Le Grand Harle, dit « bec-scie »

Grand Harle. Photo : Jean Poitras

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C’est le plus grand représentant de la famille des canards qu’on appelait autrefois « becs-scie » à cause des pointes osseuses de leur bec, qui leur permettent de mieux saisir les poissons et crustacés dont ils se nourrissent.

Le corps allongé du Grand Harle (Common Merganser / Mergus merganser) mesure environ 64 cm. Le mâle a une tête vert foncé, un dos noir et gris foncé, des ailes grises, un cou, une poitrine et des flancs blancs.

La femelle nous présente une tête brune avec une nuque hérissée, une gorge blanche, un dos gris foncé, et des flancs d’un gris moucheté. Son bec effilé est orange foncé, tandis que celui du mâle est rouge.

Les juvéniles ressemblent beaucoup à la femelle.

Femelle Grand Harle. Photo : Jean Poitras

Comportement et habitat

Le Grand Harle niche en forêt près d’un plan d’eau douce – lac, rivière ou ruisseau – dont les eaux sont assez calmes et renferment beaucoup de petits poissons. Il niche généralement dans une cavité d’un arbre, parfois un ancien nid de pic. Par contre, en l’absence d’arbre propice, on a déjà vu un nid installé dans une crevasse rocheuse ou même dans un bâtiment abandonné. Le Grand Harle préfère la proximité du plan d’eau choisi, mais le nid pourrait en être éloigné d’une distance allant jusqu’à un kilomètre.

La femelle y pond une dizaine d’œufs, mais il arrive qu’en situation de rareté d’emplacements favorables, deux ou plusieurs femelles pondent dans le même nid ; on appelle cela un « nid de dépôt ».

La couvaison dure une trentaine de jours, et les oisillons quittent le nid peu de temps après l’éclosion du dernier œuf. Ils se lancent en bas du site de nidification, d’où la femelle les dirige vers le plan d’eau où elle s’en occupera pendant quelque temps. On a souvent observé la fusion de deux ou plusieurs couvées.

Alimentation

Le Grand Harle se nourrit en général de petits poissons, mais les insectes d’eau, les crustacés et les grenouilles complètent le menu. Les canetons se nourrissent seuls, tout d’abord d’insectes à la surface de l’eau, puis, progressivement, ils ingèrent de plus en plus de poissons.

Pour attraper ces derniers, le Grand Harle garde la tête sous l’eau et capture sa proie directement ou lors d’une courte poursuite.

Grands Harles à la pêche. Photo : Jean Poitras

Territoire et migration

Ce canard niche sur un territoire compris entre, au nord, la ligne des forêts de Terre-Neuve jusqu’à l’Alaska, et, au sud, d’une ligne qui part de la Virginie et suit la limite nord des grandes plaines jusqu’aux Rocheuses.

En hiver, la majeure partie des individus migre vers le sud des États-Unis, mais un certain nombre d’entre eux passe la saison froide au sud du Québec. Ils reviennent assez tôt vers leurs sites de nidification en mars ou au début d’avril, dès que les eaux libres de glace leur permettent de s’alimenter.

Au Québec, leur aire de nidification couvre les Appalaches, les Laurentides, la Gaspésie, Anticosti, la Côte-Nord, le Saguenay et, avec une densité allant en s’atténuant, jusqu’à la Baie James.

Quelques confirmations de nidification ont été rapportées dans la région de Montréal, bien que le sud de la vallée du Saint-Laurent ne soit pas l’endroit de prédilection pour ces canards. On les a observés à plusieurs reprises au parc-nature de l’Île-de-la-Visitation et à d’autres endroits le long de la rivière des Prairies.

L’espèce est qualifiée, par l’Atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional, de nicheur-migrateur dont les effectifs ainsi que l’aire de répartition sont stables.

Ce texte a été publié dans la version papier du JDV du mois d’avril 2026.

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