Autobus : tensions persistantes autour de la 180

Le parcours de la ligne 180 de la STM suscite des tensions entre résidents de l'est et de l'ouest d'Ahuntsic-Cartierville. Photo: Amine Esseghir / JDV

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La ligne 180 de la STM continue de susciter de vives réactions dans Ahuntsic-Cartierville. Des tensions entre deux secteurs de l’arrondissement sont apparues quant à son tracé et ses effets sur la mobilité. L’arrondissement mise sur la concertation et veut éviter à tout prix d’opposer les citoyens.

Des citoyens des rues Hogue et Meilleur se sont présentés en nombre au conseil d’arrondissement du 8 juin, pour dénoncer le maintien du circuit actuel de la 180 dans leurs rues.

Cette controverse s’est manifestée dans le sillage de la réforme du réseau de bus de la Société de transport de Montréal (STM), amorcée avec l’arrivée du REM et l’ouverture de son antenne de l’Anse-à-l’Orme.

Le déploiement du nouveau parcours en mai a rapidement suscité une levée de boucliers à Cartierville. Des résidents ne voulaient pas perdre un accès direct vers l’est de l’arrondissement et la desserte du collège Bois-de-Boulogne.

Conserver le tracé existant était effectivement la seule option offerte. Cela a eu pour conséquence de déplacer la contestation.

« Ce n’était pas une demande, c’était plus une surprise pour les gens de Cartierville. On a alors laissé la ligne telle quelle », a souligné Effie Giannou, conseillère de la Ville de Bordeaux-Cartierville.

Même si plusieurs années de consultations avaient précédé la refonte, Mme Giannou, a affirmé ne pas y avoir été suffisamment associée.

« J’étais élue, c’est mon troisième mandat, puis, durant le processus de refonte des lignes d’autobus de la STM, je n’ai pas fait partie de cette démarche », a-t-elle déclaré lors du conseil. Elle a assuré qu’elle aurait levé un drapeau si une telle confrontation se dessinait. Elle déplore aujourd’hui un choix entre « deux mauvaises solutions ».

« Dans mon district, les résidents se sont mobilisés pour que les bus ne passent plus dans leurs rues, des rues locales », a rappelé Nathalie Goulet, conseillère de la Ville d’Ahuntsic.

Il faut savoir que dans le secteur est, des citoyens réclamaient depuis longtemps le retrait des autobus de leurs rues locales.

« Les résidents des deux rues [Hogue et Meilleur] ont demandé expressément que l’autobus 180 ne passe plus dans leurs rues. » Elle a souligné qu’ils subissent déjà un important trafic de transit, « soir et matin ».

Or, la décision de maintenir l’ancien parcours pour répondre aux préoccupations de l’ouest a annulé les ajustements envisagés, sans nouvelle consultation, ravivant les frustrations.

Mme Goulet a averti lors du conseil qu’elle s’opposerait au vote d’une ordonnance prévoyant l’ajout et le retrait de plusieurs arrêts d’autobus si l’administration ne s’engageait pas à consulter sérieusement les résidents du quartier et poursuivre sérieusement l’apaisement de la circulation.

Vers une troisième option

Devant cette situation, l’arrondissement a demandé à la STM d’évaluer un nouveau scénario.

« Nous avons demandé à la STM de nous proposer une autre option », a confié Mme Giannou.

Cependant, une modification de tracé peut prendre plusieurs mois et aucune solution rapide n’est attendue.

L’administration municipale souhaite pour sa part privilégier une approche collaborative. Elle s’est inspirée d’un récent atelier de consultation tenu à Cartierville sur l’avenir du couvent des sœurs de Miséricorde. L’arrondissement envisage de réunir citoyens et élus afin de trouver des solutions durables.

La mairesse d’Ahuntsic-Cartierville, Maude Théroux-Séguin, insiste sur la nécessité de concilier les intérêts divergents.

« L’idée n’est pas d’ignorer la mobilisation qu’il y avait […] on n’oppose pas les deux. Ce qu’on veut faire, c’est […] prendre le temps de trouver le meilleur projet pour tout le monde », a-t-elle assuré en entrevue avec le Journal des voisins (JDV).

Elle a révélé que le projet initial « n’était pas le bon » et qu’un tracé privilégiant les grandes artères est à l’étude.

Les élus reconnaissent que l’enjeu s’inscrit dans un contexte plus large de circulation complexe dans le secteur. Le dossier pourrait-il servir de test pour une planification urbaine plus intégrée et participative ? Une affaire à suivre.

 

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