Une discussion a eu lieu sur les médias sociaux entre des résidants d’Ahuntsic, il y a quelques semaines, au sujet d’une ruelle située derrière la rue Clark, entre les rues Prieur et Mongeau. Le JDV a obtenu des réponses aux questions posées par les résidants, et certaines seront peut-être surprenantes.Â
L’entièreté de la ruelle, qui donne derrière les bâtiments de la rue Clark et du boulevard Saint-Laurent, appartient à la compagnie Prestigium, une entreprise spécialisée en construction et en rénovation. Les locaux de Prestigium, sur le boulevard Saint-Laurent, donnent d’ailleurs sur la ruelle.Â
De nombreuses ruelles, dont celle-ci, n’appartiennent plus à la Ville de Montréal. Dans le cas qui nous occupe, Prestigium en a fait l’acquisition pour une somme de 3 000 $ en 2019. La voie appartenait auparavant à la Société immobilière Dagobert.Â
Cependant, le propriétaire a stationné une imposante roulotte à l’extrémité de la ruelle qui donne sur la rue Mongeau, empêchant les gens d’y circuler. Lorsqu’un arbre est tombé à l’autre extrémité le 22 juin dernier, les résidants ne pouvaient plus sortir leur voiture de la ruelle… L’arrondissement a cependant confirmé au JDV que rien n’oblige le propriétaire à garantir un droit de circulation.Â
« Comme il s’agit d’un terrain privé, cette notion de droit est de nature civile et ne relève pas de la réglementation municipale », explique Michèle Blais, chargée de communication pour l’arrondissement.Â

L’arbre a été retiré peu de temps après, mais la roulotte continue de bloquer l’autre extrémité de la ruelle. Le propriétaire de la compagnie Prestigium, Brian Boulton, soutient qu’il a de très bonnes raisons de placer son véhicule ainsi. Il a également confirmé que la ruelle serait bloquée de cette manière en permanence.Â
« Il y avait beaucoup de va-et-vient rapide dans la ruelle auparavant, dit-il. Des voitures et des remorques circulaient, notamment pour se rendre à l’Atelier Jean Guglia & Fils. L’impasse ralentit le trafic et la rend beaucoup plus sécuritaire pour les enfants. »Â

Selon M. Boulton, le principal inconvénient est le fait que les piétons doivent faire un détour par la rue Prieur s’ils veulent marcher en direction sud.Â
La Ville de Montréal a aussi confirmé que le propriétaire d’une ruelle privée n’avait pas à garantir l’accès aux services d’urgence.Â
« Lors de ses interventions, le Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) utilise les voies publiques dont l’accès est identifié par un panneau de signalisation à l’attention des services d’urgence. Ainsi, une ruelle non identifiée à cet effet n’a pas l’obligation de répondre aux standards édictés au niveau des mesures et de l’entretien des voies devant garantir l’accès aux bâtiments », mentionne Mélanie Gagné, chargée de communication pour la Ville de Montréal.Â
Une ruelle verte?Â
L’an dernier, Andrew Demers-Neuwirth, un résidant du secteur, avait soulevé l’idée d’établir une ruelle verte dans cet espace. Cependant, l’arrondissement a répondu à M. Demers-Neuwirth que, étant privée, elle n’était pas admissible au projet chapeauté par l’organisme Ville en vert.Â
Le propriétaire de la compagnie qui possède la ruelle, Brian Boulton, a tout de même l’intention de contribuer à un éventuel aménagement.Â
« Si des gens veulent s’impliquer et faire des projets pour la ruelle, je suis ouvert à tout cela. J’ai deux jeunes enfants… C’est important pour moi que ça soit un espace sécuritaire et, dans le futur, je vois la ruelle comme étant un très bel endroit pour tout le monde. »
Un avenir prometteur est-il en train de se dessiner pour cette ruelle? C’est à suivre!










