Les Actualités de la semaine

Abonnez-vous gratuitement ici pour recevoir un courriel de rappel chaque semaine!

Vitesse sur la rue Clark

Un dossier qui traîne; des citoyens qui s’impatientent

Publié le 08/06/2017
par Joran Collet

Huit mois après le dépôt de leur pétition, Roberto Tinor et Dominique Giguère attendent toujours que l’arrondissement prenne une action concrète pour réduire la vitesse des voitures empruntant la rue Clark.

D’aussi loin qu’ils s’en souviennent, Dominique Giguère et Roberto Tinor voient passer dans leur rue un flux important de voitures qui, pour éviter le boulevard Saint-Laurent et ses nombreux feux de circulation aux intersections (Henri-Bourassa, Prieur, Fleury, Sauvé) empruntent la rue Clark qui est nord-sud, depuis le boulevard Henri-Bourassa, venant de l’ouest.

Ce qui les inquiète principalement, c’est la vitesse et l’imprudence de certains chauffeurs. Comme de nombreux autres résidants de la rue, ils sont préoccupés pour la sécurité des enfants. Deux écoles se trouvent dans le secteur et de nombreux enfants habitent sur la rue.

« On fait juste tourner la tête et l’enfant est parti dans la rue. Il y a tellement de voitures stationnées, et avec les angles morts, les gens ont de la difficulté à voir les enfants qui traversent », souligne M. Tinor.

L’été dernier, une partie du trafic automobile était dévié sur la rue Clark .

« La Ville avait redirigé un autobus de la STM qui roulait très vite. Ça a duré trois semaines en tout », affirment les deux citoyens. C’est comme s’il fallait attendre qu’un accident arrive avant qu’ils n’agissent», se désolent-ils.

Dépôt de la demande

Après des mois à contacter, avec des voisins, le 311 pour régler le problème, Roberto et Dominique se tournent vers Accès Montréal. Le 6 octobre, Mme Giguère dépose une demande pour que l’arrondissement agisse et appuie cette demande avec une pétition. « Nous avons fait des recherches et nous avons vu qu’il fallait une pétition », affirme M Tinor.

Sur un total de 48 logements de la rue, ce sont près de 41 résidences qui acceptent de soutenir la démarche. Les quelques personnes qui n’ont pas signé n’étaient pas joignables ou leur logement était inhabité.

D’autres résidants souhaitaient aussi apposer leur signature, mais ne pouvaient pas puisqu’ils n’étaient pas, à proprement parler, résidants de la section de la rue concernée. « La pétition est uniquement pour les maisons du secteur entre Prieur et Fleury », soulignent-ils. De ce fait, les maisons qui se trouvent entre Henri-Bourassa et Prieur ou à l’intersection de Clark et Prieur doivent agir de leur de leur côté s’ils souhaitent du changement.

Lourdeur administrative

Depuis le dépôt de la pétition, aucun moyen d’en savoir davantage sur l’avancée de la demande.

« Lors de la première demande, on m’a dit que si, dans une période de six mois, on n’avait pas de réponse, de retourner les voir », souligne Mme Giguère.

Une fois ce délai passé, la résidante s’est présentée au bureau d’Accès Montréal pour se faire dire qu’elle ne pouvait pas jeter un œil dans son propre dossier. Elle a donc fait une demande d’accès à l’information, puis une demande de révision quand la première a expiré. Elle n’a, en définitive, obtenu aucune réponse. Ce n’est qu’au matin du 7 juin qu’ils ont reçu des nouvelles sur l’état de leur demande.

Dossier fermé à l’arrondissement

Selon Émilie Thuillier, conseillère du district d’Ahuntsic, le dossier en question a été fermé par l’arrondissement. La conseillère précise toutefois qu’il s’agit probablement d’une erreur administrative.

Mme Thuillier promet cependant de s’assurer de la réouverture du dossier dans les plus brefs délais. Elle a par ailleurs affirmé à journaldesvoisins.com qu’elle communiquera personnellement avec les plaignants pour les entretenir sur le sujet.

Impossible d’en savoir davantage de la part de l’arrondissement sur les raisons de cette fermeture ou sur les délais avant d’avoir une réponse claire sur la question.

Madame Thuillier se veut rassurante

Mme Thuillier assure toutefois que le dossier de la rue Clark n’est pas inconnu à l’arrondissement. « Je travaille sur ce dossier-là depuis un bon moment », souligne la conseillère. Des mesures ont déjà été prises pour en apprendre davantage sur le problème de vitesse sur cette rue.

Dans les mois précédents le dépôt de la pétition, un autre résidant de la rue avait déjà entrepris des démarches pour apaiser le trafic du secteur. Un résidant avait fait appel en avril 2016 à Mme Thuillier pour le tronçon de la rue situé entre Henri-Bourassa et Prieur. À la suite de sa demande, une plainte avait été déposée au poste de quartier et des actions avaient été prises pour donner suite à la plainte.

À quatre reprises, le service de police a mis en place des opérations de surveillance et près de 33 contraventions ont été remis. Parallèlement à cela, un analyseur de trafic avait été disposé sur ce tronçon de rue.

« Tout de suite après la demande du citoyen, j’ai demandé à l’arrondissement de le mettre sur la liste des analyseurs de trafic », souligne Mme Thuillier.

Mme Thuillier souligne qu’elle remarque aussi une certaine lenteur au niveau des dossiers d’apaisement du trafic dans l’arrondissement.

« Je teste le système », souligne la conseillère qui attend toujours une réponse relativement à une demande datant de juin 2016. «La réponse de l’arrondissement, c’est qu’il n’y a pas de réponse », conclut-elle.

Malgré l’intention de l’administration Coderre de réduire la vitesse dans les rues résidentielles à 30 km/h, la mesure n’a pas encore été implantée dans notre arrondissement.