Les Actualités de la semaine

Abonnez-vous gratuitement ici pour recevoir un courriel de rappel chaque semaine!

Élections municipales 2017

Baisse des limites de vitesse dans Ahuntsic-Cartierville ?

Publié le 09/10/2017
par Alain Martineau

La vitesse sur les artères et rues résidentielles d’Ahuntsic-Cartierville devrait diminuer l’an prochain, une bonne nouvelle pour ceux qui réclament davantage de sécurité.

Et le parti au pouvoir à l’hôtel de ville et l’opposition s’entendent pour viser rien de moins que d’autres baisses des limites de vitesse, de 10 kilomètres à l’heure (km/h).

Les candidats de l’équipe Coderre dans Ahuntsic-Cartierville (Photo : Philippe Rachiele)

Le maire Denis Coderre avait d’abord mis la table au début juillet; un projet de limite de vitesse à 30 km/h dans les rues locales des quartiers résidentiels et à 40 km/h, dont notamment dans Ahuntsic-Cartierville. Mais on avait émis l’hypothèse de faire quelques exceptions comme garder le 50 km/h, notamment sur le très large boulevard Henri-Bourassa.

Les modifications sont prévues pour 2018.

Mais mercredi dernier, Projet Montréal, dans Ahuntsic-Cartierville, a été catégorique avec une politique du «40-30» :  40 km/h sur les artères, y compris  Henri-Bourassa (ou Papineau, ou encore l’Acadie) et 30 partout ailleurs.

Projet Montréal: 40-30, sans exception

Trois des candidats de l’équipe de Projet Montréal dans Ahuntsic-Cartierville. (Photo: jdv P. Rachiele)

En faisant leur annonce, la candidate de Projet Montréal à la mairie de l’arrondissement, Émilie Thuillier;  la candidate dans le district d’Ahuntsic, Nathalie Goulet; ainsi que le candidat dans Sault-au-Récollet, Jérôme Normand, ont insisté sur le fait que les électeurs qu’ils rencontrent en cette campagne électorale municipale leur disent que des mesures d’apaisement de la circulation sont une priorité pour eux.

De telles mesures, comme baisser les limites de vitesse, permettraient de réduire substantiellement le nombre de victimes de la route tout en diminuant la pollution sonore causée par le bruit des véhicules de toutes sortes «allant vite», ont-ils indiqué.

Le trio de candidats, qui s’était donnez rendez-vous à la très achalandée intersection des boulevards Henri-Bourassa et Saint-Laurent, a fait sienne la politique appliquée par la formation, là où elle est majoritaire au niveau de l’arrondissement, comme dans Rosemont-La Petite Patrie ou Le Plateau-Mont-Royal.

« Ahuntsic-Cartierville, c’est un milieu de vie, mais pas des zones de transit », a soutenu Mme Thuillier.

Sa collègue Nathalie Goulet (elle se présente en relève à Mme Thuillier dans le district Ahuntsic) a affirmé pour sa part que pour les rues locales, toute une série de mesures peuvent être appliquées à court ou moyen terme, de manière intégrée.

« Une mesure simple, pour les piétons, est d’allonger le temps pour traverser aux intersections, près des écoles et des résidences pour gens âgées. D’autres mesures comme l’élargissement des trottoirs ou les saillies de trottoirs végétalisées peuvent être implantées. Des terre-pleins plus larges avec des arbres aussi. Les piétons veulent être respectés. Et des gens dans mon porte à porte, demandent aussi des balises de rétrécissement de la chaussée et, quand c’est possible, l’implantation de dos d’âne », a ajouté celle qui a vécu l’expérience du célèbre boulevard Henri-Bourassa alors que ses enfants, petits, fréquentaient l’école St-André-Apôtre.

L’équipe locale de Projet Montréal croit aussi que des corrections s’imposent également sur des artères comme Sauvé, Berri, Lajeunesse, L’Acadie et de Salaberry. Elle s’engage donc à travailler sur plusieurs fronts.

Harmonisation-Équipe Coderre

La formation du maire sortant Denis Coderre avait annoncé, plus tôt cet été, qu’elle compte aller de l’avant avec un projet d’harmonisation pour s’assurer que sur des rues comme Lajeunesse ou Henri-Bourassa, il y ait unité d’un bout à l’autre du segment de route.

« L’objectif, avait dit M. Coderre,  est d’harmoniser les limites de vitesse sur tout le territoire de la métropole ».

Jointe par journaldesvoisins.com, la conseillère sortante dans Sault-au-Récollet, Lorraine Pagé, a estimé elle aussi que l’on se dirige tout droit pour une politique du 40km/h pour les artères et 30 km/h sur les rues dites secondaires.

« S’il y a des exceptions, comme maintenant un 50km/h, ce serait dans des secteurs comme dans Pierrefonds, a-t-elle mentionné. Sur Henri-Bourassa, déjà un plan de reconfiguration est prévu (Programme Particulier d’Urbanisme secteur Henri-Bourassa Ouest, à l’ouest du boulevard Saint-Laurent) avec un terre-plein plus large et d’autres mesures d’apaisement, ce qui entrainera des modifications majeures forçant  les automobilistes à s’adapter à une nouvelle réalité », a-t-elle ajouté.

Madame Pagé estime que, déjà, elle voit des changements parmi ceux qui prennent le volant.

« Les automobilistes ont déjà commencé à s’ajuster à une vitesse plus basse. Les comportements changent et c’est tant mieux » a-t-elle dit.

« Les principes directeurs de la Stratégie Vision Zéro accident sont connus et bien définis par les autorités compétentes », nous avait  récemment mentionné Harout Chitilian, conseiller dans Bordeaux-Cartierville qui se présente à la marie de l’arrondissement contre Émilie Thuillier.

Mais Mme Thuillier n’a pas été tendre envers le maire sortant Denis Coderre.  

« Il aurait pu la faire (baisser la vitesse partout) pendant son mandat de quatre ans. Il n’a pas du tout parlé de mesures d’apaisement de la circulation. Là, il se réveille. Pourquoi il ne l’a pas fait avant? », a-t-elle déploré.

Elle ne craint pas un ressac de certains automobilistes.

« Je suis allée faire campagne en voiture (mardi) dans Cartierville. J’ai roulé à 40 km/h  sur Henri-Bourassa et j’ai eu des lumières vertes tout le long de mon trajet. Et quand il y a beaucoup de circulation, on roule pas plus qu’à 40km/h. Il faut aussi avoir une bonne synchronisation des feux de circulation. A Ville Mont-Royal ou Westmount, on le fait et ce que veulent les automobilistes, une vitesse constante sur une grande partie du trajet de l’automobiliste. Présentement, on a ici des feux synchronisés à 68km/h. Des gens roulent donc à cette vitesse pour prendre les lumières vertes »,  a-t-elle averti.

Transport collectif: un avantage sur l’auto-solo

Dans notre arrondissement, même Pierre Lachapelle de Coalition Montréal, se range en faveur du «40-30».

Joint après avoir fait du porte à porte avec le candidat du parti à la marie de Montréal, Jean Fortier, cet ex-conseiller municipal du Rassemblement des citoyens de Montréal, et maintenant candidat dans le district Ahuntsic a affirmé qu’il appuie les restrictions de vitesse. Mais il y ajoute une touche particulière.

« Il y aurait matière à s’assurer que sur les artères et les collectrices  (ce n’est pas la même chose en circulation), le transport en commun de surface, autobus ou autres modes à venir, ne soit pas soumis à ces restrictions. Pensons aux corridors réservés pour bus et taxis, car pour moi il est important que ces modes aient un avantage et un attrait face à l’auto-solo. Ce n’est pas parce que nous prenons le bus ou le taxi que notre temps de déplacement ne compte pas. Bien au contraire, le temps des usagers des transports en commun est aussi recherché que le temps de l’automobiliste assis seul dans son véhicule », a-t-il fait valoir.

Pierre Lachapelle, qui est souvent intervenu ces dernières années sur le plan local, est un farouche partisan du transport en commun. En 1986, il s’était battu pour l’implantation des corridors réservés, entre autres sur des boulevards comme Crémazie et Henri-Bourassa.

Quoi qu’il en soit, les partis en lice notent tous cette statistique officielle sur les accidents graves; les probabilités de décès d’un piéton sont à 80 % lors d’une collision à 50 km/h et baissent à 30 % lors d’une collision à 40 km/h.

Bref, peu importe le gagnant, le soir du 5 novembre, les banlieusards en transit sur notre territoire et les riverains qui  y circulent en voiture devront s’attendre à composer avec des limites de vitesse à 30 ou 40 km/h. C’est déjà le cas (ou presque) sur les rues locales des quartiers résidentiels, dans les zones scolaires et autour des terrains de jeux.

Les arrondissements devraient adopter les règlements concernant les nouvelles limites de vitesse dans le courant de l’année 2018. La signalisation sera par la suite déployée.

 

PartagezShare on FacebookTweet about this on TwitterShare on LinkedInEmail this to someone