Buse à épaulettes dégustant un serpent
Buse à épaulettes; on voit bien les bandes noires et blanches de la queue – photo: J. Poitras

(Red Shouldered Hawk)   (Buteo lineatus)

Chez les rapaces diurnes, la famille des Buses est le groupe que l’on reconnait facilement. De larges ailes souvent découpées aux extrémités et une queue courte en éventail sont des indices que l’on relève aisément chez ces oiseaux en vol. Les Buses ont tendance à voler en cercle souvent haut dans le ciel en profitant des courants d’air ascendant. Il ne reste plus qu’à repérer les signes distinctifs d’une espèce à l’autre, en espérant que la luminosité ambiante soit favorable.

Description

La Buse à épaulettes est de taille moyenne pour les membres de sa famille, soit une longueur d’une quarantaine de centimètres et  une envergure d’ailes d’un mètre.

Buse à épaulettes dégustant un serpent; on remarque ses épaulettes rousses – photo: J. Poitras

Le dos est noir moucheté de blanc, la tête est d’un brun grisâtre, et le dessous de son corps est brun bariolé de blanc. Son appellation lui vient de la tache rousse qui orne ses épaules que l’on aperçoit vraiment que si cette buse est posée sur un perchoir bien dégagé.

Une autre caractéristique d’identification, surtout pratique quand on observe l’oiseau en vol, est l’alternance de plusieurs bandes noires et blanches sur la queue. Un bec crochu à extrémité noire et de longues pattes jaunes complètent le tout.

Habitat et nidification

La Buse à épaulettes préfère les forêts matures de feuillus idéalement situées près de milieux humides ou de clairières qui lui permettent de chasser. Par contre, elle semble s’adapter à la présence humaine et elle niche en plusieurs endroits sur l’île de Montréal.

Les grands parcs-nature ayant un large espace boisé lui conviennent. Le Bois-de-Saraguay, le Parc-Nature de l’île-Bizard, le Parc-Nature-du-Bois-de-Liesse, ainsi que la partie forestière du Technoparc Saint-Laurent sont des endroits où des nids ont été localisés.

Le nid, situé dans une des fourches principales d’un feuillu, à une hauteur moyenne de 15m, est constitué de branchages dont l’intérieur est tapissé d’écorces, de feuilles et de duvet.

La Buse à épaulettes peut utiliser un même nid plusieurs années de suite tout comme elle peut réaménager un nid d’écureuil ou d’un autre rapace.

La femelle y pond trois ou quatre œufs,  un à chaque deux ou trois jours. L’éclosion est aussi espacée dans le temps, ce qui fait que, comme je l’ai observé récemment, l’on peut voir un poussin encore en duvet dans le nid et un autre, beaucoup plus en plumes, perché tout à côté.

C’est le mâle qui s’occupe généralement de chasser et de ramener la nourriture au nid où la femelle la distribue aux oisillons, du moins jusqu’à ce que tous aient quitté le nid. Après, les deux parents se partagent cette tâche pendant quelques semaines jusqu’à l’autonomie des juvéniles.

Alimentation et comportement

La diète des Buses à épaulettes se compose de batraciens, de reptiles, de petits rongeurs, de petits oiseaux, auxquels s’ajoutent quelques gros insectes. On les voit planer en cercle dans un espace ouvert à la recherche d’une proie, ou parfois, perchées là où elles peuvent scruter les alentours. Dès qu’une proie est détectée, elle s’envole et plonge par surprise sur celle-ci.

Cette Buse est généralement discrète, et on entend son cri, un fort « Kîî-eh, kîî-eh, kîî-eh », qu’en période de reproduction. C’est à ce moment qu’il est le plus facile de la repérer.

Elle ne tolère pas de congénères autour de son territoire de nidification, mais, semblerait plus accommodante pour d’autres espèces de rapaces.

Territoire et répartition

La Buse à épaulettes occupe l’est de l’Amérique du nord, de l’Atlantique jusqu’au Mississippi, de la Floride jusqu’au sud de l’Ontario et du Québec. On en trouve aussi une population le long de la côte ouest des États-Unis.

Au Québec, c’est dans la plaine du Saint-Laurent et de l’Outaouais que l’on a plus de chances de l’observer et où les indices de nidification probables ou confirmés ont été relevés lors de la confection de la deuxième édition de l’Atlas des Oiseaux Nicheurs du Québec méridional.

Comme dit ci-haut, plusieurs sites de nidification ont été dénombrés sur l’Île de Montréal. Pour ce qui est de notre arrondissement, j’ai observé cette Buse au Bois-de-Liesse, au Bois-de-Saraguay et même au-dessus du stationnement d’une quincaillerie grande surface située près de la voie ferrée qui traverse Ahuntsic d’est en ouest. Elle a aussi été observée par plusieurs ornithologues au Parc-nature de l’Île-de-la-Visitation.

La population au Québec semble stable avec possiblement une légère augmentation. La plus grande menace pour cet oiseau est la perte d’habitat à la suite de l’expansion domiciliaire qui rase ou morcelle les forêts matures et draine les milieux humides.

La Buse à épaulettes se retire de nos contrées lorsque l’hiver rend la nourriture moins accessible, bien que certains individus puissent passer la saison froide avec nous. Elle se rend dans les états américains où la neige est moins abondante et revient au début du printemps.

 

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