Travaux rue Olympia en juin 2020 (Photo : jdv – Philippe Rachiele)

Les travaux tirent à leur fin après plusieurs longs mois pour les résidants du boulevard Olympia, entre la rue Fleury et le boulevard Henri-Bourassa. Cependant, les effets du chantier laissent un goût amer à plusieurs riverains. 

« Regardez la terre qu’ils m’ont mise », s’exclame Jocelyne Charron, qui habite le boulevard Olympia. « C’est de la scrap, on ne peut rien planter là-dedans! »

La compagnie Roxboro Excavation, mandatée par la Ville-centre pour réaliser les travaux de réfection des égouts et de la chaussée sur Olympia, devait remettre les terrains des riverains dans le même état qu’avant les travaux. Or, plusieurs résidants se disent insatisfaits de la manière dont les travaux se sont déroulés. 

« Il y avait du bruit tard le soir, des ouvriers qui traînaient des pancartes de stationnement sur le sol… Et le jour, évidemment, le bruit était insupportable », d’après Mme Charron. 

Les riverains ont même formé un comité afin de faire valoir leurs revendications. Au début des travaux, leur comité a fait suspendre le chantier, car les résidants du boulevard Olympia n’avaient pas été avisés du début des travaux par la Ville. Cependant, ils conservent des doléances alors que les travailleurs quittent leur rue. 

Du gravier controversé

Exemple avant/après du remplissage de gravier en remplacement de la terre sur la rue Clark semblable à certains des travaux sur la rue Olympia (Photos : jdv – Philippe Rachiele)

Daniel Gaudry, du Comité citoyen de la rue Olympia, se dit inquiet pour l’état des terrains. En effet, du gravier a été utilisé pour remplir tous les terrains excavés jusqu’à six pouces (150 mm) du sol. Seuls les résidants ayant déjà des plantes ou des arbustes ont pu bénéficier de 12 à 18 pouces de terre par-dessus le gravier. 

« Il s’agit d’une norme spécifiée dans les documents techniques normalisés de la Ville de Montréal », souligne Marilyne Laroche Corbeil, relationniste pour la Ville. « Ces normes sont déterminées en fonction du type de plantation existant. Puisqu’il s’agit d’une aire ensemencée, 150 mm de gravier sont suffisants. »

Cependant, ces explications ne sont pas convaincantes pour M. Gaudry.

« Il y a des propriétaires qui vont être découragés de faire pousser des plantes ou des arbustes en sachant qu’ils devront maintenant creuser pour enlever une grande profondeur de gravelle », déplore-t-il. 

Du côté de la Ville de Montréal, on estime qu’il n’est pas nécessaire d’accorder davantage de profondeur de terre aux riverains, car les racines des végétaux s’étendent horizontalement autant que verticalement. 

Combat pour la survie des arbres

Alors que le chantier suivait son cours, plusieurs riverains avaient installé des pancartes sur leur terrain, sommant les travailleurs de faire attention aux arbres de rue.

 

Travaux rue Olympia en juin 2020 (Photo : jdv – Philippe Rachiele)

 

Le boulevard Olympia peut compter sur une canopée particulièrement développée, les arbres matures y formant une voûte naturelle. Les résidants tiennent donc à protéger cet attrait, mais ils sont inquiets en raison de la proximité de l’excavation. 

Arche des arbres de la rue Olympia (Photo : jdv – Philippe Rachiele)

« C’est très possible que ces arbres meurent l’an prochain », se désole Daniel Gaudry en désignant un énorme érable argenté. « Durant les travaux, on pouvait voir des tranchées à moins d’un mètre des arbres à certains endroits. »

Malheureusement, certains arbres ont été plantés au-dessus de la conduite d’alimentation ou du drain de certaines résidences, ce qui a rendu la tâche des travailleurs plus ardue. 

« Dans le cas du projet sur la rue Olympia, pour la protection des arbres, le contrat spécifie qu’aucune excavation ne doit être effectuée à l’intérieur d’un rayon d’un mètre sur le pourtour du tronc d’arbre, sauf pour la partie du trottoir qui doit être enlevée et reconstruite à la fin des travaux, explique Mme Laroche Corbeil. […] Les recommandations et les mesures à mettre en place pour préserver les racines d’arbres lors de l’exécution des travaux ont toutes été suivies.»

L’excavation devait être faite à un minimum d’un mètre du tronc. (Photo: Éloi Fournier – JDV)

D’après M. Gaudry, qui s’intéresse beaucoup à la cause des arbres depuis plusieurs années, cinq ou six arbres du boulevard Olympia seraient particulièrement menacés. 

« Plusieurs experts suggèrent aussi d’arroser souvent les arbres lors de ces excavations, et cela n’a pas été fait. […] On s’en reparlera dans un an ou deux, en espérant que nos arbres soient toujours en santé! »

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Pierrette Gourde
Pierrette Gourde
1 Année

Le Ville n’avoue t’elle pas ainsi indirectement qu’il faut 12 pouces de terre pour avoir des plantes et 18 po. pour des haies ou arbustes, alors pourquoi la majorité des propriétaires n’auront maintenant que 6 po. alors que leur terrain en avait plus avant les travaux?

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