L’une des écoles qui était sensée perdre un financement supplémentaire pour les services aux élèves, mais qui, au final, devrait le conserver, selon le nouveau ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. (Photo: jdv P. Rachiele)

Même si le gouvernement a annoncé revoir le dossier des subventions aux écoles de quartier «moins bien nantis», la commissaire scolaire de Cartierville–Ahuntsic-Ouest, Chantal Jorg, demeure aux aguets.

« Notre prochaine réunion des commissaires (de la Commission scolaire de Montréal, CSDM) en janvier permettra de savoir ce qu’il en retourne. Le  gouvernement caquiste (la Coalition avenir Québec) devra nous avoir confirmé les compensations prévues », a indiqué Mme Jorg, relativement aux conséquences de la publication du nouvel indice de «défavorisation» qui se trouve à désavantager notamment le nord-ouest de Montréal, mais aussi à «favoriser» d’autres écoles.

Tout récemment, le gouvernement de François Legault s’est engagé à ne pas pénaliser financièrement des écoles (dont celles de Montréal) dont l’indice de «défavorisation» s’est amélioré pour bon nombre de familles.

En gros, un financement additionnel est accordé aux écoles qui sont situées dans des zones jugées «défavorisées» en fonction de l’indice du milieu socio-économique, afin de fournir des services supplémentaires aux élèves.

Mais pour suivre les règles, si la situation financière d’un secteur ou quartier est meilleure, avec le temps, le financement est absent ou moindre, en tenant compte de l’indice.

Toutefois, deux semaines après la publication de nouveaux résultats, Québec a donné des garanties.

« On déposera évidemment des plans, des projets pour protéger les services aux élèves. On ne coupe pas, nous, dans les services aux élèves », a tonné le nouveau ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

A Montréal, en théorie, la publication de nouveaux résultats de l’indice signifiait une perte de trois millions $, dont le sixième de cette somme dans Ahuntsic (du moins tout ce qui est à l’ouest de la rue St-Hubert selon le découpage de la carte électorale scolaire de la CSDM), Bordeaux, et Cartierville. Même l’école secondaire Sophie-Barat dans le district scolaire voisin est touchée, y compris par extension son annexe qui se retrouve dans le secteur de Mme Jorg (autrefois l’École de Psycho-éducation de l’Université de Montréal et à l’origine l’école secondaire Mgr Georges-Gauthier).

Les sommes en aide réparties par écoles permettent notamment d’acheter du lait pour les élèves ou d’engager des orthophonistes ou d’autres personnes spécialisées en milieu scolaire, comme l’aide au devoir.

La CSDM disait craindre pour les écoles touchées et plaidait pour du financement «exceptionnel» dans le cadre d’une transition alors que des écoles, une dizaine dit-on, changeraient de catégories (deviendrait «défavorisées») et auraient obtenu des fonds supplémentaires en conséquence.

Critères contestés

Pour faire son palmarès, le ministère de l’Éducation a développé l’indice de milieu socio-économique connu sous le nom de «IMSE». On prend en considération divers critères dont la scolarité de la mère et ce que font les parents sur le marché du travail, à partir des données fédérales de recensement.

La commissaire Chantal Jorg s’interroge concernant l’un des indices retenus.

« Les mères, notamment celles venant de pays étrangers, peuvent avoir un diplôme, mais souvent ce diplôme n’est pas reconnu ou sinon ces mamans ne travaillent pas », a-t-elle indiqué au jdv. Plusieurs travaillent mais souvent à temps partiel.

Dans le nord-ouest de la ville, avec les nouvelles données, des écoles auraient perdu des sommes importantes pouvant servir à l’achat de nourriture ou l’embauche de spécialistes en aide aux étudiants.

« L’école Alice-Parizeau aurait perdu 71,051$, François-de-Laval 94 269$, Louisbourg 139 900 $, St-Benoit 108 588, Ste-Odile 43 375$ et Saint-Simon-Apôtre 42 061$ »  a précisé Mme Jorg.

Cela représente une somme d’un demi-million de dollars.

Mme Jorg souhaite que la situation revienne à la normale pour la prochaine année de référence alors que les besoins sont criants pour les élèves des écoles.

Dans un autre créneau, elle se réjouit toutefois que les projets d’ajouts de classes proposées se concrétisent ou vont se concrétiser. Il reste dans le collimateur à œuvrer pour une école primaire dans la cour de l’école secondaire Marie-Anne (fort bien localisée avec le métro Sauvé tout près), La Dauversière et Évangéline (secondaires) et St-Simon-Apôtre (primaire), éventuellement.

 



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