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Avec le programme Uniterra

Deux résidants d’Ahuntsic-Cartierville transportent leur savoir au Vietnam

Publié le 02/08/2019
par Joran Collet

Patrick Carle et Catherine Guillot, deux résidants d’Ahuntsic-Cartierville, qui ont mis leur quotidien sur pause pour aller partager leur savoir-faire au Vietnam (Photo: courtoisie)

Arrêter son quotidien pour devenir bénévole à l’autre bout du monde, c’est le choix qu’ont fait deux résidants d’Ahuntsic-Cartierville. Depuis janvier, ils exportent leur savoir au Vietnam, un projet d’un an qu’ils préparent depuis longtemps et qu’ils ne regrettent pas.

Catherine Guillot et son conjoint, Patrick Carle, ont fait le choix, pour l’année 2019, de mettre leur vie sur pause et de partir, grâce au programme Uniterra, à plusieurs milliers de kilomètres de leur demeure  pour transmettre leur connaissance au Vietnam. Fort de plus de 20 ans d’expérience dans le milieu des affaires, les deux professionnels réalisent là le rêve d’une vie.

Le rêve d’une vie

Catherine Guillot avait déjà participé à plusieurs voyages similaires dans le passé. Enseignante au Collège Ahuntsic, elle chérissait depuis un moment, l’idée de partir travailler à l’étranger  avec son conjoint. Elle avait notamment réfléchi à la possibilité de travailler au sein de l’ambassade canadienne au Mexique, mais le projet ne s’est pas réalisé.

Il y a deux ans, un événement personnel vient chambouler leur vie et le couple ensemble depuis près de 20 ans décide que c’est le moment de bouger.

Si Mme Guillot avait déjà participé à différents programmes de ce genre, ce n’était pas le cas de son conjoint. Ce dernier décide de faire un premier voyage de trois mois en Mongolie et quelques séjours plus courts, notamment au Bénin.

Ces expériences étant des succès, ils décident de faire le saut pour une expérience plus longue ensemble.

Plusieurs destinations sont disponibles, et après réflexion, l’Asie du Sud-Est se pose alors comme un choix intéressant pour les deux bénévoles. Mais comme pour un emploi normal, il fallait attendre que deux postes soient disponibles dans les pays qu’ils avaient choisis. Le jour fatidique,  ils décident de postuler et leurs candidatures sont retenues. Ils font donc leurs valises pour partir un an au Vietnam.

Formations et partage

Uniterra offre à de nombreuses personnes de 18 à 70 ans de se rendre dans plusieurs destinations à travers le monde dans le but de contribuer au travail de différents partenaires présents dans 14 pays. Chaque année, ils seraient près de 600 bénévoles à s’envoler un peu partout sur la planète pour partager leurs connaissances et leur savoir-faire.

Sur place, Catherine Guillot,  diplômée au baccalauréat en administration et titulaire d’une maîtrise en administration publique dede l’École nationale d’administration publique du Québec (ÉNAP), travaille notamment à la planification stratégique au sein d’une agence de voyages qui contribue au développement des communautés éloignées grâce au tourisme. Elle a aussi travaillé à la formation de dirigeants d’entreprises, en plus de donner régulièrement de nombreuses séances de formation.

Patrick, quant à lui, aussi titulaire d’un baccalauréat en administration du même établissement universitaire, est détenteur d’un MBA des HEC, vient en aide aux femmes entrepreneures et les accompagne dans la gestion de leur entreprise. De la planification stratégique à la levée de fonds, il s’assure qu’elles disposent de tous les outils en main pour réussir. Une tâche importante dans certains pays en développement où les femmes, même si elles ont plus de succès en affaires, doivent surmonter plus de défis dans leur travail.

Leurs activités professionnelles sont aussi entrecoupées de voyages entre Hanoi et Saïgon alors qu’ils vont y donner des conférences. Une expérience qu’ils font ensemble puisque, comme le souligne Mme Guillot, leurs formations sont «complémentaires».

La bénévole reconnaît que l’idée de volontariat à l’autre bout du monde peut paraître intimidante. Mais selon elle, les compétences professionnelles ne sont qu’un élément  de la réussite d’une telle expérience.

«On s’inquiète du niveau de nos compétences professionnelles (hard skills). Alors que l’enjeu se situe plutôt au niveau des soft skills : capacité d’adaptation, curiosité à découvrir l’Autre, capacité à transmettre ses connaissances/expertise, capacité à accepter le rythme dicté par notre partenaire étranger, capacité à lâcher prise, capacité à vivre dans des conditions parfois plus difficiles qu’au Canada (température, nourriture…)», note-t-elle.

La bénévole souligne aussi que l’objectif est de conseiller les partenaires, il ne s’agit pas de diriger, mais de partager des manières de faire, des méthodes ou de suggérer des habitudes professionnelles.

De plus, ce n’est pas le travail ni les besoins qui manquent.

« Ils ont vraiment besoin de personnes compétentes », souligne-t-elle.

Si toutes les expériences ne sont pas des succès, pour sa part, Catherine Guillot considère leur intégration dans la culture vietnamienne comme un succès, même si la course à pied  qu’elle pratiquait assidûment à Montréal est plus difficile au Vietnam à cause de la pollution.

Retour en décembre

Le retour au pays est prévu pour décembre 2019. Mme Guillot ignore encore s’ils reviendront pour un second mandat.

Dans l’absolus, elle rappelle qu’ils ont simplement mis sur pause leur vie canadienne. Si elle a pu entreprendre cette aventure, c’est avant tout grâce à un congé prolongé au Collège Ahuntsic. Avant de planifier une nouvelle année, elle devra reprendre ses activités normales au sein du Collège.Le couple a d’ailleurs encore son logis dans Ahuntsic-Cartierville, qu’ils louent à une famille venue d’Inde le temps de leur séjour en Asie.

Catherine Guillot ne ferme pas la porte à un retour «d’ici trois à cinq ans», souligne-t-elle. En attendant, il faudra aussi attendre de voir si le programme Uniterra sera prolongé après le mois de mars.