C’est au restaurant La Piccola, sur la rue Fleury Est, que la Popote roulante Ahuntsic a soufflé, le 12 mai, ses 55 bougies. Au son de la guitare de l’artiste Selim Bichara, la soirée aux allures de réunion de famille a permis de rappeler un parcours, mais surtout de remercier ceux qui la tiennent à bout de bras.
Parmi eux, Lucille Landry occupe une place à part. Présente dès la création de l’organisme en 1971, elle en a été à la fois l’âme et la cheville ouvrière. Son fils Marc a pris la parole pour raconter ce que peu savent à son sujet.
« En plus d’être présidente, chauffeur ou membre du conseil d’administration, c’est son numéro de téléphone qui a permis aux bénéficiaires ou aux services sociaux de contacter la popote jusqu’en 2024, alors que maman avait 90 ans. »
En mars 2025, l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville l’avait invitée à signer son livre d’or en reconnaissance de son travail de plus d’un demi-siècle au service de sa communauté.

Une équipe au grand cœur
L’organisme compte aujourd’hui 42 bénévoles entre chauffeurs, baladeurs, cuisiniers. Leur âge moyen atteint 85 ans, signe que l’organisme a besoin de relève.
Des petites mains qui font de grandes choses, semaine après semaine. Depuis sa fondation, la Popote a distribué plus de 80 000 repas aux personnes âgées, malades ou à mobilité réduite du quartier.
La soirée a aussi été l’occasion de saluer des bénéficiaires de longue date, dont Aline Sabourin, qui fêtera bientôt ses 101 ans.

Quand la Popote a failli disparaître
En 2017, l’organisme a frôlé la fermeture définitive. Installée depuis plusieurs années au 10000, boulevard Saint-Laurent, dans la résidence pour aînés Les Habitations à Ciel Ouvert, la Popote s’est retrouvée forcée de quitter les lieux. La direction exigeait l’installation d’une hotte industrielle pour se conformer aux normes en vigueur.

« En tout, cela aurait coûté environ 20 000 $, donc c’était trop cher pour nous », avait expliqué au Journal des voisins (JDV), Jean-Claude Létourneau, président de l’organisme à cette époque. Puis, quelques jours avant le départ, les locaux avaient été vandalisés.
« Il y avait de la bière et de l’argent, mais les gens n’ont rien volé, donc c’est carrément du vandalisme », avait déploré Lucille Landry en entrevue avec le JDV.
La Popote a survécu, non sans peine, perdant plus de la moitié de ses bénévoles dans la tourmente.
Cinquante-cinq ans après sa création, la Popote roulante Ahuntsic tient toujours debout, portée par des mains bienveillantes et un attachement vrai à sa mission.












