La situation demeure tendue au CHSLD Notre-Dame-de-la-Merci (face à la prison de Bordeaux) avec une hausse du nombre de victimes et de cas de patients et d’employés atteints de la COVID-19 : sept décès confirmés et 24 résidants déclarés positifs en ce mardi 31 mars (fin de journée).
En fin de semaine, on comptait deux victimes et une vingtaine de cas, mais la situation a changé rapidement.
«Dès qu’un usager est déclaré positif, il est placé en isolement. De plus, toutes les mesures nécessaires sont mises en place afin d’éviter la propagation du virus, notamment auprès du personnel soignant et des autres patients», a tenu à dire Émilie Jacob, du bureau des relations médias et des affaires publiques du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Nord-de-l’ÃŽle-de-Montréal (NIM).
Communications avec les familles?
Les gens ayant un membre de leur famille au CHSLD sont pour le moins inquiets, alors que la communication est difficile pour joindre leurs parents, vu que les CHSLD et hôpitaux interdisent toutes les visites ou presque.
Mais une équipe a été constituée au Centre d’hébergement Norte-Dame-de-la-Merci afin de rendre possible les communications entre patients et leurs familles, a appris journaldesvoisins.com.
Des employés de l’établissement font ce genre de travail, a confirmé le CIUSSS du Nord-de-l’île-de-Montréal.
« Quatre travailleurs sociaux ont le mandat d’appeler le répondant du bénéficiaire. Ils le font régulièrement. On utilise des téléphones cellulaires, mais faut comprendre qu’il faut prendre toutes les précautions nécessaires comme désinfecter les appareils », a précisé Émilie Jacob.
Il faut noter que seul le répondant est contacté et c’est à lui de refiler les informations aux proches ou autres membres de la famille.
«  Pour avoir des nouvelles de leurs aînés, le moyen le plus efficace pour les membres de la famille est donc de contacter ce répondant. Pour les résidents qui n’ont pas de téléphone dans leur chambre, nous disposons de plusieurs appareils cellulaires afin de permettre des appels entre famille et résidents. Là encore, nous conseillons vivement aux différents membres de la famille de discuter avec le répondant de leur aîné afin de pouvoir participer à un de ces appels », a averti la porte-parole.
A l’heure de la pandémie de la COVID-19, la situation est difficile non seulement pour le personnel médical sur la ligne de front, mais aussi pour les bénéficiaires et leurs familles.
Un appel est lancé pour tenter de calmer le jeu malgré l’incertitude qui prévaut partout. Bref, que tout le monde fasse montre de compréhension.
« Nous comprenons que la situation actuelle est difficile à vivre pour les membres des familles, comme pour les résidents, affirme Mme Jacob. En temps normal, nous encourageons le plus possible les membres de la parenté des résidents à entrer en contact avec eux régulièrement, qu’ils soient des frères, des sÅ“urs, des enfants, petits-enfants, neveux, nièces, etc. Malheureusement, avec 450 lits à Notre-Dame-de-la-Merci toutes missions confondues, nous ne sommes pas en mesure de gérer le volume d’appels quotidiens que nous recevons pour l’ensemble des résidents. Donc oui, il est possible que certains membres de la famille trouvent de la difficulté à avoir une réponse lorsqu’ils appellent au CHSLD. »
On rappelle aussi que les cas confirmés de la COVID-19 sont tous installés dans des zones dédiées à accès restreint et le personnel qui y travaille observe des règles strictes de prévention et de contrôle des infections.
Appels de détresse
Au cours des derniers jours, journaldesvoisins.com a reçu plusieurs messages et appels de personnes déplorant l’impossibilité de joindre les patients demeurant au centre qui compte environ 450 lits.
« Ça fait trois fois que je laisse des messages en deux semaines au 3ième nord du Centre d’hébergement Norte-Dame-de-la-Merci et on ne m’a jamais rappelé, a indiqué une lectrice du journal. J’essaye d’avoir des nouvelles de ma tante avec qui je suis très proche et je suis très inquiète pour elle. Elle n’est pas jeune et doit être très inquiète elle-même! Je ne comprends pas comment ça peut être permis que les patients n’aient aucun accès à un téléphone pour pouvoir communiquer avec leur famille régulièrement surtout qu’ils sont en isolation. C’est incroyablement triste, ça affecte la famille énormément. C’est inacceptable, ce n’est pas humain!! » a-t-elle déclaré.
Or, il semble bien que du travail soit fait, mais le processus est long, sauf qu’il y a appel pour le répondant seulement, compte tenu de la forte demande.
Aussi, nous avons reçu des messages d’une personne qui, en anglais, a déploré vivement avoir été tenu longtemps dans le néant alors que son père est mort des suites des complications dues au coronavirus.
« Mon père est mort le 29 mars (dimanche). J’ai été tenu dans le noir sur sa condition de santé jusqu’au 27 (vendredi). C’est vraiment inacceptable. On m’a volé les derniers moments de sa vie sur cette planète, a-t-il déploré. Personne de la résidence ne m’a contacté pour offrir de l’aide ou de la lumière sur les procédures à suivre pour les arrangements de mon père, après le décès. La semaine de la fermeture aux visiteurs, nous avons tenté plusieurs fois de le rejoindre et nous obtenions toujours diverses excuses et aussi pas de retour d’appel. »
Mais à force de persister, la famille a pu lui parler pendant quelques minutes.
« Il ne comprenait pas pourquoi il n’avait pas eu de visite, et je pense qu’il sentait avoir été abandonné(…) Il semble avoir été bien quelques jours, mais le lundi suivant l’interdiction de visite, la famille apprenait qu’il était atteint du virus. Mais pas moyen de le voir en attendant les autorisations des autorités sanitaires, a signalé le membre de la famille. Deux jours plus tard on apprenait que l’on pouvait le visiter compte tenu de sa condition. Il était mourant et tout a été fait pour qu’il soit confortable dans les derniers moments de sa vie. ».
On ignore pour l’instant comment a dû se produire la transmission du virus.
«  Aucun membre de la famille n’était malade et la dernière personne qui a visité mon père le jour avant les restrictions d’entrée au CHSLD a été testé négatif. Mon père a probablement été infecté dans l’établissement. Il est impératif que quiconque travaillant ou entrant dans ce lieu respectent les règles de sécurité et soit testé », a dit le membre de la famille.
La direction du CIUSSS rappelle une fois de plus qu’il y a de nombreuses mesures afin d’éviter toute contamination supplémentaire.
« À Notre-Dame-de-la-Merci, a poursuivi la porte-parole  du CIUSSS, comme dans toutes nos installations, nous suivons scrupuleusement les directives émises par l’INSPQ.
Malgré plusieurs tentatives, il n’a pas été possible pour journaldesvoisins.com de parler directement à la directrice du CHSLD, Sarah Boily.
Danger: infirmières enceintes
Par ailleurs, La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) A confirmé la conclusion d’une entente de six mois avec le gouvernement du Québec.
« Les gestes parlent plus que les mots. Le gouvernement s’est engagé formellement à ce que les femmes enceintes ne travaillent plus dans les milieux de soins et que toutes les normes concernant l’utilisation de l’équipement de protection individuelle soient respectées », a déclaré la présidente de la FIQ, Nancy Bédard.
De plus, les uniformes seront fournis et entretenus par l’employeur dans les secteurs prioritaires, dont ceux de l’urgence et autres départements, de même que dans les CHSLD où il y a un foyer d’infection du coronavirus.
Des employées enceintes avertissent leur syndicat, dont la FIQ, qu’elles sont inquiètes en raison de la crise du coronavirus.
La FIQ doit retourner à la table de négociation pour poursuivre les négociations sur une rémunération additionnelle pour toutes les professionnelles en soins.
On veut ainsi avoir plus d’argent «pour compenser le stress et les risques potentiels découlant du virus», a soutenu la FIQ.
Le CIUSSS du nord de la ville a tenu à rassurer ces travailleuses du réseau de la santé.
« Notez que des directives sont mises en place pour la prise en charge des femmes enceintes et des nouveaux-nés dans le contexte de la COVID-19.   Les  travailleuses enceintes peuvent se prévaloir d’une affectation préventive en regard du programme Pour une maternité sans danger. Des recommandations ont été adaptées pour la COVID-19. »
Enfin, pour celles qui vivent de l’anxiété par rapport à la pandémie actuelle, peu importe leur situation, elles sont invitées, a conclu le CIUSSS, à en discuter avec leur gestionnaire ou encore à téléphoner à la ligne 1 877 644-4545.










