André Parizeau, le candidat du BQ dans Ahuntsic-Cartierville (Photo: jdv P. Rachiele)

Le bloquiste André Parizeau peut maintenant mieux respirer. Écorché par le fait qu’il a été le chef du Parti communiste du Québec (PCQ) pendant 21 ans, il a finalement reçu la bénédiction de son chef Yves-François Blanchet qui lui avait demandé, à la toute veille de sa confirmation comme candidat dans Ahuntsic-Cartierville, de prendre ses distances du passé et d’être exclusif au Bloc Québécois (BQ).

« M. Parizeau a clairement dit qu’il se dissociait du Parti communiste et qu’il allait défendre exclusivement le programme du Bloc Québécois. M. Blanchet considère que le discours de M. Parizeau répond à ses attentes pour être candidat au Bloc Québécois », a confirmé au journaldesvoisins.com Carolane Landry, l’attachée de presse de la formation souverainiste œuvrant sur la scène fédérale.

Militants présents à l’occasion de l’assemblée d’investiture d’André Parizeau (Photo: jdv P. Rachiele)

Lors du congrès de mise en nomination devant une cinquantaine de personnes dans une brasserie jouxtant le métro Henri-Bourassa, samedi (17 août), André Parizeau, à la demande du chef du Bloc, a accepté de se dissocier du Parti communiste du Québec (PCQ) dont il n’est plus chef de ce parti non reconnu, depuis la fin juillet, et s’est engagé à défendre exclusivement le programme du Bloc auquel il avait participé à son élaboration.

Vendredi, le chef bloquiste avait exigé du neveu de l’ancien premier ministre Jacques Parizeau (et qui avait été aussi candidat malheureux par deux fois dans Ahuntsic aux élections québécoises de 1970 et 1973) qu’il désavoue totalement le programme communiste.

« A la demande de mon chef, je suis prêt à me dissocier publiquement du programme du PCQ, a clamé M. Parizeau. J’espère qu’il acceptera la mise au point », ce qui a été fait quelques heures plus tard.

Chasse aux sorcières

Visiblement secoué par la demande du chef Blanchet, M. Parizeau avait déploré la veille «une chasse aux sorcières» sur les ondes de TVA.

Mais pas question de renier son passé.

« Oui j’ai été impliqué au PCQ (…), mais je ne peux pas renier le passé. C’est ce qui a fait l’homme que je suis aujourd’hui. Ce serait injuste et sans précédent » a-t-il lancé aux militants.

André Parizeau s’explique mal le fait que la période passée (son double engagement, PCQ au provincial et BQ au fédéral) était connue depuis longtemps par tous et ne posait pas de  problème.

« J’ai maintenant clarifié le tout et il n’y a plus d’ambiguïté. Je pense avoir été mal interprété. Il y a  eu une gigantesque distraction. Je ne suis plus associé au PCQ et ce qui est important pour Ahuntsic-Cartiervile, est d’avoir le meilleur candidat pour soulever le triste bilan des quatre années de Mélanie Joly (députée sortante et ministre) » a-t-il plaidé.

M. Parizeau a dit avoir été placé «devant le fait accompli» quand l’équipe de TVA s’est retrouvée sur le parterre de sa résidence dans Bordeaux, sans avertissement vendredi.

« Je n’étais même pas habillé quand le reporter a sonné à la porte ».

Fait important, en soirée vendredi, un organisateur du Bloc avait dit à la Presse canadienne qu’il n’était pas question de demander qu’il renie son passé, contrairement à ce qui avait circulé dans la journée de vendredi.

Questionné par jdv lors de la mêlée de presse, M. Parizeau a refusé de dire s’il y avait eu «du Gilles Duceppe (l’ex-chef bloquiste) derrière cette intervention».

Une cousine de l’ex-chef bloquiste (qui demeure dans les Hautes-Laurentides) a tenté en vain de se présenter contre M. Parizeau au congrès de mise en candidature.

Unité d’abord

André Parizeau avait soutenu dans son discours d’acceptation qu’il est temps de mettre les  vieilles querelles de côté et ne pas se diviser.

« Il faut faire l’unité. En étant uni tous ensemble, on pourra faire de grandes choses », a-t-il plaidé.

Au cours de son premier discours officiel, André Parizeau a énuméré les raisons qui l’ont poussé à être candidat, dont la nécessité de battre Mélanie Joly, en énumérant les «inactions» de la députée qui venait de lancer une heure plus tôt sa campagne dans le cadre de son BBQ annuel, au parc St-Simon-Apôtre (ndlr: texte séparé à venir).

Ainsi, il a déploré entre autres que les libéraux n’ont pas changé la politique des conservateurs concernant la limite de vitesse des trains de marchandises, ce qui est, selon lui, une question primordiale en matière de sécurité alors que la circonscription est traversée par deux lignes de chemins de fer, une du CP et l’autre du CN.

Le vétéran militant souverainiste a aussi déploré les «ratés» dans le dossier Netflix : «pas de taxes pour ce géant et un catalogue de séries et films en français très faibles ici», a-t-il déploré.

Concernant les promesses de Mélanie Joly pour le secteur historique du Sault-au-Récollet, il a mentionné que la ministre n’a en bout de ligne «rien fait».

Dans le dossier de la pollution sonore par le bruit des avions, le candidat du Bloc a fait siennes les revendications du groupe de pression Les Pollués de Montréal-Trudeau qui en bout de piste, se bat toujours avec ferveur pour que les compagnies aériennes respectent le couvre-feu de nuit, entre autres.

« Mélanie Joly sourit toujours à la caméra, mais elle répète essentiellement les mêmes cassettes », a-t-il tonné.

M. Parizeau a aussi parlé de la néceccessité de faire la souveraineté, un objectif auquel il dit «croire encore».

« La cause avant les chicanes » a-t-il soutenu, tout en lançant aussi un appel à ceux et celles qui ne sont pas prêts à la souveraineté afin qu’ils votent pour un parti qui défende les intérêts des Québécois à Ottawa.

André Parizeau, qui était vêtu en veston et cravate, était visiblement ému quand il a remercié chaleureusement sa femme pour son appui indéfectible.

Maintenant, il a les coudées franches pour mener la bataille sur le terrain; son équipe de direction est choisie et il ouvrira bientôt son local de campagne sur la Promenade Fleury, à quelques coins de rue de celui de Mélanie Joly.

 

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