Dès novembre, neuf refuges ouvriront leurs portes dans sept arrondissements de Montréal pour accueillir des personnes en situation d’itinérance. Ces abris d’urgence s’inscrivent dans le plan chaleur pour l’itinérance. Le chalet du parc Ahuntsic figure parmi les sites retenus.
La mairesse Soraya Martinez-Ferrada a annoncé que la Ville offrira un peu plus de 3 000 places. C’est 500 de plus que l’an dernier. Certains de ces services pourraient être opérationnels immédiatement. Ce ne sont pas des logements. Ce sont des refuges pour éviter des décès liés au froid.

La conférence de presse, qui s’est tenue dans la salle des Pins, à l’hôtel de ville, avait lieu deux jours après le décès tragique d’une femme dans un campement de Montréal-Nord. Ce drame rappelait, à quelques semaines du grand froid, l’urgence d’agir.
Ce déploiement répond également à la nécessité de mieux répartir les ressources à travers l’île.
« On hérite aussi d’une réalité où il y a une forte concentration de ressources dans certains quartiers », a souligné Benoît Langevin. Il est responsable du développement social et de la cohabitation au comité exécutif de la Ville de Montréal.
Des refuges 24/7
L’hiver dernier, la Ville avait dû réagir dans l’urgence face à un manque criant de places. Des haltes nocturnes avaient été aménagées. Cette année, les sites fonctionneront 24 heures sur 24, sept jours sur sept.
« Quand il fait -10, -15, -20 la nuit, c’est la même affaire le jour », a rappelé Mme Martinez-Ferrada.
Des lits seront installés dans ces abris, là où des chaises étaient simplement mises à disposition l’hiver passé.
« L’objectif à terme est que tous les sites disposent de lits pour toutes les personnes en situation d’itinérance », a précisé la mairesse de la Ville.
Un financement à pérenniser
Ce déploiement exige des ressources financières importantes. La Ville sollicite le gouvernement du Québec pour garantir le financement du plan sur trois ans. « Les besoins sont actuellement évalués à environ 20 millions de dollars. Les sites sont identifiés, on prépare les aménagements et les partenaires se mobilisent », a indiqué la mairesse.
Mme Martinez Ferrada semble certaine que le financement arrivera.
Des fonds prévisibles et durables permettraient à la Ville et aux organismes partenaires de faire des prévisions. Il s’agit de maintenir les équipes, de planifier leurs interventions et d’assurer la continuité des services. Les sites pourraient rester ouverts en continu. Cela éviterait de contraindre les personnes vulnérables à se déplacer, favorisant ainsi un meilleur accompagnement et une cohabitation plus sereine avec le voisinage.
Informer avant d’ouvrir
L’implantation de ces lieux en milieu habité pourrait susciter des inquiétudes. La Ville ne s’en cache pas et a lancé une opération de communication auprès des riverains, des commerces et des groupes communautaires. « Ce sont 43 000 portes situées à 500 mètres de rayon des sites qui ont reçu des dépliants », a précisé Benoît Langevin.









