Parler des Braves d’Ahuntsic, c’est inévitablement évoquer Maurice Richard*.
Le club fait partie du paysage sportif et affectif du quartier depuis plus de sept décennies. Il est devenu une véritable institution pour les jeunes passionnés de hockey. Sa singularité reste son origine.
« Maurice “Rocket” Richard habitait le quartier Ahuntsic, à l’angle des avenues Péloquin et Park Stanley. Il souhaitait offrir aux jeunes de son voisinage une structure organisée pour jouer au hockey », raconte Martin Longchamps, président des Braves, en entrevue avec le Journal des voisins (JDV).
En 1955, le Rocket s’engage avec des amis à fonder ce qui deviendra les Braves, un club au départ baptisé le Boston d’Ahuntsic. « C’est en référence aux Bruins, car les joueurs portaient de vieux chandails donnés par l’équipe de Boston afin de promouvoir le sport mineur localement », précise M. Longchamps.
Le fondateur façonne ensuite l’identité du club. C’est Maurice Richard qui a proposé l’appellation les Braves d’Ahuntsic, alors que les dirigeants du club se creusaient la tête pour trouver un nom commençant par B afin de pouvoir conserver les chandails.
Toujours pertinent
Les Braves ne sont pas les précurseurs du hockey au Canada français. Le Canadien de Montréal existe depuis 1909. Ils ont tout de même certainement contribué à l’écriture de l’histoire du sport national de la province. « Les Braves d’Ahuntsic sont l’une des plus anciennes et prestigieuses organisations de hockey mineur au Québec, et ils ont joué un rôle pionnier dans l’encadrement des jeunes francophones à Montréal », observe le président du club.
Au fil des ans, l’association de hockey mineur les Braves d’Ahuntsic, récemment devenue les Braves du Nord de Montréal, n’a jamais perdu sa raison d’être. Elle accueille entre 600 et 700 jeunes par saison, garçons et filles, d’Ahuntsic-Cartierville, de Montréal-Nord, mais aussi d’un peu partout sur l’île.
Chaque année, les Braves organisent aussi le Festival Bravy. Cette fête du hockey mineur réunit des dizaines de jeunes de moins de sept ans issus d’une soixantaine de clubs de la grande région de Montréal. À la fin de l’événement, chaque enfant repart avec une médaille et un souvenir positif de son passage sur la glace.
À voir tous ces jeunes qui enfilent le chandail des Braves à l’aréna Ahuntsic, on se dit que le Rocket n’a jamais vraiment quitté le quartier.
Un tremplin
Le club a été une école qui a vu passer de futurs joueurs professionnels, certains devenus des légendes. On peut citer Mike Bossy, probablement le plus illustre ancien des Braves, qui fut marqueur des Islanders de New York. Marco Baron, qui a brillé avec les Braves, notamment chez les Moustiques AA, est devenu gardien dans la Ligue nationale de hockey (LNH). « Ron Fournier, bien qu’il soit connu comme arbitre et animateur, a été intimement lié à l’organisation et fait partie de son Temple de la renommée », ajoute Martin Longchamps, président des Braves.
Hommages et mémoire
L’apport du Rocket, personnage légendaire au Québec, comme citoyen agissant dans sa communauté, est sans cesse rappelé dans le quartier. Les hommages au Rocket sont à l’image de la murale qui orne le mur du restaurant La Molisana, où il avait ses habitudes, immenses.
Sa statue de cire, grandeur nature, trône à l’entrée de l’aréna Ahuntsic. Elle a été rapatriée in extremis grâce à Martin Longchamps et Maurice Richard junior – le fils du Rocket – du musée Grévin de Montréal, au Centre Eaton, fermé en 2021 après une année d’inactivité du fait de la pandémie de COVID-19.
Enfin, la circonscription électorale provinciale qui couvre Ahuntsic a été baptisée Maurice-Richard en 2017.
*Joseph Henri Maurice Richard (1921-2000, à Montréal), surnommé le Rocket, ou la Comète, est un des joueurs de hockey sur glace professionnel québécois les plus connus au Canada et dans le monde.
Cet article a été publié dans la version papier du JDV du mois d’avril 2026.











