En réponse à la contestation citoyenne vis-à-vis son projet d’agrandissement, l’Institut Pacifique a consulté à nouveau le voisinage. L’organisme sans but lucratif situé dans le secteur Sault-au-Récollet prévoit apporter des modifications à son projet, afin de tenir compte de certaines préoccupations.

Le 28 septembre, une trentaine de citoyens résidant à proximité du bâtiment de l’Institut Pacifique ont répondu à l’invitation de l’organisme et ont participé à une deuxième séance d’information concernant le projet d’agrandissement. Des représentants de l’Institut Pacifique, un architecte ainsi qu’un ingénieur ont répondu aux questions des citoyens. Ceux-ci ont également eu l’occasion de partager leur point de vue.

Rappelons qu’une dizaine de citoyens se sont présentés au conseil d’arrondissement Ahuntsic-Cartierville au mois de septembre, afin de manifester leur mécontentement vis-à-vis ce projet de construction. Ce dernier comprend la démolition d’une partie de l’immeuble actuel, l’agrandissement de celui-ci vers l’arrière ainsi que le réaménagement du stationnement.

« La rencontre nous a permis de préciser des choses et d’accueillir nos voisins », a expliqué le président du conseil d’administration de l’organisme, Jean-Pierre Le Scouarnec. Il a affirmé que les inquiétudes des résidants ont été entendues et que l’organisme serait attentif à leurs commentaires.

Des modifications en cours

« Depuis la semaine passée, nous avons demandé à l’architecte de faire des modifications aux plans, afin de tenir compte des critiques et des commentaires, a indiqué Jean-Pierre Le Scouarnec. On ne pourra jamais satisfaire 100 % des gens, mais je pense qu’on arrive à quelque chose de très acceptable sur le plan social. » Les plans préliminaires devraient être disponibles dans les prochains jours.

Parmi les modifications, l’organisme souhaite augmenter la surface des fenêtres du bâtiment, pour que celui-ci soit moins imposant et que l’on voit moins la couleur blanche du revêtement extérieur, qui n’est pas apprécié par certains citoyens. De plus, la mezzanine prévue sur le toit de l’édifice sera déplacée pour optimiser le soleil d’une voisine, qui se plaignait que la hauteur du bâtiment (trois étages) la priverait de son ensoleillement.

Selon Jean-Pierre Le Scouarnec, il y a toutefois deux points sur lesquels l’organisme ne peut pas faire de compromis : l’Institut Pacifique ne déménagera pas, comme le souhaiteraient certains résidants, et la grandeur du nouveau bâtiment ne peut pas être réduite.

L’opposition citoyenne demeure

Michèle Bastien habite depuis 40 ans une maison patrimoniale située en face de l’Institut Pacifique. Elle était présente à la séance d’information le 28 septembre mais, malgré les explications de l’organisme, elle reste opposée au projet sous sa forme actuelle.

« Le projet en soi est très bien, mais l’organisme n’a pas tenu compte de l’impact sur les voisins immédiats. Pour eux, c’est vraiment une détérioration de leur qualité de vie », a souligné Michèle Bastien, précisant qu’elle appuie entièrement ses voisins et qu’elle n’est pas la seule.

Prochainement, elle prendra part, avec plusieurs résidants, à une rencontre avec la conseillère du district du Sault-au-Récollet, Lorraine Pagé. Cette rencontre constitue une première action menée par le groupe de citoyens, qui ne compte pas lâcher prise.

« Tant que ce n’est pas fini, on ne perd pas espoir que les choses puissent changer », a soutenu Wedad Antonius, une citoyenne qui s’oppose aussi au projet. « On se rencontre en petits groupes pour réfléchir à ce que nous pourrions faire », a-t-elle mentionné, ajoutant que si leurs démarches ne mènent à rien, « ça ira en référendum ».

Dans un communiqué qu’elle a fait parvenir à journaldesvoisins.com, Wedad Antonius rappelle les préoccupations des citoyens. Entre autres, « la hauteur maximale dépassera la hauteur permise [et] […] l’aspect patrimonial ne sera pas respecté […], [puisque] ces deux grands bâtiments par leur volume, par la tôle utilisée pour les façades et par leur couleur ne s’intègrent pas du tout à l’architecture environnante. »

La démolition autorisée

Parallèlement, lors de l’assemblée du conseil municipal de la Ville de Montréal qui a eu lieu le 26 septembre, les élus ont autorisé « la démolition partielle du bâtiment » de l’Institut Pacifique. Lorraine Pagé, a expliqué à journaldesvoisins.com que l’autorisation de démolition est une étape indépendante de l’approbation du projet d’agrandissement de l’organisme.

« Même si le projet est suspendu en ce moment, car l’Institut Pacifique continu d’y apporter des ajustements pour tenir compte des observations des citoyens, il n’y avait pas avantage à attendre la conclusion de ces discussions pour aller chercher l’autorisation de démolition », a-t-elle spécifié. Puisque l’immeuble est situé dans le village patrimonial du Sault-au-Récollet, c’est la Ville-centre qui doit autoriser sa démolition.

Selon la conseillère, l’adoption en deuxième lecture du projet de l’organisme est prévue à la séance du conseil d’arrondissement du mois de novembre.

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