Sport-études à Grasset : l’art de jouer sur les deux tableaux

André Ouellette devant le mur de la renommée des anciens étudiants en sport-études. Photo : Benoît Dosseh / JDV

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Entre entraînements, compétitions et cours, les étudiants-athlètes avancent sur une corde raide. Au collège André-Grasset, on les accompagne de près, sans perdre de vue l’essentiel : leur formation.

Dans les murs du collège André-Grasset, le sport n’est pas marginalisé. Depuis le 14 septembre 2015, en plus des Phénix – le nom porté par ses différentes équipes sportives –, l’établissement est membre de l’Alliance sport-études. Cela lui permet d’accueillir des athlètes de haut niveau issus de disciplines variées, de la natation au ski alpin en passant par le plongeon, l’athlétisme, l’escrime ou les sports de glisse.

André Ouellette devant le mur de la renommée des anciens étudiants en sport-études. Photo : Benoît Dosseh / JDV

Les Phénix d’un côté, l’Alliance de l’autre

La famille sportive à André-Grasset se divise en deux entités. D’un côté, les Phénix, avec près de 250 étudiants-athlètes qui s’illustrent dans treize équipes de football, de hockey, de volleyball, de soccer féminin (dès la rentrée), de cross-country, de disque volant et de tennis. Du côté de l’Alliance sport-études, en 2026, ce sont 63 athlètes qui participent à des compétitions provinciales, nationales ou internationales.

Les premiers évoluent sur l’échiquier local ou régional. Ils ont des entraînements en soirée, sur l’heure du midi ou les fins de semaine. Les seconds doivent parfois composer avec des camps au Chili, en Floride, au Colorado ou en Europe. Le défi n’est donc pas du même ordre. « C’est un casse-tête », concède André Ouellette, directeur adjoint au service des affaires étudiantes.

Un modèle sur mesure

Avant la rentrée, M. Ouellette rencontre les étudiants-athlètes avec Alexandre Bélanger, responsable des sports, afin d’ajuster les horaires. Quand plusieurs groupes suivent un même cours, un déplacement est parfois possible. Dans les programmes à cohorte unique, la marge de manœuvre est plus mince.

On ne parle plus vraiment de « programme » sport-études, comme au secondaire. Le collège préfère l’idée de « plan d’accompagnement », plus souple et mieux adapté à la réalité du collégial. Il ne s’agit pas de bâtir l’école autour du sport, mais de permettre aux athlètes affiliés à des fédérations de poursuivre leurs ambitions sans s’éloigner de l’expérience Grasset, résume le directeur adjoint.

Cela peut se matérialiser par le fait d’éviter un cours à 8 h après un entraînement tardif, de libérer un vendredi pour une compétition, de déplacer une évaluation ou de prévoir un preneur de notes, pour ceux qui s’absentent plusieurs jours.

Le triple défi : réussir, performer, respirer

Être étudiant-athlète, c’est jongler avec trois exigences : réussir ses cours, exceller dans son sport et préserver son équilibre. Pour soutenir la réussite scolaire, le collège mise sur la disponibilité des enseignants, le tutorat par les pairs, les preneurs de notes et des ateliers sur les méthodes de travail.

Sur le plan sportif, les Phénix bénéficient d’un encadrement de proximité : salle de musculation, kinésiologue, thérapeutes du sport, entraîneurs formés et responsables accessibles. Les athlètes de l’Alliance gardent leurs entraîneurs dans leur club ou leur fédération, mais peuvent aussi profiter des ressources du collège au besoin.

Le troisième pilier, le bien-être, demeure essentiel. Une blessure, une défaite, une surcharge d’entraînement ou une série d’examens peuvent peser lourd. Les services psychosociaux du collège rappellent qu’un athlète reste d’abord une personne en formation.

Le prix de la passion

Certains sports peuvent ajouter une pression financière importante aux frais de scolarité. Les familles doivent souvent se serrer la ceinture. Le collège et sa fondation peuvent offrir certaines bourses, notamment pour souligner la réussite sportive, la persévérance ou la conciliation sport-études. Mais André Ouellette ne contourne pas l’évidence : « Faire du sport, ça coûte cher, et étudier [dans une école privée], ce n’est pas donné non plus. »

Et demain ?

Pour l’instant, le collège avance prudemment, au cas par cas. L’objectif demeure de concilier l’ambition sportive avec le volet éducationnel. À André-Grasset, il ne s’agit pas seulement de former de meilleurs athlètes, mais aussi des jeunes capables de penser la suite, sur le terrain comme en dehors.

« Un esprit sain dans un corps sain », résume André Ouellette. À cette formule, il ajoute l’idée d’une tête bien faite et de valeurs solides. La réussite ne se mesure pas seulement au tableau indicateur ou au bulletin, mais aussi à la capacité de ces jeunes à poursuivre leur route, mieux outillés.

La tradition sport-études du collège se voit aussi par les noms qui ont marqué son histoire. Laurent Duvernay-Tardif en est l’exemple le plus médiatisé, mais Joannie Rochette, Émilie Heymans, Roseline Fillion, Sylvie Bernier, Jean-Frédéric Tremblay et Marik Moussette font aussi partie des figures de son mur de la renommée.

Cet article a été publié dans la version papier du JDV du mois d’août 2026.

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