Mont Saint-Louis : traverser le temps sans se renier

Danièle Bélanger, directrice de la fondation du collège et de l'Association des anciens du Mont-Saint-Louis. Photo : Amine Esseghir JDV

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Danièle Bélanger, directrice de la fondation du collège et de l’Association des anciens du Mont-Saint-Louis. Photo : Amine Esseghir \ JDV

En un mot, le collège Mont-Saint-Louis pourrait se résumer à « continuité ». Depuis les années 60, il a su se renouveler avec souplesse, sans altérations, pour accompagner les bouleversements qui ont touché la société.

Le collège a changé d’adresse tout en préservant sa réputation. La communauté religieuse des Frères des écoles chrétiennes, ou Lasalliens, a fondé le Mont-Saint-Louis (MSL) au 19e siècle sur la rue Sherbrooke. Puis, en 1969, elle l’a déménagé à Ahuntsic, dans l’édifice qui abritait le collège Saint-Ignace depuis 1962 : la Maison Saint-Joseph-du-Sault-au-Récollet, à l’angle de Henri-Bourassa et Papineau.

« Avec la Révolution tranquille et le changement du système d’éducation au Québec, les frères ont cessé leurs activités. Toutefois, des enseignants religieux et laïcs en poste sur place ont choisi de poursuivre l’œuvre de la congrégation », dit Danièle Bélanger, directrice de la fondation du collège et de l’Association des anciens de Mont-Saint-Louis, en entrevue avec le Journal des voisins (JDV).

MSL a survécu notamment au rapport Parent, qui proposait un ministère de l’Éducation, la fin des collèges classiques ainsi que la création des cégeps et des établissements d’enseignement public gratuits, laïcs et accessibles à tous.

Les Frères des écoles chrétiennes refusèrent la réforme, qui instaurait cinq années d’études secondaires, leur cours s’étalant sur huit ans. Ils vendirent alors l’immeuble de la rue Sherbrooke, fondèrent une coopérative de parents, puis achetèrent le collège Saint-Ignace, où des religieux résidaient encore, au sixième étage, dans les années 70. Le Mont-Saint-Louis s’est alors surtout astreint à offrir un enseignement rigoureux.

Précisions du Collège Mont-Saint-Louis

Confrontés à la réforme du système scolaire québécois, l’administration de l’époque a choisi de se retirer, permettant au cégep du Vieux Montréal d’accéder à l’immeuble de la rue Sherbrooke. Une association coopérative, mise sur pied notamment par des parents, a alors pris le relais et acquis le Collège Saint-Ignace. Le Mont-Saint-Louis a ainsi poursuivi ses activités sur le boulevard Henri-Bourassa, sous une nouvelle administration constituée en association coopérative. Danièle Bélanger, directrice de la fondation du collège et de l’Association des anciens de Mont-Saint-Louis.

Transmission

Un autre signe de continuité ? L’héritage vivant des élèves : certains, des 1500 à 2000 qui y sont inscrits, parlent avec fierté de leurs parents et grands-parents qui ont également fait leur secondaire au Mont-Saint-Louis.

« Le meilleur exemple est celui de Serge Bouchard, un de nos superbes anciens », souligne Mme Bélanger. « La fille de M. Bouchard, Lou, a étudié au collège Mont-Saint-Louis, tout comme son paternel », écrivait en 2022 le journaliste Stéphane Desjardins dans les colonnes du JDV à propos du cabaret littéraire organisé en hommage à l’auteur et anthropologue. La transmission de génération en génération se perpétuait. Serge Bouchard loue lui-même la capacité de MSL à offrir des chances à ceux qui auraient peut-être connu un tout autre sort.

En 2017, dans une entrevue publiée dans le magazine L’inconvénient, M. Bouchard racontait à l’animateur de radio Jean-Philippe Pleau son trajet quotidien d’adolescent. Chaque matin, il prenait l’autobus beige pour rejoindre le collège Mont-Saint-Louis, au centre-ville, sur la rue Sherbrooke. Il descendait au terminus Georges-V, démoli dans les années 1990. « Quand on arrivait là, on venait de franchir un long tunnel, depuis le boutte de l’île : le tunnel de la pauvreté. »

Ouverture et influence

Cette main tendue à tous, c’est une autre spécificité du Mont-Saint-Louis. Elle se perpétue après la fondation de l’établissement scolaire. « Lorsque le Mont-Saint-Louis se trouvait sur la rue Sherbrooke, il offrait des bourses. Rapidement, des enfants de toutes sortes de quartiers se retrouvaient là. Beaucoup étaient issus de milieux ouvriers, même si c’était un établissement privé », mentionne Mme Bélanger.

En faisant appel notamment aux anciens, le collège continue à proposer de l’aide à des élèves qui seraient sans doute obligés de quitter cette école. « La fondation travaille avec les parents, avec les fournisseurs et partenaires d’affaires du collège, mais aussi avec les anciens qui choisissent d’être donateurs », confirme la directrice de la fondation.

Ceux qui sont passés par Mont-Saint-Louis sont nombreux et marquants dans divers domaines. Par le passé, l’établissement a accueilli des figures telles Émile Nelligan, Ernest Cormier, Jean-Paul Lemieux, Jean-Paul Riopelle et René Lecavalier. Des personnalités contemporaines, comme Gilles Duceppe, Julie Payette, Yannick Nézet-Séguin, Stéphanie Grammond – première femme à occuper le poste d’éditorialiste en chef à La Presse – et l’écrivain Alain Farah sont aussi passées par MSL.

Cette courte liste illustre, au-delà du seul milieu scolaire, l’influence du collège. Il a établi un panthéon et la distinction « Personnalité MSL » pour honorer les anciens qui se sont fait remarquer dans la société québécoise. Institution majeure du nord de Montréal, le Mont-Saint-Louis s’inscrit dans l’histoire d’Ahuntsic, dont il a contribué à façonner la réputation éducative.

Histoire de bâtiments

Le collège Mont-Saint-Louis occupe la Maison Saint-Joseph-du-Sault-au-Récollet. Elle a été érigée dans le style néoclassique en 1852, et servait aux jésuites de noviciat et de lieu de formation.

L’édifice a été classé patrimonial en 1979 et témoigne de l’histoire religieuse, éducative et architecturale d’Ahuntsic-Cartierville. Au fil des années, des constructions modernes ont été ajoutées au bâtiment ancien.

Le collège Mont-Saint-Louis, sur la rue Sherbrooke, a été construit en 1887-1888 par l’architecte Jean-Zéphirin Resther dans le genre Second Empire. Il fut agrandi entre 1904 et 1908, surélevé en 1909, puis étendu en 1949.

 

Cet article a été publié dans la version papier du JDV d’avril 2026.

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