L’idée d’aménagements aquatiques permettant un meilleur accès à l’eau à la rivière des Prairies s’est invitée dans le débat public. Le projet de réfection du mur de soutènement du barrage Simon‑Sicard fait l’objet d’une consultation du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).
La première partie, tenue les 2 et 3 juin, à l’église Notre-Dame-des-Anges, à Cartierville, a permis aux citoyens de poser des questions sur la nature des travaux, sur les améliorations possibles, voire des initiatives originales.
La présidente de l’audience du BAPE, Marie‑Ève Fortin, a résumé une des préoccupations.
« Notre participant a posé des questions par rapport à une utilisation éventuelle de la rivière des Prairies en contact avec l’eau. »
En poussant la réflexion, elle a voulu s’enquérir des projets potentiels.
« Est-ce qu’il y a des plans à la Ville pour permettre un accès physique à l’eau, pas juste regarder la rivière ? »

L’essentiel de l’audience publique du BAPE
Les audiences du BAPE portent sur la phase 2 du projet d’Hydro‑Québec visant à remettre aux normes le mur de soutènement du barrage Simon‑Sicard, un ouvrage de 1,3 km construit en 1929 sur la rivière des Prairies. La réfection de trois tronçons, totalisant environ 730 mètres près du parc Louis‑Hébert, de la résidence Ignace‑Bourget et de l’église de La Visitation, est évaluée à 86 M$ à réaliser entre 2027 et 2030.
Principales dates de la période d’audience publique :
2 et 3 juin : première partie, information et questions du public.
26 juin : séance « Je parle à la commission » (rendez‑vous à prendre au plus tard le 26 juin à 16 h).
2 juillet, midi : date limite pour transmettre un mémoire, un commentaire ou une image commentée.
À partir du 7 juillet, 19 h : deuxième partie de l’audience, consacrée à la présentation des mémoires et des points de vue des citoyens.
Le ministère de l’Environnement a échantillonné deux sites, en amont et en aval de la zone des travaux. Il a conclu que l’eau est de bonne qualité sur le plan bactériologique et physico-chimique. Toutefois, aucun site associé à la baignade n’a été analysé dans le secteur.
« Présentement, il n’y a pas de plan d’accès à l’eau. Nous travaillons au maintien de nos actifs. Actuellement, à l’arrondissement, nous avons deux quais, un au parc Beauséjour et un derrière l’école Sophie‑Barat », a indiqué Valérie Simard, cheffe de division à la direction de l’aménagement du territoire de l’arrondissement Ahuntsic‑Cartierville.
Impropre
La Ville de Montréal suit pourtant la qualité de l’eau depuis plus de 20 ans dans le cadre de son Réseau de suivi du milieu aquatique (RSMA).
Le programme QUALO [mesure hebdomadairement la qualité de l’eau en rive autour de l’île de Montréal] comporte deux stations de mesure situées à proximité des travaux de réfection du barrage.
« Selon les résultats obtenus au fil des ans, la qualité bactériologique de l’eau n’est pas satisfaisante pour faire la pratique d’activités récréatives en contact direct avec l’eau », a rappelé Suzanne Boulet, conseillère aux services de l’environnement de la Ville de Montréal.
Un espoir demeure toutefois. Le budget de 1,2 million de dollars qui sera versé par Hydro‑Québec à la communauté pourrait-il servir à développer une infrastructure favorisant des activités aquatiques ?
« Il fera l’objet d’une consultation publique, comme tous vos autres projets. Et on verra ce que la population veut », a souligné Mme Simard.
Il faut savoir que le traumatisme causé par la première phase des travaux de réfection du mur, réalisée en urgence, avait déjà poussé des citoyens à proposer une promenade riveraine. Ils voulaient essentiellement un projet permettant un meilleur accès visuel et une promenade riveraine à l’eau.










