Fort-Lorette : l’ancienne buanderie laissera-t-elle place au futur parc public ?

La buanderie des Sœurs de Miséricorde, près du terrain de Fort-Lorette devrait disparaître. Photo: Amine Esseghir / JDV

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L’ancienne buanderie des Sœurs de Miséricorde, adjacente au site archéologique classé de Fort-Lorette, dans Ahuntsic-Cartierville, sera déconstruite.

Maude Théroux-Séguin, mairesse d’arrondissement, l’a annoncé sans avancer trop de détails le 19 septembre, lors d’une activité de présentation de Aux rives de la Visitation, un hymne consacré aux commémorations des tricentenaires des sites historiques du Sault-au-Récollet.

Le bâtiment, sis au 12235, rue du Fort-Lorette, inutilisé depuis plus de dix ans, devrait disparaître pour laisser place au futur parc public. Des précisions devraient être dévoilées dans les prochaines semaines.

Au mois de février, le conseil d’agglomération de Montréal a adopté un règlement d’emprunt de plus de 10 millions de dollars pour aménager un parc public mettant en valeur le site archéologique classé de Fort-Lorette.

« En raison de l’histoire du site, ce projet s’inscrit dans la mise en œuvre de la Stratégie de réconciliation avec les peuples autochtones », indiquait la résolution.

L’échéancier du parc dépend toutefois des travaux d’Hydro-Québec sur le mur de soutènement du barrage Simon-Sicard, prévus en 2027-2028. La Ville prévoit également l’enfouissement du réseau électrique aérien notamment.

Certes, le règlement d’emprunt ne mentionnait pas la démolition du bâtiment. Il ne disait rien non plus sur son avenir, alors que sa présence sur le site est manifeste.

Sort incertain

En 2024, l’arrondissement avait entrepris des travaux de maintien d’actifs sur l’immeuble, jugé excédentaire. L’ancienne mairesse d’Ahuntsic-Cartierville, Émilie Thuillier, avait alors indiqué au Journal des voisins (JDV) que l’édifice faisait partie des bâtiments vacants en permanence « dont on ne sait pas quoi faire ».

La Ville avait alloué un budget de 2 millions de dollars. Elle avait rapidement stoppé les travaux et n’avait pas donné de vocation au bâtiment.

« Exemples de travaux qu’on fait, c’est de la décontamination. Je ne sais pas exactement tout ce qu’il y a comme décontamination, mais on peut penser qu’il y a de l’amiante. Il peut y avoir de la moisissure aussi », avait précisé Mme Thuillier.

L’ancien architecte Jocelyn Duff, citoyen actif dans l’arrondissement, s’était exprimé au moment de ces travaux. Pour lui, cette construction ne présente aucun intérêt historique.

« Le bâtiment d’origine ne ressemblait pas du tout à ce que l’on voit présentement », disait-il en conseil d’arrondissement. Dans un document présenté aux élus, il soulignait la faible valeur patrimoniale de l’édifice.

« Si la buanderie était démolie, l’aire dégagée pourrait être avantageusement incorporée à l’espace vert [le terrain de Fort-Lorette] », avait-il écrit.

Prendre l’espace

Depuis près de dix ans, la Société d’histoire d’Ahuntsic-Cartierville (SHAC) réclame que le terrain du 12235, rue du Fort-Lorette soit rendu au public. Dans une publication de 2017, l’organisme rappelait le passé du site.

Ce fut la maison Saint-Janvier, construite en 1853 par le curé Jacques-Janvier Vinet, où mourut Mgr Ignace Bourget en 1885. L’annexe, confiée aux Sœurs de Miséricorde dès 1903, la crèche Saint-Paul érigée en 1912.

Ces bâtiments ont été démolis en 1955 et 1970. Seule subsiste l’ancienne chaufferie.

« Nous interpellons les élus locaux, mais aussi provinciaux et fédéraux, à agir immédiatement pour préserver ce site et l’offrir à la population », écrivait la SHAC.

Depuis 2022, plusieurs fois, on a mis en avant un scénario d’aménagement visant à valoriser le site de Fort-Lorette et à susciter l’intérêt du public pour l’histoire de ces lieux.

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