
Quand elle s’engage en affaires, une femme doit faire face aux préjugés et autres difficultés propres à sa condition, mais comme tout investisseur, elle doit faire face aussi aux inquiétudes liées aux tarifs.
«À part le chocolat, tous nos ingrédients viennent du Canada. Faire attention d’où viennent nos produits, c’est un sujet à propos duquel nous sommes hyper alertes», souligne Jo Notkin qui a fondé Maison Zoé Ford. Elle propose des pâtisseries et des plats cuisinés.
Elle s’exprimait lors de la troisième rencontre Ladies Who Launch, jeu de mot en anglais pour des femmes qui se lancent en affaires et qui dinent ensemble.
L’événement a regroupé un panel de cinq entrepreneures, toutes engagées dans l’industrie alimentaire, devant une cinquantaine de participantes.
Des entrepreneures derrière les fourneaux
«Il y a des gens qui croient encore que la place des femmes est à la cuisine. Après avoir entendu ces cinq femmes phénoménales qui dirigent l’industrie alimentaire à Montréal, vous pourriez penser que ce n’est pas une si mauvaise idée», a indiqué Margaux Chetrit, directrice générale de Clickspace, l’organisatrice, en ouverture de l’événement.
«L’agroalimentaire est un monde d’hommes et on n’a pas besoin de le dire. Il y a de la place pour nous», a renchéri Lysanne Bourret.
«Les boys club, c’était des rencontres informelles entre hommes d’affaires, mais c’était vraiment du mentorat. Ils parlaient entre eux de business et de ce qu’ils faisaient dans la vie. Ils se partageaient des conseils», a rappelé Emilie Thuillier, mairesse d’Ahuntsic-Cartierville, soulignant la pertinence de se rencontrer pour des femmes en affaire.
Au-delà de leurs conditions particulières – c’est toujours difficile pour des femmes de se lancer en affaires -, ces cheffes d’entreprises craignent les effets des tarifs qui devraient frapper les produits canadiens exportés aux États-Unis, décidés par le président Trump, plainait au-dessus des têtes des panélistes.
Il y avait Mariela Katz, de Nutterie qui vend des assortiments de noix et de chocolat.
Lysanne Bourret est propriétaire, avec son conjoint Pierre-Olivier Gendron de Pretty Ugly. Ils se sont donné pour mission de sauver du compostage des légumes et des fruits imparfaits et d’en faire des produits de consommation attirants.
Hanna Hajilou possède À table avec Hanna, une entreprise de stylisme alimentaire. Elle fournit fromages et charcuteries qui charment les yeux avant l’estomac.
Kim Lam, fondatrice de Kim Lam foods, est spécialisée en rouleaux impériaux.
Local pour survivre
«Depuis le début, on voulait mettre de l’avant le fait qu’on était fiers d’être québécois, fiers d’être canadiens. On l’a ajouté rapidement à notre branding», signale Lysanne Bourret.
Une de ses vidéos prônant l’achat local s’est retrouvée au menu d’un reportage de la chaine de télévision américaine CNN.
«Ce qui est arrivé avec CNN, je ne le comprends toujours pas, mais on a eu la chance de profiter un peu (…) à notre avantage. Puis on a parlé de nos forces ici au Canada, de nos forces au Québec et du fait qu’on fait de magnifiques produits», souligne l’entrepreneure.
La situation est presque similaire pour Kim Lam qui depuis des années prépare et vend ses rouleaux impériaux. Elle avait commencé sur les marchés de quartier. Elle retient quand même que le prix peut faire une différence.
«J’achetais mon poulet de grain, mes carottes, mes oignons chez les maraîchers. C’est devenu comme une grande famille. C’est de très haute qualité, mais très local. Il faut avouer que ce n’est pas tant possible qu’une entreprise [fonctionne] avec ce mindset-là, parce que dans les épiceries on regarde la qualité, il y a quand même une marge que l’on peut faire versus la compétition», note-t-elle.
Dans les deux sens
Bien entendu, une entrepreneure, comme n’importe qui en affaires, essaye de voir au-delà d’une situation conjoncturelle. De l’avis de toutes, les marchés des États-Unis et du Canada sont liés et les tarifs menacent la survie de tous, dans les deux pays.
«C’est vraiment dangereux [les tarifs] pour les gens qui ont bâti avec nous notre affaire ou qui nous ont soutenus durant les quatre dernières années. Ils dépendent vraiment de notre business pour être profitables», relève Jo Notkin.
Elle a rappelé aussi que l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) est une entente sur laquelle les entreprises comptent depuis 20 ans
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