Nul ne peut sous-estimer la portée des efforts de la multitude des intervenants administratifs et communautaires qui veillent au bon accueil et à la bonne intégration des « nouveaux arrivants ». Cependant, ces derniers ne semblent pas bien connaître l’offre de services qui leur sont consacrés. Ils s’y perdent un peu…paraît-il.

Nous avons voulu sonder l’opinion de certains de ces organismes communautaires concernant la nouvelle solution numérique «Montréal, nouveau départ »  conçue par la Ville de Montréal pour :

« répondre, de façon personnalisée, aux besoins quant aux premières démarches d’installation et de recherche d’emploi ainsi qu’à l’apprentissage du français des nouveaux arrivants dans leur quartier », lit-on dans le communiqué publié à l’occasion.

Et, à notre grand étonnement, nous avons constaté que beaucoup d’organismes communautaires locaux n’ont aucune idée de la chose; quelques uns qui ont eu vent de cette nouvelle initiative nous ont signifié qu’ils n’ont pas encore eu le temps de se faire une tête sur l’utilité et l’efficacité ce nouvel outil.

Faut-il en déduire que nos intervenants institutionnels et communautaires travaillent en vase clos, chacun « se débrouille » dans son petit coin, tellement pris par ses soucis « personnels » et donc n’ayant presque pas d’ouvertures dans son agenda surchargé lui permettant de jeter un coup d’œil sur ce que font les collègues ?

En tout cas, notre étonnement est surtout dû au fait que ladite nouveauté numérique a été annoncée lors du Salon de l’immigration et de l’intégration au Québec qui s’est tenu les 31 mai, 1er juin derniers, qui, en principe, devait être un lieu de rencontres et d’échanges des nouvelles entre les différents intervenants dans le domaine.

Trop, c’est comme pas assez !

Aussi, l’annonce du projet numérique « Montréal, nouveau départ » a été l’occasion de pointer les limites de l’action administrative et communautaire visant le bon accueil des « nouveaux arrivants » et notamment, la méconnaissance de l’offre de services existante de la part des premiers intéressés : les immigrants.

C’est d’ailleurs ce qu’a révélé le sondage préparatoire à la mise en place de la nouvelle plateforme Web et qui a été réalisé par Immigrant Québec (l’organisateur dudit Salon) et l’Institut de recherche sur l’intégration professionnelle des immigrants auprès de 1 522 nouveaux arrivants. Objectif : « vérifier la pertinence des ressources existantes et des canaux de communication ». Ce sondage effectué en hiver 2017 a aussi révélé qu’il y a « inadéquation de cette offre de service avec les besoins des résidents temporaires pourtant en nombre grandissant à Montréal ».

« Les répondants ayant un statut de résident temporaire, et malgré le fait que près de 60 % d’entre eux souhaitent demeurer à Montréal plus de 5 ans, n’ont pas accès aux mêmes informations et services que les résidents permanents», constate cette étude.

Signalons que Montréal a accueilli, en 2015, 35 000 nouveaux résidents permanents et près de 68 000 immigrants avec un statut temporaire, soit 73 % des immigrants qui s’installent au Québec.

De toute évidence, il y a besoin d’explorer d’autres pistes de solutions (pas seulement numériques) pour rendre plus fluides les voies de l’intégration des immigrants. La Ville de Montréal se montre consciente de ce besoin en décidant, il y a environ un an, de mettre en place le Bureau d’intégration des nouveaux arrivants à Montréal (BINAM) avec comme mandat de « mobiliser et de concerter l’ensemble des acteurs du territoire soucieux de l’accueil et de l’intégration des nouveaux arrivants ».

On espère donc que le premier bilan d’action de cette nouvelle structure administrative nous convaincra que notre étonnement désabusé n’aurait plus raison d’être. À suivre…

 

 

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