Alors que les partis d’opposition jonglent avec l’idée de fusionner afin d’avoir une force de frappe face à l’équipe au pouvoir du maire Denis Coderre, nos élus locaux dans l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville sont en mode « attente »; ils prendront, pour la plupart, quelques mois  de plus pour réfléchir avant de trancher, à savoir s’ils solliciteront un autre mandat.

En fait, pour l’élection, dans moins d’un an, au début de novembre, il faudra surtout surveiller ce que feront trois politiciens d’Ahuntsic-Cartierville, soit le maire Pierre Gagnier (une retraite?), Émilie Thuillier (candidate à la mairie de l’arrondissement?) et Lorraine Pagé (avec une nouvelle formation?).

Pierre Gagnier, maire

conseil-015b-gagnierIl ne serait pas surprenant de voir le maire de l’arrondissement tirer  sa révérence. M. Gagnier, qui a collectionné les partis politiques depuis ses débuts en politique (il a notamment été dans la formation de l’ex-maire Jean Drapeau) avait quitté Projet Montréal en 2010 pour devenir indépendant; il devait rallier deux ans et demi plus tard le clan Coderre, au grand dam de son chef de l’époque, Richard Bergeron.

Pierre Gagnier n’a pas encore rendu publique sa décision mais plusieurs croient qu’il pourrait quitter avec le sentiment du devoir accompli.

Au plan local, il a toujours martelé qu’il ne fallait pas imposer une taxe locale aux propriétaires et il a tenu parole. « Pour une septième année consécutive, avait mentionné M. Gagnier récemment, l’arrondissement réussit l’exploit de ne pas imposer une taxe locale aux résidants tout en maintenant le niveau de taxation en-dessous du niveau de l’inflation des dernières années », a-t-il ajouté.

Mais la réputation de Pierre Gagnier a aussi été écorchée pour des raisons éthiques. En 2014, il avait sollicité des dons politiques à des entrepreneurs immobiliers, la famille Musto, déjà bien en selle pour développer un immense terrain stratégique entre la prison de Bordeaux et l’ancien Loblaws du boulevard Henri-Bourassa ouest. Les montants étaient minimes mais cela s’est fait alors que l’administration municipale se penchait sur de nouvelles règles sur le plan urbanistique touchant le projet Musto justement, projet dénoncé par de nombreux résidants d’Ahuntsic Ouest, notamment le regroupement «Stop la démesure!» pour cause de développement trop accentué «en hauteur».

Pierre Desrochers

Le conseiller de ville du district Saint-Sulpice et président du comité exécutif, Pierre Desrochers, nous avait confié lors d’une longue entrevue le printemps dernier qu’il comptait fort bien solliciter un nouveau mandat.

Celui qui l’avait emporté de justesse dans son district de Saint-Sulpice (Ahuntsic-sud) fait un travail de titan sur le plan financier. Travaillant dans l’ombre de l’omniprésent maire Denis Coderre, M. Desrochers navigue avec succès pour maintenir des hausses du compte de taxes «raisonnables», avec un taux moyen ne dépassant pas l’indice des prix à la consommation.

Sur le plan local, à l’heure du «vivre ensemble», Pierre Desrochers avait plaidé pour que l’arrondissement permette à des musulmans d’avoir leur lieu de prière sur la rue Legendre, en favorisant un changement d’usage d’un bâtiment. Mais les gens du secteur en ont décidé autrement lors de la tenue d’un référendum local.

Chose certaine, cet homme discret qui a accepté de faire de la politique pour les bonnes raisons (après une série de scandales à Montréal notamment) semble bien aimer son emploi.

Harout Chitilian

Ahuntsic-Cartierville est aussi choyé à l’Hôtel de ville en pouvant compter sur un autre élu ayant une fonction importante.

Harout Chitilian est conseiller dans Bordeaux-Cartierville et  l’un des vice-présidents du comité exécutif de la ville et aussi responsable notamment de l’implantation des nouvelles technologiques à l’heure des villes intelligentes. Un gros défi, qui l’intéresse au plus haut point, mais il nous a confié à quel point il aime se battre pour que ses concitoyens aient un quartier revampé. Il a cité de nombreux exemples.

« Je travaille très fort, avec notamment l’acquisition d’un immeuble des Sœurs de la Providence, pour notre future bibliothèque et des espaces pour la vie culturelle et les groupes  communautaires. Il y a aussi toute la revitalisation d’un secteur qui en avait besoin, le boulevard Gouin et les travaux de réaménagement sur Lachapelle et Laurentien », a ajouté l’homme politique.

Mais M. Chitilian n’est pas encore prêt à trancher, préférant peser le pour et le contre d’un autre mandat. Certains résidants aimeraient le voir se présenter à la mairie de l’arrondissement si le maire Gagnier décide de jeter l’éponge.

Lui aussi statuera quelque part au début de 2017.

Émilie Thuillier

L’élue municipale du district Ahuntsic sera sur les rangs une fois de plus mais elle lorgnera peut-être la mairie de l’arrondissement.

« Je suis en réflexion »  nous a dit laconiquement Émilie Thuillier, conseillère de la Ville et aussi leader de l’Opposition officielle à l’hôtel de ville avec Projet Montréal, le premier parti d’opposition.

Déjà, Mme Thuillier avait renoncé à solliciter la direction de son parti. Mais celle qui a été attachée de presse à la naissance du parti de Richard Bergeron (qui vient de joindre l’équipe de Denis Coderre) joue un rôle majeur au sein de la formation d’opposition qui se choisira un nouveau chef au début décembre.

Mme Thuillier est souvent seule sur la ligne de front au conseil d’arrondissement, n’étant pas toujours d’accord avec ses pairs comme dans le dossier du Programme particulier d’urbanisme (PPU) Henri-Bourassa ouest ou les choix budgétaires de l’équipe au pouvoir, souhaitant plus de personnel pour accroitre les services, estimant qu’il ne manque pas d’argent dans les coffres de la ville.

Lorraine Pagé

Élue elle aussi de justesse au sein d’un nouveau parti politique, Vrai changement pour Montréal (incarné par Mélanie Joly, maintenant notre députée au fédéral et ministre), Lorraine Pagé continue elle aussi de jongler avec l’idée de poursuivre ou non la bataille politique.

« Je réfléchis, et j’ai amplement de matière pour alimenter ma réflexion. Je  compte prendre le temps qu’il faut »,  nous a dit celle qui a été de plusieurs gros combats comme leader du premier syndicat d’enseignants au Québec.

Lorsque Mélanie Joly l’a sollicitée pour faire de l’action politique, elle a levé la main (elle voulait faire un seul mandat) et sa notoriété lui a permis de rafler le district du Sault-au-Récollet.

Tout juste après son élection, en 2013, elle nous avait confié qu’elle verrait d’un bon œil un regroupement des forces vives de l’opposition mais la donne a changé.

Nommée à la direction de son parti, elle a pris un certain recul en cours de mandat pour devenir indépendante.

Mais peu importe le parti ou la décision de faire cavalier seule, elle sera certes une élue sortante difficile à battre au prochain scrutin.

(Photos: Philippe Rachiele)

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