Une abeille butine les fleurs au jardin nourricier du parc Saint-Simon-Apôtre. (Photo: Camille Vanderschelden, JDV)

Le parc Saint-Simon-Apôtre et le parc De Salaberry comprennent désormais des jardins nourriciers, un concept de permaculture vivace. Ces écosystèmes, aussi appelés forêts nourricières, permettent de préserver les pollinisateurs, mais aussi de créer des îlots de fraîcheur. Le Journal des voisins vous en dit plus.

Voté par les citoyens lors des budgets participatifs de l’arrondissement (2021) et de la Ville-centre (2022), les jardins nourriciers d’Ahuntsic-Cartierville sont officiellement achevés. Ces zones verdies aux plantes comestibles ont été réalisées par divers partenaires communautaires, en collaboration avec les citoyens.

«Ce projet émane de la volonté des citoyens à offrir, par le budget participatif, un espace nourricier aux gens de Saint-Simon. Dans le comité, beaucoup n’habitaient pas le secteur, mais voulaient travailler à l’améliorer», confie Emilie Thuillier, mairesse d’Ahuntsic-Cartierville, au Journal des voisins (JDV). Elle témoigne que de nombreux citoyens de la métropole votent en effet pour des quartiers qui ne sont pas les leurs, démontrant l’implication citoyenne pour l’amélioration de tous les milieux de vie.

Un jardin nourricier est un écosystème diversifié et durable dans lequel les arbres, arbustes et plantes comestibles coexistent en harmonie. Composé de vivaces, ce verger nécessite des soins réguliers durant les trois premières années avant de se stabiliser et de devenir «autonome».

Les plantations ont été menées en août au parc De Salaberry. Les citoyens et l’organisme RAP Jeunesse ont réalisé celles du parc Saint-Simon-Apôtre à la fin du mois de septembre. Les forêts nourricières nouvellement aménagées seront gérées par des groupes de citoyens ainsi que par les organismes La Maison du Monde (Solidarité Ahuntsic), le CLIC de Bordeaux-Cartierville et Ville en vert.

La forêt nourricière

Wen Rolland, designer écologique et formateur en permaculture, a créé le concept de forêt nourricière en 2009. Il est par ailleurs le concepteur des deux nouveaux jardins nourriciers de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville.

N’importe quelle personne qui détient un lopin de terre peut créer une forêt nourricière. Ce concept de jardinage en polyculture vivace a pour objectif de nourrir non seulement l’humain, mais aussi l’ensemble des êtres vivants constituant son écosystème (des champignons aux insectes).

En quelques années, le jardin nourricier peut devenir autosuffisant grâce à la compatibilité de ses espèces de plantes. (Photo: Camille Vanderschelden, JDV)

Ce concept s’inspire de la forêt dans ses nombreux avantages naturels, sur le plan de la productivité et de la résilience dans le climat. Les forêts ne nécessitent en effet pas l’intervention de l’humain, ni pour se propager ni pour se fertiliser.

Les jardins nourriciers, ou forêts nourricières, sont donc composés d’espèces de plantes compatibles, qui travaillent ensemble. Ils génèrent par ailleurs de l’air pur, de l’eau propre et un sol vivant rempli d’éléments nutritifs. Le concept vise ainsi à propager une nature en santé en milieu urbain, tout en créant des îlots de fraîcheur.

Un concept qui s’étend dans la métropole

À Montréal, il y a quatre petites forêts nourricières en dehors de notre arrondissement. Elles bordent par exemple la place Benoît, dans l’arrondissement de Saint-Laurent. L’avenue du Mont-Royal recueille également des jardins nourriciers entre les rue Garnier et Fabre.

Les deux dernières forêts nourricières ont quant à elles investi le campus MIL de l’Université de Montréal dans l’arrondissement d’Outremont et à l’école Louis-Joseph-Papineau dans Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension. Wen Rolland a participé à la réalisation de toutes ces forêts nourricières.

Projet éducatif

À terme, les jardins nourriciers d’Ahuntsic-Cartierville seront des lieux de rencontre entre l’humain, les micro-organismes et les animaux. Un mobilier destiné à accueillir des ateliers éducatifs viendra bonifier ces espaces en 2024. Des fiches explicatives sur les plantes comestibles seront également ajoutées pour le public.

Le jardin nourricier du parc De Salaberry comprend des fleurs comestibles, qui attirent par ailleurs les insectes pollinisateurs. (Photo: Camille Vanderschelden, JDV)

En outre, les organismes communautaires ont créé une alliance avec les écoles du quartier. Les élèves de l’École primaire Saint-Simon-Apôtre et de l’École Augustin Roscelli pourront ainsi profiter de ces jardins pour en apprendre plus sur la nature et la biodiversité.

La présence d’écosystèmes en santé en milieu urbain est essentielle à la préservation des pollinisateurs tels que les abeilles. Capitales pour la reproduction de la majorité des plantes à fleurs (pommiers, tomates, etc.), celles-ci vivent actuellement un déclin. Leur disparition engendrerait des conséquences dramatiques sur notre agriculture, d’où l’importance de telles initiatives écologiques.

L’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville compte bien devenir le premier de la classe pour ses jardins nourriciers. Outre ces deux nouvelles forêts nourricières aux parcs De Salaberry et Saint-Simon-Apôtre, un troisième jardin verra le jour au printemps 2024. Il investira le parc Marcelin-Wilson, amplement bonifié dès l’année prochaine, comme le JDV  vous en faisait état.



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