Les panélistes du Rendez-vous citoyens sur la recherche. Photo : Katina Diep / JDV

Le dynamisme de la recherche dans Ahuntsic-Cartierville a réuni un public curieux et admiratif autour de trois panélistes, le 18 mars, au Lounge du 1 Chabanel, à l’occasion du Rendez-vous citoyens.

« Chacun de vos projets semble avoir tellement de valeur ajoutée à plusieurs niveaux pour la condition humaine que j’ai l’impression qu’on est en avant de la Sainte Trinité. »

Cet éloge adressé aux panélistes durant la période des questions du public témoigne de l’intérêt et de l’impact des différents projets que ceux-ci ont approfondi.

Chantal Bernatchez, cofondatrice et vice-présidente d’Iso-Protek, le Dr Lawrence Leroux, anesthésiologiste à l’hôpital du Sacré-Cœur, membre de l’équipe qui travaille sur l’ECMO et Chantale Nunes, professeure de biologie et responsable du projet sur l’aquaponie au collège Bois-de-Boulogne, étaient les invités de Marie-Hélène Paradis.

Rien ne se perd

L’approche économique d’Iso-Protek, les travaux sur l’aquaponie et le projet ECMO font échos à cette paraphrase de la célèbre citation de Lavoisier : rien ne se perd, tout se transforme.

L’entreprise Iso-Protek transforme des tonnes de matériaux en fin de vie qu’elle récupère auprès d’institutions. Elle confectionne divers types d’accessoires, dont des sacs, des boîtes à lunch, de trousses à crayons, entre autres. Cette innovation cousue main tire sa source de son expérience en Afrique, souligne la vice-présidente.

« J’ai tracé 9600 morceaux et découpé 9600 morceaux à la main », souligne-t-elle en référence à la récupération de la toile du stade olympique.

Un travail éprouvant, mais auquel elle prend un réel plaisir. L’entreprise cofondée avec son époux a remporté plus de 35 prix. Adepte de l’économie circulaire, elle rappelle que « le meilleur client de tes déchets, c’est toi-même ».

À travers le projet ECMO mobile, une première en Amérique du Nord, le Dr Lawrence Leroux et son équipe veulent augmenter les chances de survie d’une personne en arrêt cardiaque loin des hôpitaux. Pour ce faire, ils accompagneront les ambulanciers sur les lieux d’un malaise cardiaque, sur l’île de Montréal et à Laval. De plus, advenant qu’une de ces interventions préhospitalières ne soit pas concluante, cette approche maintiendrait en bon état les organes vitaux qui sauveraient des patients en attente d’un don d’organe.

En ce qui concerne la professeure Nunes, elle a pu constater que l’émerveillement sur ses recherches ne se limite pas qu’aux étudiants de son collège. Ces travaux, qui font une symbiose entre l’hydroponie, l’aquaculture et les bactéries, ont enchanté l’assistance. À travers son projet, elle fait l’élevage du tilapia — poisson interdit de vente au Québec — pour, à partir de son eau, cultiver des végétaux, dont la laitue.

Les panélistes répondent aux questions du public. Photo : Katina Diep / JDV

La collaboration pour relever les défis

Le défi pour l’ensemble des panélistes réside à plusieurs niveaux. Cependant, ils militent pour une collaboration, une forme de circuit court, qui concourrait à améliorer la condition de vie de la population.

Partant de là, le collège de Bois-de-Boulogne aimerait à l’avenir collaborer avec les autres départements de recherche (biologie) des établissements collégiaux de l’arrondissement et bien au-delà. Cela permettrait de développer des compétences et « d’augmenter notre résilience alimentaire », mise à mal ces dernières années, estime Chantale Nunes.

Il y a environ 3000 arrêts cardiaques par année à Montréal. La phase expérimentale concernerait 250 personnes candidates pour cette technique à étudier. Le Dr Lawrence Leroux espère que ce programme améliorera davantage la relation de confiance qui se bâtit avec l’équipe préhospitalière. De plus, afin de montrer tous les avantages de leur recherche, une équipe de l’université Laval en économie de la santé sera mise à contribution pour l’aspect économique. L’objectif étant de convaincre le ministère de tutelle et l’hôpital du réel avantage de cette technique d’intervention.

Le coup d’entreposage des matières constitue un casse-tête pour Iso-Protek. Dans un laps de temps, elle a sauvé l’équivalent de 12 000 conteneurs. La main-d’œuvre qualifiée — principalement immigrante — constitue un autre pan des enjeux dû à la conjoncture du PEQ. Tous les acteurs de la société peuvent contribuer à l’élan de l’économie circulaire, résume Chantal Bernatchez.

Ahuntsic-Cartierville n’est pas Silicon Valley, mais de nombreux travaux qui ont un impact sur la condition humaine s’y font.

 



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