Jour de la Terre : autopsie de la société selon Catherine Dorion

L'ex-députée Catherine Dorion fait le constat que le pouvoir est concentré dans la société et dans les partis politiques. Photos: Benoît Dosseh/JDV.

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Catherine Dorion a animé une conférence à l’occasion du jour de la Terre autour de la thématique « Créer du sens : médiation culturelle », une autopsie du vivre-ensemble à l’agora du Collège Ahuntsic.

Catherine Dorion estime que le fascisme est le monstre qui menace le monde. Photo : Benoît Dosseh/JDV

Cette conférence s’inscrit dans le cadre d’une série d’activités coorganisées par le collège André-Grasset et le collège Ahuntsic. C’est par un tableau clair-obscur que l’ex-députée aborde le prisme du vivre-ensemble. Une espèce de douche froide de lucidité un petit peu déprimante pour, par la suite, rebâtir à partir de cette lucidité-là, indique-t-elle dans son analyse.

Une époque peu enthousiasmante

Cette approche a permis de constater au moyen de quelques sondages à main levée que la grande majorité a du mal à s’identifier dans le présent moule.

La crise climatique, les crises financières qui se succèdent, le coût de la vie, les inégalités de tout genre, et peut-être « le début d’une troisième guerre mondiale qui est en train de prendre racine au Moyen-Orient », énumère Catherine Dorion, sont autant de raisons qui font que nous vivons dans une époque insécurisante peu enthousiasmante. En somme, le monde va mal.

De plus, le système en place est comme un rouleau compresseur, d’autant plus que l’idéal du travail courbe l’échine générant plus de stress, d’anxiété que de plaisir à bien des égards. Pour autant, cette analyse sombre ne signifie pas que l’on devrait être fataliste, indique l’auteure de l’œuvre Le courage et la joie, dans une métaphore.

« La guérison — pour un alcoolique — commence le jour où tu reconnais que tu es alcoolique », souligne-t-elle.

Inverser le vacuum de sens

L’introspection sur des enjeux de société réalisée durant cette conférence interactive sous-entend que le monde actuel est en perte de sens. L’idéal recherché ne fonctionne pas. Les États-Unis, chef de file de cet idéal, vacillent. Ne pas être dans le déni permet de poser les bases pour inverser le « vacuum de sens », poursuit la conférencière.

« Je trouve ça utile de, souvent, comparer un peuple, une société, un groupe, à une personne pour mieux comprendre comment on réfléchit psychologiquement en tant que groupe, en tant que société, comment réagissons-nous psychologiquement. »

À partir de faits historiques, et du vécu quotidien, elle a mis en lumière des actions qui permettent de « bâtir une espèce de contre-culture, un sens alternatif qui génère de l’espoir ».

Les mobilisations de la société civile dans les années soixante, soixante-dix ont permis d’influencer la politique de façon tangible à différents degrés. Prendre conscience que le système est malade est le début du « processus de guérison ».

Les politiciens sont en dessous des grandes multinationales et des grosses fortunes, soit le 1 % de la planète, estime-t-elle. La société doit être consciente de son pouvoir.

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