Un sondage réalisé par Protégez-vous en collaboration avec la FADOQ dévoile que le prix des loyers est la principale source d’insatisfaction chez les individus habitant une résidence privée pour aînés (RPA).
L’étude révèle que le loyer mensuel moyen dans une RPA atteint maintenant 2655 $. C’est une augmentation de 402 $ par mois, soit 17,8 %, depuis 2022.
Résultats de l’enquête
La portion des loyers liée aux services rendus a grimpé de 6 à 6,7 %, ce qui s’ajoute à la hausse de base des loyers. La FADOQ demande que les critères entourant les hausses liées aux repas, à l’aide domestique, à l’assistance personnelle et aux soins infirmiers soient révisés.
L’enquête révèle aussi que les loyers varient d’une région à l’autre. Les prix sont plus bas à Montréal et dans les Laurentides, et plus élevés dans le Bas-Saint-Laurent, la Capitale nationale et l’Outaouais.
Les résidents rencontrant des difficultés à boucler leur budget commencent par couper les services facturés et réduire leurs dépenses ; certains doivent même déménager et se déraciner de leur communauté.
Outre le prix des logements, les répondants à l’enquête se disent satisfaits de leur milieu de vie (57 % d’entre eux donnent une note de huit sur dix à leur RPA).
Comprendre les augmentations
Le 1er janvier 2026, un nouveau règlement est entré en vigueur. Il met en lumière les critères de hausse du prix des loyers et des services. Selon Hans Brouillette, directeur des affaires gouvernementales et publiques au Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA), il sera désormais plus simple de comprendre les augmentations pour les locataires.
Le loyer de base sera modulé selon le taux d’inflation au Québec, qui est de 3,1 % en 2026-27. Les services à la personne en RPA vont être ajustés selon l’inflation des soins de santé au Québec, qui est de 6,7 % pour 2026-27. Ces deux indices sont fournis par Statistique Canada. Ces taux d’augmentation sont basés sur une moyenne de trois ans. « Dorénavant, dans l’avis reçu pour le renouvellement du bail, on pourra isoler la portion des services à la personne du loyer de base », indique M. Brouillette.
La situation des RPA
Comme le souligne le directeur du RQRA, l’accroissement du prix des services est élevé, mais il reflète la hausse du coût des travaux, des matériaux, des taxes, du chauffage et des aliments, sur lesquels les RPA n’ont pas de contrôle.
Tous les résidents ne sont pas en mesure d’absorber cette augmentation. Il faut donc respecter la capacité de payer des gens, car les revenus n’augmentent pas au rythme de l’inflation. C’est pour ça que certaines RPA sont obligées de donner des services gratuits ou des augmentations inférieures à l’inflation, ce qui entraîne un manque à gagner. Depuis 2018, 718 RPA ont d’ailleurs dû fermer leurs portes. [
Les types de RPA
Il existe quatre catégories de résidences pour aînés. Les catégories 1 et 2 sont conçues pour les personnes autonomes. La catégorie 3 vise les personnes en perte d’autonomie légère pouvant avoir besoin de services, telle l’aide à l’habillement, à l’hygiène ou aux déplacements. La quatrième catégorie est réservée aux personnes en perte d’autonomie sévère avec ou sans troubles cognitifs.
L’avenir
Des modifications à venir pourraient avoir un impact sur les hausses de prix des services offerts et des loyers. M. Brouillette nous parle d’un programme gouvernemental d’allocation personnalisée qui devrait se mettre en place sous peu et aider à réduire le coût des services aux résidents.
Un projet de règlement visant à changer les contraintes de construction selon les différents types de RPA, à encadrer celles-ci et à éviter les exigences qui dépassent la nécessité pourrait aussi être adopté.
Il reste à voir quand et comment ces changements seront mis en place, et comment ils affecteront le prix des loyers de base et des services en RPA.
Cet article a été publié dans la version papier du JDV du mois de juin 2026.










