
« Si l’on doute de la solidité de la glace, on n’y va pas ! »
Celui qui s’exprime ainsi sait de quoi il parle. Claude Montpetit est chef aux opérations pour le groupe de sauvetage nautique et glace au Service des incendies de Montréal. « Au pied du pont Viau comme aux autres ponts, c’est souvent un goulot d’étranglement pour la rivière, alors que le courant s’accélère et rend la glace plus mince, donc plus dangereuse », ajoute Claude Montpetit.
À l’occasion des pratiques du groupe de sauvetage nautique du Service des incendies, des citoyens viennent parfois observer leurs manœuvres. C’est l’occasion pour le groupe de sauvetage de leur parler des dangers que la glace représente . « Nous leur rappelons qu’avant de s’aventurer sur la glace, il est important de connaitre les mesures de sécurité », ajoute-t-il.
Bien des citadins ne vivant pas à proximité de la rivière ne connaissent pas nécessairement les dangers qu’ils encourent s’ils décident de s’y aventurer, notamment l’hiver. Claude Montpetit souligne que certains riverains sont plus téméraires que d’autres, croyant connaître tous les dangers et, par conséquent, ne prennent pas toujours les précautions nécessaires. « Ça peut tourner mal vite ! Pourquoi aller marcher sur l’eau ? », questionne-t-il. Il peut comprendre que les pêcheurs s’y rendent, mais pour la plupart des autres citoyens, c’est mieux d’utiliser des endroits plus sécuritaires comme les parcs.
À titre d’exemple, Claude Montpetit souligne qu’Hydro-Québec pourrait ouvrir les vannes du barrage de la centrale à l’est d’Ahuntsic. «Il pourrait alors y avoir de l’air sous la glace de la rivière la rendant encore plus dangereuse sans que l’on ne s’en rende compte», insiste-t-il.

Autosauvetage 1-10-1
Si vous voyez quelqu’un tomber à l’eau, il ne faut pas s’approcher pour éviter d’augmenter le nombre de personnes à secourir, ajoute le chef de l’équipe de sauvetage nautique. Monsieur Montpetit, précisant qu’il faut appeler immédiatement le 911, même si c’est quelquefois plus compliqué. Souvent il n’y a pas d’adresses visibles de la rive pour guider les secours. «En même temps, encouragez la personne à faire son propre autosauvetage », fait-il valoir. Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage, abonde dans le même sens.
La première minute à l’eau, la personne sera probablement surprise et ses muscles seront tétanisés. Si vous êtes témoin d’une situation semblable, encouragez-la à garder son calme. Elle aura ensuite une dizaine de minutes de force et de préhension pour se sortir de l’eau. Toujours si vous êtes témoin, il ne faut jamais aller à l’eau. Si possible, essayez de lui envoyer des objets flottants ou une corde, à partir de la rive, mentionne Claude Montpetit.
« Encouragez la personne à revenir vers la glace plus solide qu’elle vient de quitter », ajoute Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage. «Il faut que la personne tente de briser la glace mince avec ses poings jusqu’à ce qu’elle retrouve de la glace assez solide pour sortir le haut du corps sur la glace en battant des pieds comme pour nager », précise Raynald Hawkins. Si l’on est témoin et sans se mettre en danger, on peut aider la personne en se couchant sur la glace et en lui tendant une extension de portée, soit un bâton de hockey ou une branche pour l’aider à sortir de l’eau. Par la suite, il recommande de ne pas se lever, mais ramper pour revenir. Il faut ensuite mettre la personne au chaud, car au bout d’une heure elle pourrait être en hypothermie sévère.

Prévention
Bien que les parents aient un rôle à jouer en mesure de prévention, ils n’ont pas nécessairement la connaissance des risques, comme les nouveaux arrivants qui viennent de pays chauds ou d’une autre culture. Pour la prévention, Raynald Hawkins et la Société de sauvetage préconisent plutôt les volets aquatiques du système scolaire (comme à l’école Sophie-Barat). « C’est mieux de passer par le système scolaire comme suggéré par les coroners », déclare-t-il.
Avant de s’aventurer sur la glace de lacs et d’étangs, il faut s’assurer de prendre des mesures appropriées. Il faut 10 centimètres de glace pour bien supporter le poids d’une personne selon ce que la Société de sauvetage rappelle sur son site Web. Raynald Hawkins recommande aussi de prendre des mesures de l’épaisseur de la glace « pas seulement au bord de l’eau », car souvent ce n’est pas la même épaisseur de glace.
Tout comme le titre de la campagne annuelle de prévention de la Société de sauvetage, Reynald Hankins insiste : «Quand c’est incertain, reste loin! »

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