La transparence ? Quelle transparence ?

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La transparence, ici, au rendez-vous…

Après son élection à titre de Premier ministre du Québec, en 2014, Philippe Couillard avait fait de la notion de «transparence» un objectif ferme, pour ne pas dire une mission.

Comme le rapportait le journaliste Guillaume Bourgault-Côté dans Le Devoir du  9 avril 2014, le nouveau premier ministre allait faire de son gouvernement :

«(…)  le gouvernement le plus transparent que les Québécois auront eu, avec une divulgation proactive de renseignements de toutes sortes ».

Or, en novembre 2018, force est de constater que cette transparence n’a jamais été au rendez-vous avec ce gouvernement. Au contraire, elle a été rendue encore plus opaque.

Loi d’accès à l’information

La Loi d’accès à l’information a été renforcée sous le gouvernement libéral de Philippe Couillard pour qu’il soit encore plus difficile d’obtenir les informations en provenance du gouvernement. Ainsi, à titre d’exemple, les documents du Conseil des ministres qui permettaient aux citoyens de connaître les raisons ayant conduit cette autorité à prendre telle et telle décision sont désormais confidentiels.

Un nouveau gouvernement, celui de François Legault à la tête de la Coalition Avenir Québec, a depuis été élu. Saura-t-il faire mieux? En tout cas, selon le nouveau président de l’Assemblée nationale, François Paradis, il semble que la transparence soit prioritaire pour ce gouvernement. Mais c’est aux actes qu’on jugera les parlementaires du nouveau parti au pouvoir et leurs promesses.

Qu’est-ce que la transparence?

«La transparence des pouvoirs publics est essentielle à la santé démocratique de toute société libre. Trente-six ans après l’adoption de la Loi sur l’accès aux documents publics et sur la protection des renseignements personnels, l’accès à l’information gouvernementale s’est détérioré au point de devenir un accroc à la bonne marche de la démocratie au Québec. Des pouvoirs publics qui cultivent le secret privent les citoyens de leur capacité de faire des choix en toute liberté».  définit la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) sur son site.

Pour la Fédération des journalistes, les pouvoirs publics, ce sont –mais pas seulement–  les gouvernements, ministères, agences, sociétés d’état, régies, municipalités, commissions scolaires, établissements d’enseignement, de santé et de services sociaux, etc.

Autrement dit, tous les organismes financés en tout ou en partie par les fonds publics, c’est à dire l’argent des contribuables –vous et moi– devraient faire preuve de transparence.

Pour éviter un gouvernement opaque et fermé

Un comité a été mis sur pied à la FPJQ pour préparer une Charte de la transparence à présenter au nouveau gouvernement de François Legault, de manière symbolique.

Ce comité était formé de Monique Dumont (chef recherchiste retraitée de l’émission Enquête)experte de la FPJQ en matière de loi d’accès à l’information; Régys Caron, ancien correspondant parlementaire du Journal de Québec ; et Marie-Christine Trottier, du bureau de l’Assemblée nationale du Journal de Québec.

Tous trois ont rédigé une Charte de la transparence que les journalistes présents à leur congrès annuel, tout récemment, à Québec, ont été invités à signer.

En conférence de presse, au moment de la présentation de la Charte, l’un des journalistes qui couvrait l’événement demandait aux membres du Comité: 

«La transparence n’est-elle juste qu’une lubie pour journalistes?»

À cela, la spécialiste de la loi d’accès à l’information et membre du comité, Monique Dumont, a répliqué:

«Quelle était l’alternative : un gouvernement opaque et fermé, des citoyens à la merci des petits roitelets de l’Administration et des petits fonctionnaires ? Un gouvernement qui décide ce qu’on a le droit de savoir?»

Pas seulement pour les journalistes, la transparence

À ce jour, cette démarche des journalistes du Québec a trouvé peu d’échos… dans les médias.

Et pourtant… la transparence que l’on demande à nos gouvernements des trois paliers ne concerne pas seulement les journalistes. Elle concerne aussi tous les citoyens qui peuvent avoir besoin, un jour ou l’autre, d’utiliser par exemple la loi d’accès à l’information pour obtenir des informations des différentes administrations publiques.

D’ailleurs,  Marie-Christine Trottier, l’une des trois membres du comité précisait en conférence de presse, en quoi l’accès à l’information (et par ricochet, la transparence) était utile pour les citoyens bien ordinaires que nous sommes:

 «L’accès à l’information, ce n’est pas uniquement un outil pour les journalistes puisque la majorité des demandeurs sont des citoyens. C’est donc essentiel pour notre démocratie.»

Les journalistes présents au congrès annuel de la FPJQ ont été invités à signer cette Charte avant qu’elle ne soit transmise aux parlementaires, ce qui a été fait par la suite.  À suivre!

Pour lire la Charte de la transparence présentée par la FPJQ à l’occasion de son dernier congrès, cliquez ici.

Pour lire la chronique de Pierre Trudel, collègue chroniqueur du journal Le Devoir, sur la transparence comme slogan, publiée en avril dernier, c’est par ici!

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Le présent avis est publié le 12 06 2026, par Me Chantal Houde, juge administratif

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