Les poubelles qui « parlent »

L'arrondissement fournira des bacs munis de transpondeurs RFID pour la collecte des ordures ménagères une fois toutes les deux semaines. Photo : Benoit Dosseh / JDV

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Les nouveaux bacs distribués dans le cadre de l’espacement de la collecte des ordures ménagères toutes les deux semaines seront munis d’un transpondeur RFID. Cette technologie servira surtout à gérer le parc des bacs, assure-t-on.

Pour permettre aux citoyens de se conformer au nouveau calendrier de collecte des ordures ménagères dans le Sault-au-Récollet et à Ahuntsic, l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville fournira des bacs munis de puces RFID.

« Il est toutefois important de préciser que l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville ne possède pas de lecteurs RFID et que ces puces ne serviront ni à peser les déchets ni à établir une tarification selon la quantité d’ordures produites », souligne le service des communications de l’arrondissement dans un échange de courriels avec le Journal des voisins (JDV).

À Beaconsfield, dans l’ouest de l’île de Montréal, où les poubelles RFID sont en place depuis quelque temps, une tarification des ordures ménagères est facturée à la fin de l’année, en même temps que la taxe d’eau. Le montant dépend du nombre de collectes effectuées durant l’année. Le prix de chaque levée varie selon le format du bac choisi par le foyer.

« Il n’est pas dans les plans de l’arrondissement d’instaurer une tarification des citoyens en fonction du poids ou de la quantité de leurs déchets », assure-t-on à Ahuntsic-Cartierville.

Poubelles tri RFID
La collecte toutes les deux semaines des ordures ménagères (le bac noir) veut encourager les citoyens à trier leurs déchets ménagers. Photo: courtoisie / arrondissement Ahuntsic-Cartierville

Distribution des bacs : ce qu’il faut savoir

Les immeubles de cinq à huit logements devraient recevoir deux grands bacs de 360 litres. La livraison se fera automatiquement à l’adresse ciblée, sauf avis contraire.

En juillet, l’arrondissement avait envoyé des centaines de lettres pour informer les citoyens de la mise en place de cette collecte aux deux semaines, précisant qu’ils pouvaient refuser les nouveaux bacs jusqu’au 22 juillet. À partir de septembre, à moins d’avoir rempli le formulaire de refus, les bacs seront livrés aux adresses ciblées. Après avoir terminé la distribution, il serait possible de demander le retrait ou l’ajout de bacs, selon les critères en vigueur, en appelant le 311. Plus d’informations : au 514 276-2176 ou écrire à ecom.ac.info@villeenvert.ca.

L’arrondissement précise que la technologie RFID est utilisée par son fournisseur pour la seule gestion du parc de bacs.

La technologie RFID (Radio Frequency Identification, ou identification par radiofréquence) permet de repérer et d’identifier un objet à distance. Elle utilise des ondes radio pour faire communiquer un lecteur avec une petite étiquette cachée sur l’objet. C’est le même système que l’on utilise quotidiennement à l’épicerie en tapant sur un terminal de paiement.

Traquer les bacs, pas les citoyens

La puce permet de consigner la livraison de chaque bac, précise l’arrondissement. Cela permettra d’enregistrer les réparations effectuées et les différentes interventions associées, pour s’assurer d’une meilleure traçabilité du matériel et du service rendu.

« La puce est associée au bac et à son lieu de livraison afin d’en assurer le suivi », précise-t-on.

Deux questions demeurent toutefois sans réponse. L’arrondissement n’a pas indiqué si les bacs sont la propriété du fournisseur de services ou de l’arrondissement. Le JDV n’a pas pu savoir non plus si les données recueillies serviraient à repérer des dépôts effectués en dehors des jours et des heures de collecte prévus. Cette information pourrait faciliter l’émission de constats d’infraction.

Il faut savoir que le non-respect des règlements de propreté et de disposition des matières résiduelles est passible d’amendes allant de 250 $ pour une première infraction à 1000 $ en cas de récidive. Les dépôts sauvages majeurs peuvent entraîner des poursuites à la cour municipale, avec des montants encore plus élevés.

Mieux comprendre les déchets produits

L’arrondissement n’écarte pas l’idée d’exploiter cette technologie à l’avenir pour mieux analyser comment sont générées ces ordures.

« L’arrondissement voit néanmoins un intérêt à ce que les nouveaux bacs soient équipés de cette technologie, puisqu’elle pourrait éventuellement offrir des possibilités supplémentaires pour mieux comprendre et réduire la production de déchets », écrit-on.

La démarche est essentiellement environnementale et l’espacement de la collecte des ordures constitue un premier pas pour réduire ce qui est envoyé à l’enfouissement.

Une part importante de ce qui se retrouve encore dans les ordures pourrait être recyclée ou compostée, précise l’arrondissement. Réduire la quantité de matières jetées aux poubelles devient, selon l’arrondissement, un effort collectif alors que les capacités d’enfouissement sont limitées,

Enfin, le passage à une collecte des ordures toutes les deux semaines s’inscrit dans une transition plus vaste au niveau de la métropole, en adéquation avec les objectifs du gouvernement visant à réduire l’enfouissement.

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