Le Tyran à longue queue. Photo : Jean Poitras

Régulièrement, on observe dans la région de Montréal des espèces d’oiseaux qui sont assez éloignées de leur territoire habituel.

On a souvent l’impression que ces observations sont en augmentation dans les dernières décennies, mais ce n’est pas nécessairement le cas. En effet, la croissance de popularité de l’ornithologie entraîne une augmentation du nombre d’observateurs sur le terrain, et ces derniers disposent de meilleurs outils pour pratiquer leur loisir : jumelles, télescopes, guides d’identification et même applications informatiques qui permettent une annotation plus précise et plus rapide des espèces rencontrées.

Il suffit dès lors qu’un individu inusuel se pointe à un endroit donné pour que sa présence soit diffusée rapidement à travers la communauté ornithologique. Auparavant, ce même volatile serait probablement passé inaperçu, ignoré ou confondu avec une autre espèce.

Voici quelques mentions notables des dernières années.

Le Solitaire de Townsend (Myadestes townsendi)

Son territoire habituel se trouve le long des Rocheuses, de l’Alaska au Mexique. Pas très spectaculaire comme plumage : gris sur le dos, gris plus pâle sur le dessous, et gris foncé sur les ailes. Un cercle blanc périoculaire et une petite zone brun pâle sur l’aile complètent le tout. Alors si, comme ça m’est arrivé, vous le photographiez haut perché sur un fond de ciel voilé, donc gris, le résultat est plutôt mitigé. Tout de même, cet oiseau a dernièrement été observé sur le mont Royal, à l’Écomuseum de Sainte-Anne-de-Bellevue, au parc naturel de l’Île-de-la-Visitation, et, en janvier de cette année, à L’Île-Perrot.

Le Dickcissel d’Amérique (Spiza americana)

Le Dickcissel. Photo : Jean Poitras

Sa présence au parc Frédérick-Bach en juillet 2024 a marqué la mémoire des nombreux observateurs attirés par sa robe colorée : tête et dos gris, sourcil pâle en travers de l’œil, gorge blanche, bavette noire sur une poitrine jaune vif et ailes brunes striées avec une zone marron. Il a tout pour plaire. Cet oiseau niche dans les grandes plaines aux États-Unis, donc à l’est des Appalaches. Il s’agirait de la deuxième ou troisième mention de sa présence à Montréal.

Le Chardonneret élégant (Carduelis carduelis)

Celui-là, il vient d’Europe. Assez répandu de l’Espagne jusqu’en Russie, ainsi que sur le pourtour du bassin méditerranéen. Sa face rouge suivie d’une large bande blanche de la gorge jusqu’à l’arrière de l’œil, et le dessus de sa tête ainsi que sa nuque noirs font qu’il ne peut être confondu avec nul autre fringillidé. Il est venu nous visiter en février 2017 au parc naturel de l’Île-de-la-Visitation. Il a aussi été aperçu au Jardin botanique, à L’Île-des-Sœurs et sur le mont Royal.

Le Rouge-gorge familier (Erithacus rubecula)

Le Rouge-gorge. Photo : Jean Poitras

Il fait sensation ces derniers jours dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve ! C’est un autre touriste venu d’Europe, où il est commun. Il niche dans toute l’Europe continentale et dans les îles britanniques. Il semble qu’il s’agit de la première mention de celui-ci à Montréal, et possiblement au Québec. Comme son nom l’indique, il a la gorge ainsi que la face d’un rouge orangé vif. La poitrine et une partie des flancs sont d’un gris bleuté, et son dos est brun. Sa silhouette générale se résume à une boule de plumes sur deux pattes.

Le Bruant à joues marron (Chondestes grammacus)

Le Bruant à joues marron. Photo : Jean Poitras

Oiseau des plaines de l’Ouest, il a fait une apparition au Technoparc Montréal en novembre et décembre 2019. Son dos est du brun commun aux bruants. Il a une tache foncée sur sa poitrine pâle. C’est le plumage de sa tête qui le caractérise : deux lignes brun foncé encadrent un dessus de tête brun plus pâle, un sourcil foncé lui traverse l’œil, sa gorge est blanche, et ses joues d’un brun marron lui donnent son nom. Il n’est pas resté plus d’un mois à cet endroit, puis s’est probablement envolé pour un climat plus doux.

Le Tyran à longue queue (Tyrannus forficatus)

Un autre visiteur inusuel au Technoparc ! Cet oiseau niche au Texas et dans quelques régions limitrophes. L’hiver, on le retrouve au Mexique et en Amérique Centrale. Alors, quelle surprise lorsqu’il est signalé en novembre 2021 ! Sa tête et son dos sont gris pâle, et ses ailes gris noir ; sa poitrine gris pâle est bordée de rose sur les flancs, et on aperçoit parfois une tache rouge à la base des ailes. Sa queue fourchue est presque aussi longue que le reste de l’oiseau.

On le voyait se percher soit sur un fil, soit sur la clôture qui sépare le chemin Saint-François des pistes de l’aéroport. Il plongeait vers l’étendue herbeuse le long des pistes pour débusquer un insecte et revenait se percher, déclenchant de ce fait le schlak-schlak des appareils photo des nombreux observateurs. Il est resté à cet endroit une quinzaine de jours avant de prendre, on suppose, un vol de retour vers le Sud.

Ce texte a été publié dans la version papier du JDV 2026.



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