Voici pourquoi le conseil jeunesse a été aboli

Le nouveau planchodrome du parc Ahuntsic a été recommandé par le CJAC. Photo : archives / JDV

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En mars dernier, on apprenait lors d’un conseil d’arrondissement que le Conseil jeunesse Ahuntsic-Cartierville (CJAC) était suspendu. La décision tombait certes dans l’escarcelle des nouveaux élus arrivés en poste moins de cinq mois auparavant, mais l’administration sortante était au courant de la situation du conseil jeunesse.

Le CJAC était une instance consultative, créée en 2017. Elle avait pour mission de transmettre aux élus les préoccupations des jeunes.

Le conseil fonctionnait par cohortes de deux ans. La décision de ne pas renouveler ses membres était prise alors qu’un nouveau groupe devait être lancé pour 2026-2027.

« Le point de bascule est apparu lorsqu’on allait lancer une nouvelle cohorte. On s’est dit que c’était peut-être le moment de revoir le fonctionnement de cette instance », résume Marie-Josée Trudeau, cheffe de division développement social, à l’arrondissement, en entrevue avec le Journal des voisins (JDV).

Cela se passait à l’automne, quelques semaines avant les élections municipales.

La question de la participation était devenue pressante. À la dernière réunion du CJAC sortant, il n’y avait que deux membres présents.

Pour l’ex-mairesse Emilie Thuillier, il s’agit d’un enjeu de gouvernance. Le conseil jeunesse, rappelle-t-elle, est une instance politique créée par des élus. Ce n’est pas un simple outil administratif.

Cette distinction aurait été mal comprise, pense-t-elle, tant du côté administratif que du côté politique.

« Si c’est l’administratif qui constate le problème, il faut qu’il le remonte au niveau politique. Ce qui n’a pas été fait, parce qu’on était en élection », souligne-t-elle

La période électorale chargée n’aurait pas permis une communication adéquate pour trouver une solution.

Pour Mme Thuillier, la décision demeure toutefois politique, même si on la présente comme administrative.

« On ne peut pas dire que l’arrondissement abolit le conseil jeunesse. C’est le politique qui l’abolit, même si on dit que c’est l’administration qui a tiré la plug », indique-t-elle.

Manque d’engagement ?

Les membres arrivaient motivés au début d’une cohorte, mais la participation chutait dès la deuxième année, a-t-on noté.

« À la deuxième année, on observait une grosse baisse », confie Mme Trudeau.

L’administration avait relevé plusieurs raisons de ce désintérêt au fil des ans. Certains jeunes membres étaient engagés ailleurs, d’autres voyageaient à l’extérieur du pays, ce qui rendait difficile de les garder engagés pendant deux ans et surtout de trouver des disponibilités communes entre jeunes, fonctionnaires et élus.

L’arrondissement a testé différentes formules, sans succès. Des réunions mensuelles devenaient saisonnières.

Une consultation bénéfique

Le CJAC aura été utile à quelques occasions. Quand l’arrondissement a rénové le parc Ahuntsic il y a huit ans, les élus l’avaient mandaté pour consulter les jeunes sur leurs besoins. Le conseil a présenté un rapport notamment sur l’importance d’un nouveau skatepark.

Dans le parc Marcelin-Wilson, l’arrondissement a réalisé une placette sur recommandation du conseil jeunesse.

L’arrondissement assure vouloir poursuivre les consultations des jeunes sans créer de nouvelle instance indépendante.

Élus et fonctionnaires comptent plutôt aller directement dans les milieux de vie où ils se trouvent. C’est-à-dire les maisons de jeunes, le Carrefour jeunesse-emploi, les événements comme les fêtes de l’arrondissement.

« On a déjà des gens sur le terrain avec les jeunes », illustre Mme Trudeau, citant en exemple la présence de l’équipe à la journée d’accueil de la Dauversière-Évangéline et de Sophie-Barat l’an dernier.

« Si les élus ont besoin de joindre les jeunes, ajoute-t-elle, l’administration pourra aussi servir de canal de communication. »

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