Canard suchet. Illustration : Anne Frédérique Préault

On ne peut manquer le bec du Canard souchet (Spatula clypeata) (Northern Shoveler) ! Large et évasé, il est aussi long que le crâne de ce palmipède.

Le mâle, en plumage printanier, arbore une large tête verte et un flanc marron bordé par une large bande blanche qui part de la gorge et remonte sur les ailes. Son dos est noir ainsi que le bout des ailes et le croupion.

La femelle porte une livrée brune mouchetée sur le dos, les flancs et les ailes. Sa tête est d’un brun plus uni avec un sourcil plus foncé traversant son œil. Son bec est brun tandis que celui du mâle est gris.

Chez les deux sexes, on peut parfois distinguer un miroir bleu pâle et vert le long de l’aile lorsqu’ils sont sur l’eau, mais celui-ci est surtout visible en vol.

En automne, le mâle revêt un plumage « en éclipse ». Sa tête devient grise ou gris-vert moucheté, et parfois, une bande plus claire borde la région près du bec. La couleur marron devient plus diffuse et le blanc de sa gorge et sa poitrine est constellé de brun.

C’est un canard de taille moyenne ; à 48-50 cm de long, il est plus petit que le Canard colvert ou le Canard noir, mais plus grand que les sarcelles.

Habitat et comportement

 Le Canard souchet privilégie les milieux aqueux ouverts et peu profonds où les petits invertébrés abondent, car ils constituent la plus grande part de son menu. Il filtre la vase et le fil de l’eau avec son large bec lamellé. Il complète parfois son alimentation avec des graines et des petites plantes aquatiques. Les grands bassins de décantation d’eaux usées, riches en invertébrés, favorisent sa présence.

Dès qu’il arrive sur le site choisi, le mâle s’affaire à en chasser tous ses congénères mâles ou femelles, sauf évidemment l’élue de son cœur. Ce site est relativement plus petit que celui d’autres espèces, puisqu’il a été choisi pour l’abondance de nourriture. D’ailleurs, la femelle n’accumule pas beaucoup de réserves lors de la période de nidification, et doit donc s’alimenter à proximité du nid.

Nidification

La femelle construit un nid de duvet, d’herbes et de brindilles à une certaine distance de la berge, généralement entre 30 et 100 m, mais toujours loin du couvert arborescent. Il est camouflé dans les herbes, bien que souvent celles-ci ne soient pas plus hautes que 30 cm.

Elle y pond, au début du mois de mai, une dizaine d’œufs qu’elle couve une vingtaine de jours. Dès l’éclosion des poussins, la femelle les emmène sur l’étendue d’eau à proximité où elle s’en occupera pendant un ou deux mois. Le mâle quitte le site juste après l’éclosion et se regroupe sur l’eau avec ses congénères pour muer. Pendant cette mue, généralement en juillet, il est incapable de voler. C’est pourquoi il se tient alors sur de plus grandes étendues d’eau.

Répartition et migration

En Amérique du Nord, le Canard souchet niche principalement de l’ouest de l’Alaska aux Grands Lacs. Il est présent sur tout le territoire des grandes plaines. À l’est, son territoire serait en expansion depuis une soixantaine d’années grâce au déboisement et à l’agriculture, qui lui ont créé des habitats favorables.

Au Québec, il niche surtout le long de la vallée du Saint-Laurent, principalement dans sa portion sud. On a aussi noté sa présence en Abitibi-Témiscamingue, au Saguenay–Lac-St-Jean et à quelques endroits sur le pourtour de la Gaspésie. Sa présence au Québec est assez récente puisque la première mention confirmée de nidification dans la région de Montréal date de 1967.

Dans notre arrondissement, il y en a quelques mentions, surtout lors des migrations printanières et automnales.

À ce propos, le Canard souchet arrive dans nos régions de la fin de mars au début de mai, et en repart de septembre jusqu’en novembre. Il hiverne dans la partie sud des É.-U. et en Amérique Centrale.

On en retrouve aussi dans le centre et l’est de l’Europe.

Selon le second tome de l’Atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional, l’espèce serait un nicheur migrateur rare dont l’aire serait stable et les effectifs en possible augmentation.

Si lors de vos promenades en nature vous en croisez un ou plusieurs, évitez les prises de bec, vous n’auriez pas l’avantage !

Cet article a été publié dans la version papier du JDV de décembre 2025.



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