Livre s'en sortir de Julie Loranger
Julie Loranger a écrit le livre «S’en sortir» en neuf mois pour raconter son parcours résilient. (Photo: courtoisie Julie Loranger)

Julie Loranger, résidante d’Ahuntsic, est une femme qu’on qualifierait d’ordinaire. Toutefois, cette image s’estompe très vite quand on lit le livre qu’elle vient de publier, S‘en sortir! Troubles mentaux: dire oui à la vie. Elle y raconte sa vie. Un parcours jonché d’agressions sexuelles et de problèmes de santé physique et mentale.

Son livre-témoignage est aussi un condensé d’espoir. Elle le présentera au public au centre communautaire Laverdure le jeudi 13 avril.

Avant d’écrire, Mme Loranger commence par raconter des bribes de sa vie en octobre 2021, à Isabelle Huot, docteure en nutrition et chroniqueuse bien connue au Journal de Montréal.

«Quand j’ai vu son histoire, son parcours, elle était encore en fauteuil roulant, se souvient Isabelle Huot. Elle m’a dit, non, moi, je ne serai pas en fauteuil roulant toute ma vie. Elle a commencé à marcher et je me suis dit il faut absolument qu’elle raconte son histoire dans le cadre d’un article du journal.»

Cet article sera un début pour Julie Loranger. Elle racontera de plus en plus de détails sur sa vie, notamment lors d’un Facebook live avec Mme Huot, avant d’aboutir au livre.

«Quand Isabelle m’a dit “je te conseille d’écrire un livre”, je me suis dit mon Dieu, je n’ai jamais fait ça. Je ne sais pas comment faire. Isabelle m’a dit “commence par ton enfance, puis comment ça s’est passé, jusqu’à aujourd’hui”», raconte Mme Loranger.

Sa vie, c’est d’abord une enfance dans une famille dysfonctionnelle, puis des dizaines d’agressions sexuelles dont celles commises par son oncle alors qu’elle n’était âgée que de huit ans. Ensuite surviennent des problèmes de santé mentale, deux hospitalisations en service psychiatrique et un diagnostic de trouble schizoaffectif de type bipolaire. Une hyperphagie boulimique fait qu’elle pèse à un moment près de 180 kilos (390 livres) et ne se déplaçait plus qu’en fauteuil roulant.

«Depuis 13 ans, je dois prendre des médicaments tous les jours. Je ne suis plus jamais retombée malade. J’ai eu des hauts et des bas, mais ça va mieux», souligne-t-elle.

Elle a perdu plus de 40 kg en trois ans et s’est remise à marcher. Elle fait maintenant des promenades quotidiennes à pied de 45 minutes.

Se sauver soi-même

«Quand j’étais en fauteuil roulant, mon médecin m’avait annoncé que si je ne faisais rien, je n’avais plus grand temps à vivre», confie-t-elle. Au milieu de la quarantaine, son espérance de vie était réduite de moitié.

«C’était un sursaut. Il fallait que je me décide. Est-ce que je voulais vivre ou pas? Alors j’ai changé mon alimentation. Je me suis remise à marcher une minute à la fois dehors, dans la maison, le plus possible, pour ne plus être en fauteuil roulant.»

Elle écrit tout cela frénétiquement en neuf mois. Le livre devient lui-même une part de sa démarche thérapeutique.

«Tout était dans ma tête, tout était enligné. Je savais quoi dire. Je savais ce que je voulais écrire, mais c’était difficile de coucher tout cela sur papier. Quand on est venu me porter le livre à la maison, quand je l’ai eu dans mes mains, c’était quelque chose de spécial», convient Mme Loranger.

C’est ce profil de battante de Julie Loranger qui a frappé Mme Huot et dès lors elle a accepté de préfacer son ouvrage, S‘en sortir!

«C’est une femme formidable, douce et forte en même temps pour avoir surmonté toutes les épreuves qu’elle a vécues», relève Mme Huot.

Résilience

Mme Loranger espère que son témoignage sera utile à tous ceux qui passent par des moments compliqués ou ceux dont des proches vivent des difficultés.

«Les gens ont beaucoup besoin d’inspiration. Il y en a qui vivent de l’anxiété ou des abus. Il y a des gens qui ont subi beaucoup d’abus sexuels dans leur vie. C’est fou! Cela touche beaucoup de monde. Julie a dénoncé un de ses agresseurs à la police. Beaucoup de femmes n’osent pas le faire. Elle s’en est sortie aujourd’hui et elle est rayonnante. Cela peut toucher beaucoup de monde parce qu’il y en a beaucoup plus qu’on pense qui sont dans des situations similaires», croit également Mme Huot.

Quand on demande à Julie Loranger comment sa vie a changé dès le moment qu’elle a raconté son parcours, elle répond modestement: «Depuis que j’ai parlé à Isabelle, il y a plein de gens qui me parlent maintenant et je me rends compte que c’est vraiment une vie hors de l’ordinaire», admet-elle.

Lancement de S‘en sortir!, éditions Performances, le 13 avril à 18 h 30 au Centre communautaire Ahuntsic au 10780, rue Laverdure. Entrée libre.

 


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