Bugdet de l’arrondissement : l’opposition déplore sa mise à l’écart

Le conseil d'arrondissement extraordinaire d'Ahuntsic-Cartierville du 6 octobre a connu un certaine tension entre les élus. Photo: Amine Esseghir / JDV

Écouter cet article

Ce fut un rare conseil d’arrondissement extraordinaire consacré au budget, qui aura déchaîné les passions ce 6 octobre. Il aura duré quasiment les soixante minutes qui lui étaient consacrées. L’opposition, Projet Montréal, a refusé de voter ce budget.

Le débat entre opposition et administration était des plus tendus. Carla Beauvais, conseillère du Sault-au-Récollet pour Projet Montréal, a ouvert les hostilités. Elle a préalablement lancé une mise en garde.

« Je trouve que ce n’est pas un mauvais budget. » Elle votait contre malgré tout.

« Ma dissidence, en fait, ce n’est pas nécessairement contre le budget dans sa globalité, mais beaucoup plus sur la forme et comment il est amené aujourd’hui au conseil », a-t-elle dit.

Nathalie Goulet, conseillère d’Ahuntsic pour Projet Montréal, a mis ensuite en avant ce qu’elle a considéré comme de l’opacité du processus budgétaire. L’opposition n’a reçu la présentation que quelques jours avant le conseil extraordinaire, a-t-elle déclaré.

Les élus de la majorité ont rappelé que tous les conseillers ont reçu les documents au même moment.

« On a tous eu la présentation en même temps, lundi dernier [28 septembre]. Cela fait quand même plus d’une semaine. [Nous n’avons reçu] aucune question en huit jours », a tonné Effie Giannou, conseillère de Bordeaux–Cartierville, élue de la majorité.

Le budget (à consulter ici) de fonctionnement de l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville est de 72 522 000 $ pour l’année 2027, en hausse de 5 % par rapport à l’exercice précédent.

Le programme décennal d’immobilisations (PDI), soit le plan pour maintenir et améliorer les infrastructures de l’arrondissement, représente quant à lui un montant de 9 394 000 $. Pour une deuxième année consécutive, le budget est équilibré sans recourir aux réserves.

Le budget bénéficie de l’augmentation de 4 % des transferts de la Ville de Montréal et d’une contribution additionnelle liée à la taxe relative aux services, soit en moyenne 33 $ pour une maison unifamiliale et 18 $ pour un condominium.

Les interventions par le PDI sont regroupées en cinq programmes. Il s’agit de la réfection routière, du réaménagement de parcs, de la protection des bâtiments municipaux, de l’achat de mobilier urbain et de la gestion de la désuétude informatique. Ainsi, en 2027, l’arrondissement planifie de réaliser des investissements totalisant 12,6 M$.

Mme Goulet a affirmé qu’elle n’a pas eu le temps nécessaire pour étudier en profondeur les documents et n’a pas pu poser les questions de clarifications nécessaires.

Elle a eu, toutefois, assez de données pour décortiquer les chiffres et prendre la parole durant un peu plus de neuf minutes. Elle a passé en revue le gel discret de la réserve de développement, la chute drastique des investissements, les paradoxes de la participation citoyenne.

« On ne sait pas vraiment ce qui a augmenté dans les dépenses, ce qui a diminué non plus. Quelles sont les tendances de certains postes plus problématiques. Ce n’est pas détaillé », a-t-elle dit.

Elle critiquait aussi le budget à l’aune du bilan de l’administration précédente.

« Pour les deux années à venir, on n’a pas de stratégie claire d’utilisation des réserves. »

Elle assure que cette réserve a financé le budget participatif, abandonné par la nouvelle administration. Elle avait aussi permis de réaliser des dos d’âne, de soutenir les SDC, d’aménager des ruelles vertes et d’offrir des couches lavables aux ménages en difficulté. « Qu’est-ce qui va arriver avec ça ? »

Elle demandait quelles étaient les orientations, la liste détaillée de projets pour le deuxième budget de la nouvelle administration.

L’administration de Maude Théroux-Séguin a décidé de ne pas recourir à la réserve et de faire tenir le budget de fonctionnement uniquement sur les transferts de la ville centre et les rentrées d’argent.

« On voudrait souligner que cette année, ces transferts ont augmenté de 4 %. C’est la plus grosse hausse depuis plusieurs années, je crois. Il y a deux ans, c’était 1,8 % », a souligné Mme Théroux-Séguin en présentant le budget.

Elle a rappelé que la hausse en dessous de l’inflation obligeait l’arrondissement à financer les augmentations de coûts sur ses fonds propres.

À long terme

Sur le Programme décennal d’immobilisations (PDI), Mme Goulet a insisté pour dire que le ratio de cofinancement municipal est en baisse.

« On dit que, pour chaque dollar de l’arrondissement, on va générer 1,35 dollar. Or, il y a deux ans, en 2025, c’est 3,20 dollars qu’on allait chercher pour chaque dollar d’investissement », a-t-elle mentionné.

Pour elle, tous les programmes majeurs sont amputés de moitié ou plus.

La conseillère d’Ahuntsic a souligné que six parcs ont fait l’objet de consultations citoyennes et les travaux sont reportés à 2031 ou après.

« Effectivement, vous avez créé beaucoup d’attentes en consultant sur les parcs, alors que nos rues sont les pires de toute la ville », a rétorqué la mairesse de l’arrondissement.

Elle a souligné au passage que la vérificatrice générale en avait parlé.

« Nous avons choisi d’investir dans ces infrastructures-là », a martelé Mme Théroux-Séguin.

Mme Goulet a rappelé les besoins de réfection du parc Saint-Benoît. Elle déplore une promesse brisée.

« Les citoyens m’écrivent sur ce parc depuis le début du mandat et je n’étais pas capable de leur répondre. Là, je vais leur dire qu’il est reporté en 2031 », a-t-elle martelé.

Effie Giannou a indiqué que les citoyens de Cartierville attendent toujours la bibliothèque de Cartierville depuis 2017.

« L’ancienne mairesse avait annulé ce projet et son budget sans le dire à personne. Puis tout le monde attend. Nous, on doit se remettre au travail, refaire la demande », a-t-elle mentionné.

Les élus d’Ensemble Montréal, qui sont majoritaires au conseil d’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, ont tout de même adopté le budget.

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Avis public

Tribunal administratif du logement

28 septembre 2026,

Avis est donné à Souhila et Samir Bouiche, qu’un recouvrement de loyer est lancé contre vous.

Résiliation de bail, pour retards fréquents dans le paiement du loyer, retard de plus de trois semaines. Dossier portant le numéro 989223 et numéro de demande 5288128, concernant le logement situé au 8725, rue Jeanne-Mance, apt. 8, Montréal, H2A 2X5.

Vous pouvez prendre connaissance du dossier au Tribunal administratif du logement, sis au 5199, rue Sherbrooke est, Montréal, H1T 3X1.

Téléphone : 1 800 683-2245

Consulter les détails

À lire également

TIRAGE mieux vous connaître

Pour participer au tirage, merci de répondre à toutes les questions.

Toutes les données sont sécurisées dans un serveur établi au Québec.