix des factures d’internet ainsi que continuer à soutenir les emplois étudiants.

Encore une fois, le débat a été vivement animé, les candidats s’interrompant sans cesse et élevant le ton pour se faire entendre plus fort.

Mélanie Joly a attendu que tout le monde épuise son temps de parole durant la période allouée pour débattre pour pouvoir s’adresser toute seule, sans pouvoir se faire interrompre, aux étudiants. Une tactique qui n’a pas été appréciée par la candidate du NPD qui trouvait que Mme Joly ne se prêtait pas à l’exercice du débat.

Photo: Jules Couturier, jdv

Conclusion

Les candidats ont ensuite répondu aux questions préalablement préparées par des étudiants des cours d’économie et d’administration. Chaque candidat se voyait poser une question qui lui était propre.

Finalement, en guise de conclusion, les cinq candidats ont eu une minute pour s’adresser aux étudiants une dernière fois et leur adresser un message final.

Le candidat du Parti populaire Raymond Ayas a dit qu’il fallait « briser les barrières économiques » en donnant la liberté aux citoyens et en leur faisant confiance.

André Parizeau a vanté le fait que le « Bloc québécois était ressuscité » et numéro 1 au Québec chez les francophones selon un récent sondage Léger.

Le candidat du Parti vert a averti les étudiants que « l’on fait présentement face à un danger » et qu’il « ne faut pas perdre la démocratie ».

La candidate du NPD a invité les étudiants à la marche de mobilisation pour le climat du 27 septembre en disant qu’elle y serait.

Finalement, Mélanie Joly a invité les étudiants à s’impliquer dans des mouvements étudiants ou dans son bureau au Parti libéral.

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