L’Association de Montréal pour la déficience intellectuelle (AMDI) a inauguré sa murale dans le prolongement des activités de ses 90 ans d’existence. Cette création artistique, située sur le boulevard Crémazie, a été réalisée en collaboration avec la communauté et vise à sensibiliser le public à cette cause.

AMDI, la plus ancienne organisation canadienne consacrée à la déficience intellectuelle, a transcrit l’atmosphère qui y règne sur les murs externes de son bâtiment à travers une murale. Cette œuvre d’art, créée avec des personnes ayant une déficience intellectuelle, a transformé le bâtiment autrefois discret en un point de repère éclatant.
Une création collective

Sollicité pour la réalisation de la murale, l’artiste Ankhone a accepté l’idée qu’elle soit le fruit d’une médiation culturelle. Il a d’abord rencontré des membres de l’AMDI et du collège André-Grasset. Cette première journée d’idéation a permis de faire émerger les valeurs, les thèmes et les messages que les participants souhaitaient exprimer. Lors d’une deuxième séance, le groupe a travaillé à partir de papiers découpés afin d’associer les idées à des formes et à des images.
« J’ai reconstruit, avec les idées principales et les images principales, la murale que l’on voit aujourd’hui », explique l’artiste.
Des œuvres de membres de l’association ont directement inspiré certaines parties de la composition. Entre la préparation du mur, la projection de l’esquisse, puis la mise en couleur zone par zone, la réalisation a ensuite pris quatre semaines. D’autres artistes, dont Jenna Schwartz, Bryan Beyund et River June, ont également contribué au chantier, pour un mélange harmonieux de couleurs chaudes et froides.
Un rayonnement de l’inclusion
Pour Marie-Ève Barbeau, coordonnatrice à la sensibilisation et à l’inclusion chez AMDI, cette murale répond à un souhait porté depuis plusieurs années. « Le lieu manquait de couleur, alors que nos membres, à l’intérieur, sont tellement colorés », souligne-t-elle.
L’œuvre veut rendre l’organisme plus visible auprès des passants et favoriser les rencontres dans le quartier. Elle vise aussi à mettre en valeur les talents artistiques des membres, sensibiliser le public à la déficience intellectuelle et favoriser des partenariats avec les organismes locaux. Elle symbolise un lien fort entre le passé, le présent et l’avenir, représentant une communauté unie progressant ensemble.
« Notre but, ce n’est pas d’être entre nous et de nous célébrer entre nous ; c’est de s’ouvrir sur le monde et d’aller à la rencontre de l’autre », résume Marie-Ève Barbeau. Pour ce faire, l’association projette la tenue, à l’automne 2007, d’une exposition de 6 semaines à l’Écomusée du fier monde, réunissant 60 œuvres d’artistes aux parcours variés.












