Le nombre de nouveaux cas est en nette progression depuis une semaine dans l’arrondissement. Pour la première fois depuis la mi-février, plus de 200 nouveaux cas ont été rapportés à Ahuntsic-Cartierville dans la dernière semaine.

La Direction régionale de la santé publique de Montréal (DRSP) fait état d’un total de 214 nouveaux cas dans l’arrondissement entre le 30 mars et le 5 avril, portant le taux d’incidence hebdomadaire à 159,41 cas par 100 000 habitants. Plusieurs secteurs d’Ahuntsic-Cartierville figurent encore sur la liste des voisinages ayant les taux d’incidence les plus élevés à Montréal, soit Saint-Sulpice (44 cas, 355,56 cas/100 00) et Saint-Sulpice-Ouest (21 cas, 216,72 cas/100 000) et Bordeaux-Cartierville (75 nouveaux cas, 190,11 cas/100 000 habitants).

Les variants progressent dans Bordeaux-Cartierville

La DRSP ne précise pas quel est le nombre de cas de variants dans l’arrondissement. Un porte-parole de la DRSP réitère que seul l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) peut fournir ces données, mais les dernières demandes du JDV à cet égard n’ont pas eu de suite.

Bordeaux-Cartierville est cependant l’un des secteurs « où on voit une plus grosse augmentation » des cas de variants, fait savoir la directrice de santé publique, docteure Mylène Drouin, qui a fait le point mercredi après-midi sur la situation épidémiologique de Montréal en compagnie de la représentante du centre de commandement de la santé montréalais, Sonia Bélanger.

Les variants représentent désormais 42 % des nouveaux cas sur le territoire montréalais indique par ailleurs la docteur Drouin. Elle précise que ce seuil est souvent celui à partir duquel on observe une progression accélérée et dit s’attendre à une augmentation marquée des cas dans les prochains jours, d’autant plus que le dépistage a été au ralenti pendant le congé pascal.

« On le sait, on ne va pas gagner la bataille contre le variant, mais on peut le repousser », martèle la directrice de la santé publique de Montréal.

Elle estime que la stratégie de suppression du variant déployée le mois dernier a remporté un « succès relatif » qui a permis de ralentir la progression du variant le temps de vacciner un maximum de personnes.

La vaccination s’élargit

À l’échelle de Montréal, la couverture vaccinale est désormais de 23% pour l’ensemble de la population, tous âges confondus.

« Nous dépassons la cible de 75 % dans toutes les strates d’âge [admissibles à la vaccination] », se réjouit par ailleurs Sonia Bélanger.

La vaccination avait considérablement ralenti la semaine dernière, avec moins de 10 000 doses supplémentaires administrées sur le territoire du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Nord-de-l’Île-de-Montréal. Près de 84 000 personnes avaient tout de même été vaccinées par le CIUSSS en date du 6 avril, dont près de 64 000 dans le cadre de la vaccination dans les groupes prioritaires du grand public, débutée il y a un peu plus d’un mois.

Le gouvernement du Québec a d’ailleurs annoncé mercredi que de nouveaux groupes seront admissibles à la vaccination à Montréal dès la semaine prochaine. Il s’agit principalement des personnes atteintes de certaines maladies chroniques et du personnel des services essentiels, dont celui des écoles primaires et secondaires, des milieux de garde, de la sécurité publique et de certains organismes communautaires.

Des places seront ouvertes graduellement au cours des prochains jours pour les personnes admissibles sur le portail Clic Santé.

Le vaccin d’AstraZeneca est pour sa part offert sans rendez pour les 55 ans et plus à compter d’aujourd’hui jeudi. La clinique de vaccination de Saint-Laurent est le seul des sept sites désignés à cet effet qui est situé dans le Nord de l’Île.

« Ce qu’on souhaite, c’est qu’il y ait vraiment de l’achalandage », insiste Sonia Bélanger.

La représentante du centre de commandement du réseau de la santé montréalais a défendu le fait qu’il y aura désormais « deux méthodes » différentes pour se faire vacciner selon le type de vaccin en expliquant qu’il y a des différences dans l’approvisionnement entre les différents manufacturiers.

Les autorités de santé publique sont conscientes du fait qu’une certaine réticence au vaccin d’AstraZeneca pourrait être renforcée par la récente décision de l’agence européenne du médicament de reconnaître les caillots sanguins comme un effet secondaire « très rare » du vaccin.

« Ce vaccin AstraZeneca, malgré des fois la mauvaise presse, il est sécuritaire, il est efficace », martèle la docteure Drouin.

La récente décision du régulateur européen précise en effet que les bénéfices du vaccin sont supérieurs aux risques, en particulier pour les personnes plus âgées.

Le taux d’adhésion au vaccin d’AstraZeneca est de plus de 40 % dans le groupe d’âge des 55 ans et plus à Montréal, selon la directrice de santé publique qui dit avoir bon espoir que les quelque 32 000 doses disponibles trouveront preneur.

Des efforts de vaccination ciblés

La docteure Drouin précise par ailleurs que des « approches spécifiques » sont développées en collaboration entre la DRSP et les CIUSSS, selon les analyses de la couverture vaccinale locale et le taux d’incidence des variants dans les quartiers.

Des cliniques éphémères ont d’ailleurs eu lieu cette semaine dans Ahuntsic-Cartierville. Des publicités ont été diffusées par les élus de l’arrondissement sur Facebook, mais les cliniques éphémères n’ont pas été publicisées par le CIUSSS du Nord.

« Effectivement, nous tenons des cliniques de vaccination éphémères pour des populations ciblées sur le territoire au cours des prochains jours. Toutefois ce n’est pas une information que nous diffusons publiquement puisque cela concerne des usagers vulnérables dont nous souhaitons préserver la confidentialité », fait savoir Emilie Jacob, du bureau des relations médias et des affaires publiques du CIUSSS.

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