À l’approche de l’élection provinciale du 5 octobre 2026, Solidarité Ahuntsic a organisé un rassemblement sur le thème du « Feu des mal-logés ». L’événement mettait de l’avant des solutions concrètes tout en rappelant que la crise du logement est avant tout une crise d’abordabilité.

Nid Bleu, Héberjeune, Domicile Fixe, Mission Bon Accueil, Rêvanous et SD Écoquartier Louvain ont animé des kiosques. Un constat commun se dégageait des présentations et des allocutions : les besoins augmentent plus rapidement que le financement.
Trois projets à différentes étapes
Héberjeune a amorcé un chantier sur l’avenue Péloquin, où l’organisme prévoit d’ouvrir 18 logements de transition pour des jeunes de 18 à 25 ans ayant connu des difficultés résidentielles. Les baux d’un an pourraient être renouvelés jusqu’à concurrence de trois ans. L’accompagnement offert doit permettre aux jeunes de consolider leurs acquis, de gagner en autonomie, puis de réintégrer le marché locatif courant. « La difficulté de trouver des logements abordables reste un besoin criant », résume Coralie Ledouaré.
Rêvanous souhaite pour sa part construire 77 logements, dont 39 pour des personnes ayant une déficience intellectuelle légère et 38 pour des ménages à faible ou moyen revenu. Évalué à 30 millions de dollars, le projet attend l’approbation des bailleurs de fonds du fédéral et du provincial.
Nid Bleu en est encore à la recherche d’un partenaire. L’organisme veut aménager, au 800, boulevard Henri-Bourassa Ouest, un milieu de vie mixte comprenant des logements sociaux, notamment pour de jeunes adultes autistes. « On est ici pour faire du bruit, rencontrer des gens, puis on espère trouver un partenaire pour réaliser le projet », explique sa représentante.
Cette présence des organismes illustre la difficulté de transformer un besoin reconnu en chantier financé.
Des revendications adressées aux candidats
Les acteurs communautaires réclament un financement public récurrent et structurant, un meilleur soutien communautaire en logement social ainsi qu’une garantie effective du droit au logement. Ils rappellent qu’une hausse du taux d’inoccupation ne signifie pas que les logements deviennent financièrement accessibles. Les candidats de l’arrondissement, qui étaient présents à l’événement, ont expliqué les solutions proposées par leur parti aux organismes.
Même s’il quitte l’Assemblée nationale à la fin de cet exercice, le député Haroun Bouazzi ne compte pas cesser ses actions, notamment sur l’abordabilité des logements. « J’essayerai de prendre la parole publique, si c’est utile », confie-t-il.
La parole aux locataires
La rencontre a aussi permis de dévoiler un recueil de 14 pages rassemblant une vingtaine de témoignages recueillis auprès de résidents lors d’ateliers tenus au printemps et à l’été 2026.
Selon Statistique Canada, les loyers ont augmenté de 70,8 % à Montréal entre 2019 et 2025. Les témoignages font état non seulement de logements devenus inabordables, mais aussi d’insalubrité, de mauvaise foi de certains propriétaires et d’atteintes à la vie privée. Si quelques situations ont connu un dénouement heureux, d’autres locataires ont le sentiment de vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête.
Hausse des loyers, expulsions, pénurie de logements sociaux et insécurité locative continuent de fragiliser les ménages. Pour prévenir la précarité plutôt que d’intervenir lorsqu’elle est déjà installée, les organismes demandent de construire davantage, de mieux protéger les locataires et de faire du logement une priorité politique. « Les décisions politiques ont des conséquences sur des vies humaines », rappelle Gwenaëlle Léone, coordonnatrice de l’événement et agente de projet à l’École de la citoyenneté.
L’événement a été organisé par le Chantier habitation de Solidarité Ahuntsic, le Comité logement Ahuntsic-Cartierville (CLAC) et la Société de développement Écoquartier Louvain.











