Le Fonds de solidarité de la FTQ, entreprise phare du quartier

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Le début des années 1980 étant marqué par un climat de morosité économique, des taux d’intérêt à hauteur de 20 %, un taux de chômage élevé, des fermetures d’entreprises et des emplois perdus mènent les dirigeants de la FTQ à réfléchir à une solution pour aider les entrepreneurs et les travailleurs.

Après plusieurs mois d’essais infructueux et de négociations avec différents interlocuteurs afin de trouver une porte de sortie à la récession, Louis Laberge, instigateur de ce projet, réussi à convaincre le gouvernement de René Lévesque de créer un Fonds d’investissement. Le 23 juin 1983, la Loi 192 est adoptée constituant le Fonds de solidarité des travailleurs et travailleuses du Québec. On dit de cette loi qu’elle vise à favoriser la création d’emplois, stimuler l’économie et encourager l’épargne-retraite.

Le projet est accueilli avec scepticisme dans les milieux patronaux et même dans certains milieux syndicaux, tout en étant bien reçu par René Lévesque, premier ministre de l’époque, et par Robert Bourassa, chef du Parti libéral.

Le Fonds FTQ a connu des hauts et des bas au cours des ans, mais a toujours su tirer son épingle du jeu. Celui-ci a à ce jour une valeur de 23 milliards de dollars d’actifs, des actionnaires au nombre de 816 000 et des actifs investis dans l’économie québécoise à hauteur de 70 %.

Selon la vice-présidente principale aux technologies de l’information, Chantal Doré, ce qui est intéressant est le fait que les dirigeants du Fonds viennent du monde des affaires, mais aussi du milieu syndical. « C’était d’ailleurs une fierté de M. Laberge de mettre à la même table des gens du milieu des affaires et du milieu syndical pour construire le fonds. »

Le fonctionnement

Le Fonds est composé de plusieurs instances. Le siège social s’occupe des grands investissements, les fonds régionaux des moyens et les fonds locaux des investissements de moins de 200 000 $ dans les plus petites entreprises. Il existe aussi un fonds régional pour Montréal.

Il existe aussi une structure unique qui consiste en l’implication de bénévoles qui font la promotion du fonds dans le réseau syndical, le réseau RL (responsables locaux) et qui permet de ramasser de l’argent partout au Québec.

L’arrivée dans Ahuntsic-Cartierville

Tout d’abord installés au centre-ville de Montréal dans les locaux du 822 rue Sherbrooke Est, les bureaux du Fonds déménagent à plusieurs reprises pour suivre la croissance fulgurante de l’entreprise. La FTQ doit, à son tour, laisser les bureaux de la rue Papineau. « De là l’idée de construire notre propre édifice au lieu de payer des loyers, » révèle Denis Leclerc, vice-président aux marchés de détails, responsable du déménagement et superviseur de la construction de la bâtisse, maintenant à la retraite.

 

 

Le choix d’un site disponible correspondant aux nombreuses exigences des dirigeants du Fonds qui veulent rester au centre-ville, des travailleurs de la FTQ qui veulent être tout près des autoroutes et de M. Laberge qui désire réunir les différentes directions des syndicats sous un même toit, est difficile.

La volonté de M. Laberge est respectée et le terrain sur le boulevard Crémazie entre les rues Lajeunesse et Berri, propriété de la Ville de Montréal, est désigné pour son accès facile et son emplacement central. Le Fonds signe un bail emphytéotique de 75 ans et commence la construction au-dessus du métro Crémazie. Le terrain sera racheté à la Ville au début des années 2000.

La localisation prévue de la bâtisse est sur le roc, d’où la difficulté technique des travaux. « Il fallait construire au-dessus du métro de façon autoportante. Ce fut une prouesse technique pour bâtir les sept étages de stationnement souterrain, » indique Denis Leclerc. Le déménagement a lieu en 1993. Le Fonds, la FTQ et quelques bureaux du gouvernement cohabitent dans l’édifice de 17 étages. En 2003, faute de place, la FTQ construit un édifice plus petit et s’installe juste à côté. Les locataires gouvernementaux ont quitté.

L’implication dans le quartier

Le Fonds de solidarité appuie le développement social et économique du quartier de différentes façons. Il détient un partenariat avec PME Mtl Centre-Ouest, qui gère le fonds local pour les petites entreprises. Le fonds immobilier a construit des logements abordables dans le quartier. Il possède aussi un volet dons et commandites réservés à l’arrondissement.

Sur son toit, on peut y découvrir une ferme urbaine et des ruches d’abeilles dont les produits sont remis à des organismes locaux.

Cet article a été publié dans la version papier du JDV d’avril 2026.

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