
Comme tous les membres de la famille des mimidés, le Moqueur roux (Brown Trasher) (Toxostoma rufum) a une forme élancée et une longue queue.
Le dos et le dessus de sa queue sont roux, de même que ses ailes qui arborent deux bandes blanches légèrement accentuées de noir. La poitrine et le ventre de cet oiseau sont beiges et fortement striés de brun roux. Il a le bec légèrement recourbé vers le bas et son œil noir est bordé de jaune orangé. Il mesure entre 27 et 30 cm de long, et pèse environ 70 g.
Habitat et comportement
Le Moqueur roux préfère les haies et les buissons situés dans des endroits secs et où la strate arbustive présente un dégradé. Les terres agricoles abandonnées ou en friche lui conviennent parfaitement.
Le mâle arrive sur son territoire en mai, quelques jours avant la femelle, et se met aussitôt à chanter. Son répertoire est le plus varié de notre faune aviaire. Il imite de nombreux oiseaux et bruits, et y ajoute des phrases de son cru. Il a tendance à répéter chacune d’elles deux fois, ce qui permet une identification sonore avant de le voir.
Il diminue ses vocalises après la formation du nid et devient plus discret au fur et à mesure que la saison avance. Par ailleurs, il protège agressivement son territoire et sa nichée contre les intrus.

Nidification et alimentation
Peu après l’arrivée de la femelle, les deux membres du couple s’affairent à la construction du nid. Celui-ci est constitué de brindilles, d’herbes, d’écorces et de feuilles mortes. Il est situé soit sur le sol, soit dans des buissons ou de petits arbres, mais généralement à moins de trois mètres du sol.
La femelle y pond quatre ou cinq œufs qu’elle couve une douzaine de jours. Après l’éclosion des poussins, tant le mâle que la femelle en assurent les soins. Leur séjour au nid dure une autre douzaine de jours et ils demeurent dépendants de leurs parents pour encore quelques jours après avoir quitté le nid.
Le régime alimentaire du Moqueur roux est varié ; insectes, petits fruits et graines s’y retrouvent selon la disponibilité et la saison. On le voit souvent gratter le sol avec ses pattes pour y débusquer sa pitance cachée sous les feuilles ou les herbes.
Territoire et migration
Le Moqueur roux niche dans un vaste territoire allant, d’est en ouest, des provinces maritimes au sud du Québec, de l’Ontario et des provinces des Prairies, jusqu’au pied des Rocheuses. La limite sud de ce territoire est tracée de la Floride jusqu’au nord-est du Texas. Il est absent à l’ouest des Rocheuses.
Au Québec, il est surtout présent dans la partie sud de la vallée du Saint-Laurent, le long de l’Outaouais et dans les basses Laurentides. Quelques mentions ont été faites en Gaspésie, au Lac-Saint-Jean et sur la Côte-Nord.
On le voit régulièrement dans le Grand Montréal, et pour ce qui est de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, il est observé, surtout au printemps, aux parcs naturels de l’Île-de-la-Visitation, du Bois-de-Saraguay et du Bois-de-Liesse, et aussi parfois en d’autres endroits, comme à l’île Perry et au parc Nicolas-Viel.
Comme dit plus haut, il arrive dans notre région au début du mois de mai et nous quitte en septembre pour prendre ses quartiers d’hiver au sud des États-Unis.
D’après la deuxième édition de l’Atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional (2019), le Moqueur roux est classé comme un nicheur migrateur peu commun dont l’aire est stable et dont les effectifs seraient possiblement en diminution.
Cet article a été publié dans la version papier du JDV du mois d’octobre 2025.
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